Publicité

Aux États-Unis, la mort de la juge Ruth Bader Ginsburg enflamme les réseaux sociaux

Par
Le décès de la juge progressiste de la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg
Le décès de la juge progressiste de la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg
© Getty - Pat Greenhouse / The Boston Globe

#USA2020. La mort vendredi de la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg est un événement majeur dans la campagne présidentielle. Donald Trump entend présenter dès samedi une remplaçante, et compte sur le Sénat pour valider son choix. Sur les réseaux sociaux, "RBG" est omniprésente.

Le décès vendredi de Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste et féministe à la Cour suprême et figure politique majeure des États-Unis, laisse en suspens une question essentielle pour le pays : qui lui succédera ? Donald Trump a annoncé qu'il révélerait son choix samedi, depuis la Maison Blanche. Car cette décision essentielle revient au Président, mais doit ensuite être validée par le Sénat. A 45 jours de l’élection présidentielle, les camps s'opposent : le Sénat doit-il ou pas étudier la nomination d'un nouveau ou d'une nouvelle juge à la Cour Suprême alors qu'un nouveau Président, en l'occurrence le démocrate Joe Biden, pourrait être élu le 3 novembre ? Les démocrates militent pour attendre, et c'était également le souhait de Ruth Bader Ginsburg avant sa mort. En effet, la petite fille de Ruth Bader Ginsburg, Clara Spera, a affirmé auprès de la radio publique NPR avoir recueilli les dernières volontés de sa grand-mère : 

Mon souhait le plus cher est que je ne sois pas remplacée avant qu'un nouveau Président soit en poste, aurait-elle dit quelques jours avant sa mort.

Publicité

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Cette campagne américaine est tellement hors norme que nous donnons la parole chaque semaine à un expert qui décrypte l'actualité politique sur les réseaux sociaux : John Villasenor, directeur de l'Institut de Technologie, Loi et Politique à UCLA (Université de Californie à Los Angeles), professeur et expert à la Brookings Institution.

John Villasenor, professeur à UCLA et expert à la Brookings Institution
John Villasenor, professeur à UCLA et expert à la Brookings Institution
- John Villasenor

Le décès de Ruth Bader Ginsburg a fait l'effet d'une bombe dans le pays. Comment ont réagi les réseaux sociaux ?  

Les réseaux sociaux ont été submergés par l'information et les hashtags #RBG et #SupremeCourt ont été les tendances du week-end, avec un énorme pic samedi dès l'annonce du décès de Ruth Bader Ginsburg (surnommée RBG). C'est LE tournant de la campagne présidentielle. La mort de Ruth Bader Ginsburg va avoir un impact sur les États-Unis pour des décennies. Le déferlement a été incroyable. Et durant le week-end, on pouvait se réjouir qu'il n'y ait pas de théories du complot autour de ce décès... 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Bien entendu, il y a aussi beaucoup d'inquiétude liée à son remplacement. Au delà des hommages, c'est la société américaine toute entière qui est directement concernée par la mort de RBG parce que son poste est crucial. C'est la prérogative du Président de nommer les (9) juges de la Cour Suprême. Et Donald Trump a tout à fait le droit de nommer le remplaçant ou la remplaçante de RBG. Si Donald Trump nomme un républicain conservateur et que ce choix est ensuite validé par le Sénat, ce juge exercera potentiellement pendant des décennies. Et sur les réseaux sociaux, les opinions contradictoires sur le moment auquel il faudrait que le Président propose un.e remplaçant.e sont légion.

Est-ce que les complotistes sont restés silencieux ? 

Non. La zone "no fake news et no conspiracy theory" n'a tenu que le week-end ! Et c'est le Président lui-même qui a mis le feu aux poudres lundi lors de son interview sur Fox News, dans l'émission Fox and Friends. Il s'est interrogé sur le fait que c'était bien les dernières volontés de Ruth Bader Ginsburg qui avaient été transmises par sa petite-fille Clara Spera. Selon Donald Trump "peut-être que le texte a été écrit par les démocrates".

[Voir vidéo ci-dessous de l'interview de Donald Trump sur Fox News (propos cités à 7'22)] :

Le présentateur de Fox News Tucker Carlson a repris ces propos lundi soir dans son émission  en disant : 

N'oubliez pas que nous ne savons pas exactement quels étaient les derniers mots de Ruth Bader Ginsburg. A-t-elle vraiment quitté ce monde en s'inquiétant de l'élection présidentielle ? On n'y croit pas une seconde ! 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Quel effet a eu cette reprise par Fox News des propos de Donald Trump ?

Maintenant, nous voyons beaucoup d'activité à ce sujet sur les réseaux sociaux. De nombreuses personnes mettent en doute le compte rendu de ses dernières volontés. Et bien sûr, de l'autre côté, de nombreux internautes rejettent ces propos affirmant qu'il faut croire la petite-fille de Ruth Bader Ginsburg.   

Les attaques mettant en question le récit de la petite fille de RBG, Clara Spera, sont nombreuses. Certains affirment  que la phrase citée n'est pas du tout dans le style de Ruth Bader Ginsburg, donc "elle n'est pas d'elle". D'autres tweetent qu'il est impossible que la juge ait dit cela avant de mourir à sa petite fille car sa petite fille n'a que 8 ans. Or, en réalité Clara Spera est une avocate diplômée d'Harvard âgée d'une trentaine d'années. Et depuis hier, elle est la cible de nombreuses attaques. Le New York Times a même fait un article sur le sujet