Avortement, violences policières, économie... : les programmes des candidats à la présidentielle américaine

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Avortement, violences policières, économie... : les programmes des candidats à la présidentielle américaine

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USA 2020 : la démocrate Kamala Harris et le républicain Mike Pence ont abordé les dossiers de fond lors du débat télévisé
USA 2020 : la démocrate Kamala Harris et le républicain Mike Pence ont abordé les dossiers de fond lors du débat télévisé
© AFP - Eric BARADAT, Morry GASH / POOL

Les thèmes de campagne et les programmes des démocrates et des républicains ont été détaillés lors du débat télévisé ferme et courtois entre les deux candidats à la vice-présidence, dans la nuit de mercredi à jeudi. Le prochain débat Trump-Biden du 15 octobre vient lui d'être annulé.

Lors de leur débat télévisé cette semaine, la démocrate Kamala Harris et le républicain Mike Pence se sont affrontés sur des questions de fond et sur leurs programmes respectifs, sauvant la face après la cacophonie du débat Biden/Trump de la semaine précédente. Après le refus de Donald Trump d'un prochain débat virtuel, en raison de sa maladie, le deuxième rendez-vous face à Joe Biden vient d'ailleurs d'être annulé par la commission indépendante qui en était chargé. Elle dit désormais "concentrer son attention sur les préparatifs pour le dernier débat présidentiel prévu le 22 octobre", à Nashville, dans le Tennessee.

Quelque 50,5 millions de téléspectateurs ont en tout cas suivi les échanges entre le colistier de Donald Trump et la colistière de Joe Biden, retransmis sur sept chaînes nationales et câblées.

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Le programme des républicains est basé sur la relance de l'économie, celui des démocrates place en tête de ses priorités la santé, l'environnement et les violences policières envers les noirs.

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La gestion de l'épidémie 

Le débat s'est bien entendu ouvert sur la gestion du Covid-19. Selon Kamala Harris, l'administration a "grandement échoué" en la matière, rappelant les 210 000 morts à ce jour dans le pays, les fermetures d'entreprises et rappelant que Donald Trump connaissait dès janvier la dangerosité du virus. 

210 000 morts, c'est le plus gros échec des États-Unis ! a dit la candidate.

Mike Pence de son côté a reproché au duo Biden/Harris de "saper la confiance des Américains dans un futur vaccin", affirmant qu'un vaccin allait être disponible "avant la fin de l'année". 

On aurait pu perdre 2,2 millions d'Américains sans les actions de Donald Trump, a-t-il dit. 

Concernant l'obligation du port du masque, il a affirmé qu'"avec Donald Trump, nous sommes pour la liberté des Américains". 

La relance économique  

Mike Pence accuse le couple démocrate de vouloir augmenter les impôts "malgré la période que l'on vit actuellement". Kamala Harris a elle admis vouloir augmenter les impôts, mais seulement pour "ceux gagnant plus de 400 000 dollars par an". 

Le Journal de l'éco
5 min

Les violences policières 

Comme le rappelle le New York Times, la présence même de Kamala Harris sur le plateau, première femme noire candidate à la vice-présidence, a une valeur historique, ce que Mike Pence a lui même reconnu. Mais il a tenté de casser cette image d'une Kamala Harris pouvant attirer les électeurs noirs. Il ne s'est pas privé de rappeler qu'elle avait poursuivi plus d'Afro-Américains que de blancs lorsqu'elle était procureure de Californie. 

Je ne vais pas rester là à me faire donner la leçon par le vice-président qui veut m'expliquer comment appliquer les lois de notre pays.

Puis les violences policières, depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, jusqu'à Breonna Taylor à Louisville, en passant par le tabassage de Jacob Blake à Kenosha ont été largement évoquées.  

Sans dénoncer ou évoquer le terme de "violences policières", Mike Pence a affirmé :

Ce qui est arrivé à George Floyd est inexcusable. Et la justice décidera. Mais les émeutes et les pillages sont également inexcusables. 

Pour lui, ce serait une "énorme insulte” de dire que les Etats-Unis sont racistes de manière systémique, ou que les forces de l'ordre ont forcément des préjugés. 

Au sujet de la mort de Breonna Taylor, tuée chez elle à Louisville par la police, Mike Pence dit qu'il "avait confiance en la justice et en la décision du grand jury" qui n'a pas souhaité engager de poursuites envers les officiers de police.

