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Aux Etats-Unis, une liaison vire à l'affaire d'Etat

Après la démission du patron de la CIA pour une relation extraconjugale, le commandant des forces américaines en Afghanistan est à son tour soupçonné d'adultère. Les parlementaires parlent de risques pour le pays suite à ses comportements.

Le patron de la CIA démissionne

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Paula Broadwell et Davis Petraeus
Paula Broadwell et Davis Petraeus
© Maxppp

C'est une histoire compliquée qui pourrait faire l'objet d'un film dont le scénario serait à rebondissements.

En septembre 2011, David Petraeus prend la tête de la CIA après avoir commandé pendant deux ans les forces militaires américaines en Afghanistan.

Rapidement après, en novembre, il entame une liaison adultère avec Paula Broadwell. Les deux sont déjà mariés et ont des enfants.

Paula Broadwell a fait la rencontre du général Petraeus en 2006. Tous les deux sont diplômés de l'académie militaire de West Point. Mme Broadwell, ancienne militaire devenue spécialiste de l'antiterrorisme, cherche alors* "un sujet d'étude"* .

David Petraeus accepte. Ils passeront beaucoup de temps ensemble. En Afghanistan mais aussi à l'occasion de moments moins professionnels : des courses à pied plus informelle, aux Etats-Unis.

A tel point qu'ils deviennent intimes et entretiennent une relation.

Paula Broadwell a récemment publié son travail, sous la forme d'une biographie : All In: The Education of General Petraeus.

La question est maintenant de savoir, si à cette occasion, le futur ex-patron de la CIA (il a démissionné suite au scandale le vendredi 9 novembre 2012) a transmis à sa maîtresse des informations détenues par la CIA sur des sujets confidentiels.

Des déclarations récentes de Paula Broadwell semblent valider la thèse de la fuite d'informations. En effet, après l'attaque meurtrière du consulat américain de Benghazi en septembre dernier, qui a couté la mort à l'ambassadeur et trois "fonctionnaires" , la spécialiste de l'antiterrorisme déclarait à l'université de Denver que l'attaque du consulat avait pour objectif de libérer des miliciens libyens détenus dans le bâtiment et interrogés par des agents de la CIA.

**D'où venaient ces informations ? C'est toute la question, comme l'explique notre correspondant à New-York, Aurélien Colly : **

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La CIA a démenti cette version, mais les suspicions sont aujourd'hui très fortes.

Jill Kelley, la femme au cœur des deux histoires

Jill kelley, entretenait une relation avec John Allen, et menacée par la maitresse de David Petraeus
Jill kelley, entretenait une relation avec John Allen, et menacée par la maitresse de David Petraeus
© Reuters

La liaison entre David Petraeus et Paula Broadwell a été découverte "par hasard" , après une succession d'événements et l'intervention de plusieurs personnes. Et notamment un personnage clé : Jill Kelley. Cette femme de 37 ans est présentée comme une amie de longue date du général Petraeus.

Il y a plusieurs mois, elle dépose plainte et demande la protection du FBI après avoir reçu des mails menaçants. L'auteure des menaces n'est autre que Paula Broadwell, la maitresse de Mr Petraeus.

Selon le New York Post, il s'agirait de mails de jalousie, dont l'un d'eux est assez explicite : "Je sais ce que tu as fait, va-t-en, éloigne-toi de mon mec".

Paula Broadwell reprocherait en fait à Jill Kelley d'avoir conseillé au général Petraeus de mettre un terme à la relation adultère qu'il entretenait.

**Les précisions d'Emmanuel Leclère dans le journal de 12h30 présenté par Mathieu Laurent, mardi 13 novembre : **

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En enquêtant sur ces mails de menaces les agents du FBI ont découvert dans les mails envoyés par Paula Broadwell, les menaces envoyés à Mme Kelley, mais également les échanges très intimes avec David Petraeus.

Après avoir fait remonter les informations à la hiérarchie, l'un des enquêteurs du FBI a fait fuiter les informations à des membres du parti républicain. L'enquêteur considérait que sa hiérarchie ralentissait la procédure. Il a d'ailleurs été écarté de l'enquête. Cet agent connaissait Jill Kelley et était "obsédé" par cette femme de 37 ans. Il lui aurait envoyé une photo de lui, torse nu. C'est là encore un des éléments atypiques de cette histoire

John Allen, patron des militaires, américains en Afghanistan
John Allen, patron des militaires, américains en Afghanistan
© Reuters - Mohammad Ismail

Mais lors de son enquête, le FBI va aussi tomber sur des milliers de mails échangés entre Jill Kelley, victime des menaces, et le général John Allen, qui est actuellement le chef des forces militaires américaines en Afghanistan. Entre 200 000 et 300 000 mails et documents échangés, sans que l'on sache s'il s'agit de documents confidentiels. Des personnes du FBI ont seulement qualifié certains de cet emails de "déplacés" .

John Allen n'a pas démissionné, mais le Département de la défense a diligenté une enquête interne, et le président Barack Obama a suspendu la nomination du général Allen qui était pressenti pour diriger l'OTAN.

**Ces affaires posent de nombreuses questions d'ordre politique, notamment sur le second mandat de Barack Obama. Voici le point de vue de Jim Hoagland éditorialiste au Washington Post. Il répond à Emmanuel Leclère : **

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