Brexit, société numérique, kamikazes et Shadoks : la Session de rattrapage

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Brexit, société numérique, kamikazes et Shadoks : la Session de rattrapage

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Des Shadoks, des kamikazes et une caméra
Des Shadoks, des kamikazes et une caméra
- Igor Ovsyannykov, Jacques Rouxel

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et tous,

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Jeudi prochain, l'Europe des 28 aura peut-être perdu un de ses membres. Appelés à se prononcer sur la sortie ou non du Royaume-Uni de l'Union européenne le 23 juin, les Britanniques, à en croire les sondages, restent indécis. L'assassinat de la député travailliste Jo Cox a exacerbé une campagne déjà tendue et, dans l'attente d'un résultat, les éventuelles conséquences du Brexit  inquiètent et divisent, à commencer par les Britanniques, chez qui deux visions de l'Europe s'affrontent. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tout tenté pour les retenir : en février dernier, l’UE a même accepté de s’asseoir sur certains de ses principes pour accorder un statut spécial au Royaume-Uni, sans succès. A Bruxelles, les fonctionnaires de l'Union Européenne se gardent bien de se prononcer et préfèrent observer le silence, même si tous savent qu'une sortie de l'UE aurait d'importantes  conséquences juridiques et économiques. A l'inverse, les plus optimistes s'interrogent : et si, après tout, le Brexit était une opportunité pour l’Europe, l'occasion de repenser le projet européen ? Bonnes écoutes. Pierre Ropert

COMPRENDRE

Une caméra
Une caméra
- Igor Ovsyannykov

Ni 1984, ni société du spectacle. La société numérique n’est ni tout à fait une société du spectacle, ni tout à fait une société de la surveillance, bien qu’elle emprunte à ces deux grandes références intellectuelles. Le juriste américain Bernard Harcourt analyse l'évolution de notre société à travers son ressort, le désir, et ouvre la voie d'une critique par la désobéissance. ( La Suite dans les idées, 28 min)

Sortir du FN. "Entrer au Front National c'est une erreur, s'y maintenir c'est une faute, y persévérer c'est une honte". Les propos ne sont pas ceux d'un opposant au FN mais d'un ex-cadre du parti à Brignoles, Romain Tardieu. Récit et coulisses d'un FN vu de l'intérieur, par un ex-membre qui entend maintenant consacrer toutes ses forces à le combattre. ( Les Pieds sur Terre, 28 min)

Effacés. Au lendemain de la tuerie d'Orlando, les unes des grands médias ont toutes omis une information de taille  : la boite de nuit où a eu lieu le drame était un club gay. Comme si les médias avaient gommé, dans un premier temps, le caractère homophobe de l'attentat. Cette pratique, souvent inconsciente, a un nom : l'invisibilisation. ( La Revue de presse, 6 min)

"Much Hated". Remarquée dans le film _Much Loved _de Nabil Ayouch, l'actrice Loubna Abidar avait subi de violentes agressions au Maroc, où le film avait été interdit. Après que deux cliniques ont refusé de la soigner et que le commissariat lui a ri au nez, elle a pris le premier vol pour venir se réfugier en France. Elle raconte son émancipation par le cinéma, par son insolence, par sa liberté et la vie des femmes au Maroc, où le hammam est comme un "endroit pour se laver de ce que leur font les hommes". ( Ping Pong, 51 min)

APPRENDRE

Kamikaze japonais.
Kamikaze japonais.

Vocabulaire explosif. Les Japonais ne supportent pas l’usage -classique en France- du mot "kamikaze" pour évoquer les attentats suicides de djihadistes. Retour sur l’histoire de ces kamikazes, les vrais, envoyés s’écraser sur les navires américains en 1944 et 1945. ( Concordance des temps , 59 min)

Seine en scène. C'était la principale artère de Paris : la Seine est depuis devenue un fleuve des loisirs. L'essor des réseaux; routier, ferroviaire puis aérien; a vidé le fleuve de ses activités économiques. C’est alors que cette façade fluviale est devenue la vitrine de la Ville-lumière, capitale entre toutes des expositions universelles et de la modernité. Récit, au fil de l'eau, d'une métamorphose. ( La Fabrique de l'Histoire, 53 min)

Austère Austen ? "Un homme qui ne sait que faire de son temps envahit toujours celui des autres", disait-elle. Grande plume de son époque, Jane Austen devait savoir de quoi elle parlait, elle qui, mieux que personne, a raconté la banalité du quotidien. Formidable peintre des mœurs de son temps, pionnière de la littérature, l'auteure d'Orgueils et préjugés a inventé le roman psychologique et a systématisé un nouveau style de narration : le style indirect libre, qui permet d'avoir accès aux pensées intérieures des personnages. ( Une vie, une oeuvre, 59 min)

(RE)DECOUVRIR

Les Shadoks
Les Shadoks
- Jacques Rouxel - aaa production

S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème”. Ainsi parlaient les Shadoks, ces étranges créatures de dessin animé devenues, en 1968, un phénomène télévisuel unique. Nourrie de différentes influences culturelles, de l'art moderne à l'héritage de la pataphysique de Lewis Caroll, cette série d'animation est restée célèbre pour son absurde sagesse proverbiale et fait l'objet d'un ouvrage intitulé "Les Shadoks : histoire, esthétique et pataphysique". Car n'oubliez pas : "C'est en essayant continuellement qu'on finit par réussir... donc plus on rate, plus on a de chances que ça marche." ( Un autre jour est possible, 28 min)

Voile poétique. ""La poésie est une possession momentanée de tout ce que notre âme souhaite" et "un poète est ce qui extrait un sens surprenant de signes ordinaires". Jacques Bonnaffé  consacre une semaine de lectures articulée autour de la sortie d’une anthologie qui réunit plus de cent auteurs et rappelle la nécessité d'"habiter poétiquement le monde”. Une ode à la poésie, par les poètes eux-mêmes.  ( Jacques Bonnaffé lit la poésie, 3 min)

La Saudade en héritage. Entre bossa et samba brésilienne, la chanteuse française Pauline Croze livre un album empreint de nostalgie et d’une étonnante rémanence de ce qu’elle n’a pourtant jamais vécu, à travers par exemple sa reprise de Nino Ferrer : "Non je n’oublierai jamais la baie de Rio, La couleur du ciel le nom du Corcovado, la Rua Madureira la rue que tu habitais, Je n'oublierai pas pourtant je n'y suis jamais allée". ( La Revue musicale, 5 min)

LA CITATION

Cette semaine, elle est du cinéaste américain Frederick Wiseman, qui s'il admet ne rien comprendre aux artistes contemporains, estime aussi que Jeff Koons arnaque les riches ( L'Invité de la dispute, 5 min) :

"Jeff Koons comme art c'est rien, comme connerie c'est magnifique."

C'est fini pour cette Session de rattrapage. Et vous pensiez avoir échappé au football ? Vous voilà piégé(e) par votre passion pour notre newsletter. Mais ne partez pas tout de suite et découvrez le cécifoot, c'est-à-dire le football pour les malvoyants, où les joueurs courent les yeux bandés, shootent et marquent à l'aide d'un ballon sonore, et se déplacent en criant "voy voy voy voy" pour mieux se repérer ( Sur les docks, 55 min). Bon match !

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