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Bilan des prix littéraires, leurs favoris et leurs scandales dans le box office de la culture

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Christine Angot, cette année récompensée du prix Médicis pour "Le Voyage dans l'Est", ici en 2018 à la première du film "Un Amour Impossible", adapté de son livre éponyme succès critique et public.
Christine Angot, cette année récompensée du prix Médicis pour "Le Voyage dans l'Est", ici en 2018 à la première du film "Un Amour Impossible", adapté de son livre éponyme succès critique et public.
© Getty - Dominique Charriau

Cette semaine au programme du box office : point sur le prix Renaudot, pressentis aux prix Goncourt et affaire Camille Laurens, sorties en salle de "Venom" et "The French Dispatch", la nouvelle série de France Télévisions "Germinal", la saison 2 de "This Way Up", et deux nouveaux titres d'ABBA !

Bienvenue dans le Box Office, le rendez-vous hebdomadaire de l’émission Soft Power. On y épluche chaque semaine les tendances de la culture et les plus gros succès du moment. En partenariat avec l’institut d’études GfK pour les livres et les jeux vidéos et CBO Box Office pour le cinéma.

Prix Médicis pour Christine Angot, prix Fémina pour Clara Dupont-Monod, scandale pour Camille Laurens

Les libraires et les éditeurs en compétition sont en attente de l’attribution ce mercredi du Prix Goncourt et dans une moindre mesure du prix Renaudot. Le prix Medicis a, pour sa part, déjà été attribué ce mardi : Christine Angot a été récompensée pour "Le voyage dans l'Est" (Flammarion). Et le prix Femina est allé à Clara Dupont-Monod pour « S’adapter » (Stock).

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À ce stade, peu d’écrivains primés - c’est encore trop tôt pour voir l’effet des prix sur les ventes - ou finalistes ne sont encore dans les 25 meilleures ventes « Fiction » de notre partenaire GFK. Nominé pour le Goncourt, Anne Berrest figure à la 17ème place ; nominé pour le Renaudot, Amélie Nothomb est à la 23ème mais elle fut numéro 1 des ventes au début de l’automne.  

On attend donc les prix. 

Rien ne sera simple ce mercredi pour les jurys du Goncourt et du Renaudot après une auteure Camille Laurens, membre du jury Goncourt, qui a non seulement voté pour son petit amoureux François Noudelmann. Mais en plus, elle a assassiné l’une de ses principales rivales, Anne Berest dans sa chronique du Monde des Livres. Comment de tels conflits d’intérêt évidents sont-ils possibles en France ? Camille Laurens pensait-elle sans doute que cela passerait inaperçu, mais la  presse a tout ébruité : les membres du jury Goncourt, écrivains souvent modiques et "copinards", Didier Decoin ou Eric-Emmanuel Schmitt par exemple, qui avaient fermé les yeux  ont finalement été obligés de sévir. L’amant François Noudelmann a été éjecté de la sélection et les jours de la chronique de Camille Laurens dans Le Monde des livres sont également comptés. La démission de Camille Laurens du jury Goncourt serait peut-être un geste appréciable également ! Du moins si l’écrivaine, prise la main dans le sac, avait de l’honneur et de la déontologie après ce qu’il faut bien appeler le « scandale Camille Laurens » ! 

Dans une très bonne enquête de l’OBS ce week-end, Didier Jacob compare d’ailleurs le copinage-clanique-renvoi d’ascenseurs du Goncourt au Booker Prize anglais ou au prix Pulitzer américain. La solution pour le Goncourt serait un jury tournant qui changerait chaque année, des règles strictes contre la triche et les liens de subordination. Chaque membre du jury devrait également déclarer ses relations d’amitié éventuelles avec les finalistes pour éviter les conflits d’intérêt et être interdit de vote pour les livres de son propre éditeur. Ce sont des règles minimales qui auraient dû être mises en place depuis plusieurs décennies ! 

Vous allez me dire, tout commence par une erreur de départ : les Goncourt étaient eux-mêmes de très mauvais écrivains, mondains, méchants, misogynes et homophobes avec ça. Plus d’un siècle après, on en est toujours là.

Eric Zemmour toujours en tête des meilleures ventes essai et documents

En Non Fiction, heureusement, aucune misogynie, ni homophobie, ni méchanceté comme chez les frères Goncourt : Eric Zemmour reste en tête des meilleures ventes de la semaine selon GFK avec La France n’a pas dit son dernier mot (autoédité chez Rubempré mais multi-diffusé par le groupe Bolloré). Il coiffe au poteau Le Traitre et le Néant de Davet et Lhomme (chez Fayard). Dans les deux cas, très à droite ou très anarchiste de gauche, ces livres sont médiocres et nous ont déçus. 