Kamala Harris n'a pas oublié de rappeler les différents propos de Donald Trump :

La semaine dernière, le Président était sur un plateau (ndlr : lors du débat face à Joe Biden) devant 70 millions d'Américains et a refusé de condamner les suprémacistes blancs. C'est un peu une habitude pour Donald Trump ! rappelant ses propos contre les Mexicains décrits comme violeurs. 

Elle a également rappelé le "muslim ban" et les propos de Joe Biden après les émeutes suprémacistes de Charlottesville selon lesquels :

"Il y a des gens très bien des deux côtés". 

Le droit à l'avortement 

Chacun a exposé des positions diamétralement opposées. Mike Pence a rappelé son opposition à l'IVG, évoquant sa foi. Kamala Harris a insisté sur le fait qu'elle et Joe Biden étaient croyants également. Mais que "les femmes doivent disposer de leur corps".

La santé

Le duo Biden/Harris veut étendre la couverture médicale universelle, déjà en place pour une partie des Américains sous le nom d'Obamacare. Pour Mike Pence en revanche, Obamacare a été un "désastre". Donald Trump n'a eu de cesse de combattre Obamacare par tous les moyens juridiques depuis qu'il a été élu en 2016. 

L'environnement

Mike Pence s'est dit "très fier du bilan environnemental de Donald Trump". Selon lui, revenir dans l'Accord de Paris supprimerait une grande part de l'industrie américaine. 

Ces dernières années, l'environnement est devenu l'un des principaux sujets de préoccupations du parti démocrate. Le sujet était en tête de liste des priorités des primaires démocrates, juste après la couverture maladie. 

De nombreux républicains reconnaissent aujourd'hui l'importance du changement climatique. La stratégie qui consistait à émettre des doutes sur la véracité de la science ne marche plus. Malgré tout, ils refusent de soutenir des mesures envers le climat, surtout en raison du poids économique de l'industrie des énergies fossiles et des lobbies à Washington. 

La nouvelle stratégie des Républicains est donc plutôt de démonter les arguments des démocrates en leur reprochant de coûter beaucoup trop cher.... C'est ce qu'a fait Mike Pence mercredi soir lors du débat. 

Ils veulent enterrer notre économie avec un Green New Deal, a dit Mike Pence.

Il a reproché au programme environnemental de Joe Biden de coûter deux milliards de dollars et l'a accusé de vouloir supprimer la fracturation hydraulique (pour extraire des gaz de schiste), affirmation démentie par Kamala Harris.

La fracturation hydraulique

En effet, il a été beaucoup question de la fracturation hydraulique pour extraire les gaz de schiste lors de ce débat. Mike Pence a affirmé que les démocrates souhaitaient arrêter d'extraire ces gaz, alors que Donald Trump compte bien continuer au nom de la sauvegarde de l'emploi et de l'indépendance énergétique du pays. 

Ils veulent abolir les énergies fossiles, et interdire la fracturation hydraulique, ce qui va coûter des centaines de milliers d'emplois américains.

Or, Biden n'a jamais envisagé d'interdire la fracturation. Il ne compte pas non plus supprimer les énergies fossiles. Mais il est vrai que sur la fracturation, il a souvent été flou. Et Mike Pence s'est engouffré dans la brèche mercredi soir. 

Kamala Harris est venue clarifier le sujet et a clairement démenti le fait que Joe Biden veuille abandonner la fracturation hydraulique. 

Le duo Biden/Harris sait très bien que dans les Etats vivant notamment des énergies fossiles, comme la Pennsylvanie rurale, il n'est pas question d'accepter un arrêt de la fracturation. 

Selon un membre de l'équipe de campagne du ticket démocrate, la fracturation hydraulique devient de moins en moins tabou. Selon lui, Joe Biden a commencé à discuter du sujet avec les syndicats. 

Voilà pourquoi l'équipe Trump essaie de réduire le sujet de l'environnement à la seule question de la fracturation.

La Cour Suprême

Kamala Harris s'est retrouvée quelque peu affaiblie lorsqu'elle a du répondre à la question de Mike Pence : si la juge Amy Coney Barrett est bel et bien nommée à la Cour Suprême, allez vous essayer d'augmenter le nombre de juges (ndlr : qui est actuellement de neuf) ? 

Kamala Harris a esquivé la question, à deux reprises.

Mike Pence l'a alors accusée : 

Vous ne répondez pas, Joe Biden n'a pas répondu. La vérité c'est qu'ils vont surcharger la Cour Suprême s'ils gagnent cette élection.

La juge conservatrice Amy Coney Barrett choisie par Donald Trump pour remplacer Ruth Bader Ginsburg doit être entendue par le Sénat à partir de lundi prochain.