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Avignon 2011. "Jan Karski (Mon nom est une fiction)" d’Arthur Nauzyciel

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"Jan Karski (Mon nom est une fiction)".
"Jan Karski (Mon nom est une fiction)".

"Jan Karski (Mon nom est une fiction)". © Frédéric Nauczyciel - Centre Dramatique National Orléans Loiret Centre

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Résistant catholique et polonais, Jan Karski est témoin de l’extermination des juifs du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n’aura de cesse d’avertir et d’alerter ceux qui ont le pouvoir d’agir. Mais même son entrevue avec Roosevelt en 1943 reste sans suite. Il publie en 1944, Mon témoignage devant le monde , qui passera complètement inaperçu. Le grand public le découvre enfin, en 1985, quand Claude Lanzmann lui donne la parole dans son film Shoah .
Yannick Haenel s’empare de cette histoire et publie, en 2009, Jan Karski , salué des Prix interallié et Prix du roman Fnac. L’œuvre mêle les documents historiques et la fibre romanesque pour interroger l’histoire et ses rapports à la fiction. A son tour, très impressionné par le roman, Arthur Nauzyciel veut transposer sur scène ce récit en trois temps : retranscription de la parole filmée, autobiographie de Jan Karski et enfin imaginaire du romancier qui donne la parole à ce témoin particulier.

> Pourquoi Arthur Nauzyciel s’est intéressé à ce texte de Yannick Haenel.


> La question de la mémoire, du témoin et de la transmission.

Laurent Poitrenaux, seul en scène.
Laurent Poitrenaux, seul en scène.

Laurent Poitrenaux, en Jan Karski de fiction. © Frédéric Nauczyciel - Centre Dramatique National Orléans Loiret Centre

Deux fauteuils se font face, une caméra sur pied plante le décor, c'est la première partie. Seul en scène, Arthur Nauzyciel raconte le témoignage de Jan Karski devant l'œil attentif de Claude Lanzmann pour son film Soah .

Dans le deuxième chapitre du spectacle, un film défile sur l'écran géant du plateau. C'est un survol du plan du ghetto de Varsovie. C'est également le récit de Jan Karski, celui qu'il en a fait à travers son livre, Mon témoignage devant le monde, histoire d'un Etat secret .

Enfin, dans le dernier volet, le comédien Laurent Poitrenaux endosse le rôle de fiction de Jan Karski, celui composé par Yannick Haenel.

*> Pour Arthur Nauzyciel, le roman de Yannick Haenel tente de raconter * l'indicible .


> Le metteur en scène revient sur la réelle mission de Jan Karski et son engagement plus personnel de témoin vivant.


Sur le plateau, le metteur en scène a réuni une équipe aussi diverse qu’internationale avec un plasticien polonais, un scénographe latino-américain, un éclairagiste américain, un musicien autrichien et le comédien français Laurent Poitrenaux.

> Un rôle particulier pour l'acteur qui tient un monologue de plus d'une heure et demi. Il n'est pas question d'incarner Jan Karski mais la figure de fiction qu'en a fait l'auteur Yannick Haenel.

Alexandra Gilbert, danseuse d'origine franco-vietnamienne.
Alexandra Gilbert, danseuse d'origine franco-vietnamienne.

A la fin du spectacle, une danseuse vient composer une partition silencieuse mais très physique sur le démantèlement du corps.

Le metteur en scène a quitté le devant de la scène depuis plus de dix ans. Avec Jan Karski (Mon nom est une fiction) , il revient à nouveau au rôle de comédien, une manière de s’impliquer lui-même de manière très concrète dans le passage du témoin.

Alexandra Gilbert, danseuse d'origine franco-vietnamienne. © Frédéric Nauczyciel - Centre Dramatique National Orléans Loiret Centre

Ecoutez la critique théatre de Joëlle Gayot, "Mademoiselle Julie" par Frédéric Fisbach .

En 2006, Arthur Nauzyciel présentait déjà à Avignon, une pièce en américain de Bernard-Marie Koltès, Black Battles with dogs (Combat de nègre et de chiens ). En 2008, il proposait également Ordet (la parole) , une pièce de de Kaj Munk, traduite avec Marie Darrieussecq.

Jan Karski (Mon nom est une fiction) , du 6 au 9, du 11 au 13 et du 15 au 16 juillet, à 18h, le 14 à 15h à l’Opéra-Théâtre au festival d’Avignon.

A écouter : l’émission Radio Libre du 9 juillet 2011 de 15h30 à 17h, en direct du festival qui reçoit le chorégraphe Boris Charmatz, les metteur en scène et auteur Arthur Nauzyciel et Yannick Haenel et le metteur en scène Patrick Pineau.