"Venom" : Let There Be Success

Beau succès pour le nouveau Sony Picture, Venom: Let The Be Carnage avec près de 700.000 entrées en première semaine France, selon notre partenaire CBO Box Office. Quant au très attendu The French Dispatch, de Wes Anderson pour Disney, il a fait un bon démarrage mercredi avec 43.000 entrées France. Au générique, les acteurs les plus célèbres se succèdent : Bill Murray, Timothée Chalamet, Léa Seydoux, Mathieu Almaric. Le casting est franco-américain, comme le film, réalisé par Wes Anderson. Et pourtant, ça ne fonctionne pas. Est-ce l’excentricité des personnages, le côté bourratif du film, le mélange des genres, des narrations, des couleurs, des formats – bref, le film est loupé, terriblement ennuyeux et décevant. On attend de connaitre l’avis du public français avec le box office de la semaine prochaine. 

"Germinal" :  la littérature continue de passionner l'audiovisuel

Séries télé (maintenant), séries françaises cette semaine, avec le beau succès de Germinal, inspirée (bien sur) du roman de Zola, qui est arrivée en tête des audiences avec ses deux premiers épisodes diffusés mercredi sur France 2 : quasiment 20 % de part d’audience et 4,4 millions de téléspectateurs. Beau score donc pour l’histoire d’une grève prenant place dans une mine de charbon au nord de la France malgré  (ou à cause) des anachronismes et des wokismes, comme un tavernier noir, critiqués par les uns et aimés par les autres. Et surtout, misère de misère, l’accent « chti » qui a disparu ! Il devait faire trop franchouillard ! En tout cas, un succès qui prouve qu'après les sorties sur grand écran des oeuvres de Balzac Eugénie Grandet et Illusions Perdues, les adaptations de classiques de la littérature attirent bel et bien le public devant les écrans. 

A noter aussi la sortie de la seconde saison de This Way Up, disponible depuis lundi dernier sur MyCanal. Ce format court (6 × 23 minutes) est toujours porté par la star irlandaise du stand-up Aisling Bea. Saison 2 réjouissante puisqu’on sort de la dépression dans laquelle était plongée le personnage principal mais nous n'en dirons pas plus… C’est sur Canal+ et MyCanal !

Jeux vidéo : FIFA 2022 toujours au sommet des ventes et report de la sortie de Battlefield 2042

Côté jeux vidéo, FIFA 2022 domine toujours les ventes, sur PS4 et Switch avec sa technologie hypermotion qui rend les actions hyper-réalistes. 

On note également le report de la sortie du jeu BATTLEFIELD 2042 annoncé par Electronic Arts au 19 novembre 2021. Suspense donc…

Un retour tout en technologie pour ABBA

C’est Adèle qui est en tête des écoutes ce dimanche avec Easy On Me, son nouveau titre, sorti le 15 octobre, qui annonce un quatrième album pour la fin de l’année. 

La vidéo, réalisée par le cinéaste Xavier Dolan, a été vu également 128 millions de fois sur YouTube. 

Le nouvel album d’Ed Sheeran, que l’on a déjà écoute écouté, est également parmi les meilleures écoutes sur Spotify Monde sans oublier une reprise d’Elton John remixée par Dua Lupa et le groupe électro australien Pnau. Coldplay, Lil Nas X et The Weekend avec Swedish House Mafia sont également dans le Top 50 Monde Spotify. 

Et puis, et puis, on attend évidemment le nouvel album d’ABBA, Voyage qui sortira vendredi chez Capitol Music Group. C’est un évènement, car il y a quarante ans que le groupe s’est séparé. Les deux couples mythiques suédois ont, par ailleurs, divorcé. "On a fait un break au printemps 1982… et aujourd’hui, on a décidé de recommencer”, ont expliqué les ABBA dans un communiqué. Quarante ans après… il faut bien préparer sa retraite. 

Leur retour ne passera dans tous les cas pas inaperçu : un album donc, déjà plusieurs singles et trois mois de concerts new age (et surtout new technologies) sont prévus à Londres au printemps 2022 : et devinez quoi, les ABBA seront présents en avatars numériques ! 

Equipés de 150 capteurs, les membres d’ABBA ont accepté de raser leur barbe et ont répété au casque et en combinaison étanche, pour leur modélisation en 3D, peut-on lire dans les nombreux articles publiés ce week-end dans le New York Times, le Financial Times ou le JDD. 

Benny Andersson, 74 ans, et Björn Ulvaeus, 76, les deux ex-barbus de la bande, sont donc re-rentrés en studio : vous me direz, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. 

Sur le même sujet de la reformation d’un groupe, George Harrison, avait dit que les Beatles ne se reformeraient pas tant que "John Lennon serait mort". C’est peut-être plus sage ; à vous de juger, avec par exemple Don’t Shut Me Down, l’un des nouveaux singles d’Abba, dans l’album qui sortira ce vendredi : Voyage

Ce box office est issu de l'émission " L'Europe, les GAFAM et la France avec Clément Beaune, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes" du 31 octobre 2021.

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