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Bien utilisés et régulés, les écrans peuvent être bénéfiques pour les enfants

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Ordinateurs, téléphones, tablettes ou consoles de jeux... les écrans se sont multipliés avec le développement du numérique. Et l’évolution est permanente. Ces nouveaux outils peuvent être tout à fait bénéfiques pour les enfants, à condition d’apprendre à les utiliser, selon les préconisations de l’Académie des sciences qui sort mardi 29 janvier en librairie.

L’avis, plutôt positif, de l’Académie des sciences sur les effets des écrans sur les enfants insiste sur la nécessité d’un usage adapté à chaque tranche d’âge et encadré par les parents et les enseignants. Loin de stigmatiser les écrans, les experts de l’Académie ont choisi d’en analyser aussi les effets bénéfiques. « On voit trop souvent les aspects négatifs, les inquiétudes que les écrans suscitent, mais il existe aussi beaucoup d'aspects positifs », a précisé Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie.

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L’écran, un mode de pensée plus fluide et plus rapide

Olivier Houdé
Olivier Houdé

Avant deux ans , tous les écrans non interactifs n’ont aucun effet positif. Mais les tablettes visuelles et tactiles correspondent au développement sensori-moteur de l’enfant.

De 2 à 6 ans , l’enfant expérimente le « faire semblant », c’est donc l’âge pour l’éduquer à l’alternance entre le virtuel et le réel.

Entre 6 et 12 ans , les logiciels éducatifs peuvent permettre d’améliorer des compétences de calcul ou de lecture. Mais c’est aussi la période pour apprendre l’autorégulation face aux écrans.

Et si les écrans sont de plus en plus adaptés à une approche intuitive, l’autorégulation se révèle d’autant plus nécessaire, selon Olivier Houdé , professeur de psychologie cognitive à l’université Paris-Descartes et coauteur du rapport :

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Pour les adolescents , l’outil numérique favorise une pensée plus rapide, fluide et multitâche. Elle permet d’explorer plusieurs possibilités et de faire des expériences. Mais le développement d'une pensée trop rapide et superficielle peut appauvrir les capacités d’analyse et de distanciation qui correspondent à une forme de pensée plus traditionnelle, plus linéaire et véhiculée par la littérature. Pour Olivier Houdé , il faut apprendre à combiner ces deux formes d’intelligence :

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Serge Tisseron
Serge Tisseron

Les effets positifs des écrans et jeux vidéo
La culture numérique se caractérise d’abord par l’interactivité et le fait de pouvoir interagir avec une base de données ou un logiciel ou d’autres usagers. Et cette interactivité de l’outil numérique est à la fois un danger mais aussi une formidable opportunité comme le précise Serge Tisseron , coauteur du texte, psychiatre pour les enfants et adolescents et directeur de recherches à Paris-Ouest :

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Un autre aspect positif des outils numériques, c’est de permettre une découverte à son propre rythme suivant son propre parcours, c’est la motivation intrinsèque comme l’explique Serge Tisseron :

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Stanislas Dehaene
Stanislas Dehaene

La construction d’ordinateurs et la programmation pourraient être enseignées à l’école selon le neuroscientifique et psychologue cognitif Stanislas Dehaene , également membre de l’Académie des sciences. L’enfant apprendrait ainsi à devenir un producteur et non pas seulement un consommateur de nouvelles technologies, « pour comprendre finement le monde du numérique, il faut que l’enfant développe des représentations mentales de ce que fait l’ordinateur ».

Et si les jeux vidéo sont souvent évoqués de manière assez négative, des recherches en sciences cognitives ont montré que « les adolescents qui jouent aux jeux vidéo peuvent développer des compétences exceptionnelles » précise Stanislas Dehaene :

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Devant le fort développement des nouvelles technologies, l’objectif est donc d’apprendre à s’en servir pour en optimiser au mieux leurs capacités. L’avis de l’Académie est d’ailleurs accompagné d’un module pédagogique destiné aux enseignants du primaire pour apprendre aux élèves à faire un usage raisonné des écrans. Il a été réalisé par la fondation La main à la pâte, créée par l'Académie des sciences pour l'éducation à la science.

Bruno Schmutz
Bruno Schmutz

Filles et garçons, mêmes pratiques sur Internet
Les nouvelles technologies semblent rassembler les intérêts des jeunes, qu’ils soient filles ou garçons. Les plus fortes évolutions des dernières années concernent d’une part l’explosion des réseaux sociaux et la très forte participation des jeunes et d’autre part le développement du mobile et l’équipement en smart phones. Une étude d’Ipsos rendue publique jeudi dernier révèle qu’en terme d’usage et d’équipement le facteur de l’âge est beaucoup caractéristique que celui du genre. Les explications de Bruno Schmutz , directeur général d’Ipsos :

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Bilan sur les effets des écrans ? Les avis restent très partagés. Ce mois-ci dans Psychologies magazine, cinquante experts de la santé psychique lancent un appel à la prise de conscience des risques liés à l’abus d’écrans. Un sondage IFOP vient compléter cette déclaration avec 69% des Français qui se disent préoccupés par la place prise par les écrans dans la vie de leurs enfants. La distanciation et l'autorégulation semblent bien s'imposer comme des conditions nécessaires pour un bon usage des écrans.

A écouter > Samedi 2 février, l'émission Rue des écoles revient sur cet avis de l'Académie des sciences.> Vendredi 8 février, dans la première partie de la Grande table , Du bon usage des écrans pour les enfants.
Rapport annuel 2012 consacré aux droits de l’enfant

Synthèse du rapport « Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique » par le Défenseur des droits (document pdf).