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Aux origines du végétarisme

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Le végétarisme
Le végétarisme
© Getty - Mike Harrington

Le végétarisme plonge ses racines dans l'Antiquité où Pythagore défend déjà la cause animale. C'est au siècle des Lumières que la souffrance animale est prise en considération. En 1847, la création de la Vegan Society en Angleterre marque un tournant pour le mouvement végétarien.

Le végétarisme est lié à la question de la souffrance animale. Dès le VIe siècle, cette question s’est posée en Grèce avec les disciples d’Orphée et de Pythagore qui refusent de manger de la chair et de porter de la laine. C’est véritablement en Inde au Xe siècle avec la religion du jaïnisme qu’apparaît un code moral prônant la non-violence et le respect de toute vie (l’ahimsa). Les jaïns basent leurs convictions sur un texte  : “Toutes les vies sont interdépendantes et donc se doivent un mutuel respect, une mutuelle assistance". L’hindouisme s’inscrit dans le prolongement de cette tradition. Les sages hindoues sont pour la préservation de toute vie animale. Selon eux, le fait de tuer un être vivant va à l’encontre de la dévotion. Des textes hindous, comme le poème du Mahâbhârata fixe comme principe de “s’abstenir de blesser” tout être vivant. Un lien fort existe entre le développement de l’âme et l’alimentation.

Quel crime d’engloutir des entrailles dans ses entrailles, d’engraisser avidement son corps d’un autre corps, et de vivre de la mort d’un être vivant comme nous ! Pythagore 

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Pendant l’Antiquité, le végétarisme suscite la réflexion des penseurs comme Pythagore qui prône ce mode d’alimentation. D'abord pour mener une vie ascétique, le contrôle des pulsions du corps permet à l’esprit de trouver sa voie vers la philosophie. Également par croyance en la métempsychose, l’âme est réincarnable et peut habiter un être humain tout comme un organisme végétal et animal. Enfin, par respect et compassion pour la vie animale. Le courant des stoïciens s’oppose au végétarisme. Selon eux, les animaux ne sont pas dotés de raison et sont dénués de langage, ils peuvent être utilisés pour leur viande et leur peau. C’est le propos de Cicéron qui défend la “supériorité de la nature humaine”. Plutarque prend une position plus mesurée face aux stoïciens : “Mangeons la chair des bêtes par besoin et non par sensualité”.

Une compassion sans bornes qui nous unit avec tous les êtres vivants, voilà le plus solide, le plus sûr garant de la moralité. Arthur Schopenhauer (1840)

Les religions monothéistes font allusion à la souffrance animale dans les textes sacrés. L'éthique animale a néanmoins une place différente selon les confessions. Dans la Bible hébraïque, les créatures vivantes sont à la fois respectées et sacrifiées. Le principe du tsaar baalei hayim régit le rite d'abattage des bêtes. Des interdits sont fixés comme le fait de tuer ou de castrer un animal, tout manquement à cela entraîne la colère divine. Pour le christianisme, l'empathie envers les animaux est liée au message du Christ.  Le fait de tuer des animaux n'est pas considéré comme un interdit. Dans les textes de la Bible la souffrance animale n'est pas évoquée. Avec l'Islam, les animaux et les êtres humains sont mis sur un même pied d'égalité. La consommation d'animaux n'est pas un interdit et le rituel de l'abattage est réalisé pour "la survie de l'espèce humaine".

Végétarisme, végétalisme, véganisme... quelles différences ? 

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Une rencontre enregistrée en décembre 2019.

Ophélie Véron, géographe et chercheuse en sciences sociales à l'université de Sheffield.