Banlieues : un concentré de pauvreté

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Banlieues : un concentré de pauvreté

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**** | ** Quand les banlieues se prennent en main ** |

Alors que l'exécutif affime vouloir faire du développement économique l'un des piliers de la politique de la ville, le point sur les difficultés de nos banlieues en cinq graphiques.
Lors d'une visite à La Courneuve le 20 octobre dernier, François Hollande a annoncé la création dès 2016 d'une Agence nationale pour le développement économique,** l'Agence France Entrepreneur** , censée multiplier par quatre le nombre d’entreprises créées dans les quartiers. Un crédit formation de 400 heures sera dédié aux jeunes sortis du système scolaire. Les questions économiques sont aussi au coeur des prochains contrats de ville qui doivent être signés avant fin 2015. Il faut dire que les « zones urbaines sensibles », les ZUS – devenues « quartiers prioritaires de la politique de la ville » – concentrent le chômage et la pauvreté. Chaque année, le rapport annuel de l' Observatoire national des ZUS (Onzus) combien les habitants y sont plus durement touchés par les difficultés économiques que le reste de la France.

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1) Deux fois plus de chômage
Dans les anciennes ZUS, plus d'un actif sur cinq est au chômage - contre un sur dix pour l'ensemble du territoire. Les dispositifs d’accès à l’emploi ne suffisent pas à enrayer en particulier le chômage des jeunes. Comme dans l’ensemble du pays, c’est la catégorie la plus touchée. Mais dans ces quartiers, les 15-24 ans sont très massivement écartés du marché du travail : leur taux de chômage dépasse les 42%.

2) Des habitants moins diplômés
Dans ces territoires, l'accès aux études supérieures est plus difficile. Deux fois moins de personnes ont un niveau d'études supérieur au Bac que dans l'ensemble du pays. A l'inverse, ils sont deux fois plus à avoir un niveau inférieur au BEP-CAP.

3) Et des diplômes qui protègent moins contre le chômage
Comme dans l'ensemble du pays, plus l'on est diplômé, moins on est au chômage. Mais dans ces territoires, le diplôme protège quand même largement moins que dans le reste du territoire. A diplôme égal, la proportion de jeunes au chômage est deux fois plus importante que dans l'ensemble du pays.

4) La moitié des mineurs sous le seuil de pauvreté
Conséquence, ces territoires concentrent la pauvreté. Le taux de pauvreté - qui s'élève à 60% du revenu médian (soit 997 euros pour une personne seule en 2013 - y est trois fois plus important. Et cela touche tout particulièrement les jeunes. Plus de la moitié des mineurs sont sous le seuil de pauvreté.

5) L'importance des prestations sociales
Conséquence, c'est aussi dans ces zones que l'on trouve le plus de bénéficiaires de dispositifs sous conditions de ressources - c'est-à-dire d'allocataires de minima sociaux et de prestations sociales. Un tiers des allocataires de la CAF touchent le Revenu de solidarité active (RSA). Trois fois plus de personnes bénéficient de la couverture maladie universelle complémentaire, CMU-C.