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Beethoven, surhomme nietzschéen

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Statue de Ludwig van Beethoven (photographiée avec l'autorisation d'Alfred Publishing Co)
Statue de Ludwig van Beethoven (photographiée avec l'autorisation d'Alfred Publishing Co)
© Getty - Merrymoonmary

1970. Perçu tantôt comme un génie, un prophète, un Grand Homme : l’exposition qui s’ouvre aujourd’hui à la Philharmonie de Paris interroge le mythe Beethoven et la postérité foisonnante de son oeuvre. A cette occasion, mise en perspective radiophonique à travers une série d'archives de 1970.

Qui n’a pas en mémoire la Lettre à Elise, le Sonate au Clair de Lune ou encore l’Ode à la joie qui a donné ses notes à l’hymne européen ? L’exposition Ludwig Van qui ouvre ses portes en ce vendredi 14 octobre à la Philharmonie de Paris explore le mythe d’un compositeur qui a marqué l’imaginaire collectif et n’a cessé d’inspirer nombreux artistes, des musiciens aux cinéastes en passant par les écrivains.

En 1970, les célébrations du bicentenaire de la naissance de Beethoven se multiplient. Et donnent lieu à de multiples analyses.

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Dans cette conférence, l’académicien Jean Mistler parle de "mythe Beethoven", en prenant appui sur un texte de Wagner publié en 1870 et sur des références antiques :

« L’antiquité (…) faisait ce qu’on appelait des portraits héroïsés des personnages historiques, c’est-à-dire qu’on représentait un empereur sous les traits d’un demi-Dieu ou d’un Dieu. C’est un peu ce travail qu’on a fait pour Beethoven. Et on est arrivé peu à peu à cette conception d’une musique qu’il faut écouter en se prenant la tête entre les deux mains. »

Beethoven, par Jean Mistler (Les grandes conférences, 27.12.1970)

29 min

Durée : 29'40 • Archive INA - Radio France

Jean Mistler explore les diverses facettes du compositeur, des interprétations fantaisistes de la postérité, à la solitude d’un homme souvent décrit comme isolé de son vivant, en partie à cause de la surdité qui le frappa dès 1802. De ce récit, nourri de tableaux racontés par ses contemporains ou d’autres issus de ce qu’il appelait ses cahiers de communication (pour maintenir le lien malgré l’oreille défaillante), c’est aussi la vie viennoise de l’époque beethovénienne qui transparaît.

En filigrane de cette conférence, Jean Mistler donne à entendre le portrait d’un Beethoven plus intime, à travers le récit d’anecdotes, parfois cocasses. Il raconte par exemple comment il fut arrêté dans la campagne : alors qu’il écrivait quelques notes dans son carnet, la police le soupçonna d’espionnage et de faire des croquis des fortifications de Vienne.

En guise de conclusion, Jean Mistler évoque la dimension mythique du compositeur :

« Ce n’est pas un titan, mais c’est un homme qui a lutté, et qui n’ayant presque reçu, sauf une étincelle de génie, et de génie difficilement communicable, réussit à devenir un homme exemplaire, et un des premiers types de ce que Nietzsche appellera le surhomme. »

La modernité beethovénienne

Dans un cycle d’émissions appelé "Beethoven année 200" diffusé en 1970 sur France Culture, les musicologues Brigitte et Jean Massin ont décrypté, aux côtés d’éminents compositeurs, les ressorts de la nouveauté beethovénienne. Où se situe Beethoven par rapport à Berlioz, Bach ou encore Mozart ? Dans une perspective historique et musicologique, ils analysent la modernité de l'écriture et des formes dans l'ensemble de son oeuvre.

Retrouvez ces émissions dans les Nuits de France Culture, en cliquant sur les différents thèmes abordés dans les émissions :

Pour aller plus loin :

Sur le site de France Culture : Beethoven, autrement ? (Continent musiques, 15.10.2016)