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Boules de geisha et bête à poils

Par
"Mademoiselle" de Park Chan-Wook
"Mademoiselle" de Park Chan-Wook
- © CJ Entertainment

LES PROJECTIONS. Après la déception d’hier, la compétition reprend de la tenue, avec deux films qui présentent des personnages complexes, et font de leurs interprètes de sérieuses prétendantes à un prix à Cannes.

Chronique Antoine Guillot Festival de Cannes 2016

1 min

Park Chan-Wook, l'auteur baroque de "Old Boy" et "Lady Vengeance", signe avec "Mademoiselle" un complexe thriller situé dans la Corée des années 30, pendant la colonisation japonaise. Le film pourrait s'appeler "Histoire de l'œil", tant, selon le point de vue que va développer chacune de ses trois parties, l'intrigue prend un sens complètement différent. Aussi parce qu'il y est question de littérature érotique, notamment sadienne, et que le film, à la mise en scène virtuose, recèle des scènes de saphisme qui, après le film d'Alain Guiraudie, "Rester vertical", font de ce 69e festival de Cannes une édition résolument sexuelle.

Aurait-on vu la Palme d’or ?

"Toni Erdmann" de Maren Ade
"Toni Erdmann" de Maren Ade
- © Komplizen Film

Moins de sexe dans le second film de la compétition, "Toni Erdmann", signé de l'Allemande Maren Ade (même si la scène dite des "petits fours" restera dans les annales), mais beaucoup d'amour, celui d'un père pour sa fille. Le père, empreint de l'esprit libertaire des années 60, est un farceur invétéré. La fille, froide et ambitieuse, s'accommode fort bien du sexisme et de l'ultralibéralisme de la société allemande où elle exerce comme cadre supérieure à Bucarest. Affublé de fausses dents et d'une perruque, il va s'inventer un personnage improbable pour semer le désordre dans sa vie et l'amener, malgré elle, à y retrouver un sens. Le film est très long, près de 3 heures, mais c'est le temps nécessaire pour faire monter peu à peu une fantaisie d'une telle excentricité qu'elle a provoqué en projection de presse, c'est suffisamment rare à Cannes pour le signaler, des applaudissements au milieu du film et un fou rire généralisé. "Toni Erdmann" fait du bien, et d'aucuns lui promettent, d'ores et déjà, la Palme d'Or.

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"Mademoiselle" de Park Chan-Wook (Sélection officielle)

"Toni Erdmann" de Maren Ade (Sélection officielle)