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Cerisy - Écrire et peindre le paysage (1750-1825) : la littérature artistique sur le paysage en France et en Angleterre (du 14 au 17 juin 2016)

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De lui-même, alors, sans schèmes ni concepts, mais à travers toutes sortes de perceptions, d’images et de symboles, le paysage engendre le paysage.

La "réduction" paysagère

Baldine Saint Girons, membre de l’IUF et professeur émérite des universités (Paris Ouest), est spécialiste de philosophie du XVIIIe siècle, de philosophie de l’art et d’esthétique. Elle a récemment publié des ouvrages sur Victor Hugo, le génie et la montagne et sur Les Marges de la nuit: Pour une autre histoire de la peinture, deux traités d’esthétique (L'acte esthétique et Le pouvoir esthétique) et des livres consacrés à un peintre, Gérard Traquandi (Contact, trace, tracé) et à deux photographes, Andoche Praudel et Eric Bourret (De la photographie comme art des trophées, Dans la gueule de l’espace).

Cette communication a été donnée dans le cadre du colloque intitulé Écrire et peindre le paysage (1750-1825) : la littérature artistique sur le paysage en France et en Angleterre qui s'est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 14 au 17 juin 2016, sous la direction d'Émilie BECK SAIELLO, Laurent CHÂTEL et Elisabeth MARTICHOU.

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La "réduction" paysagère

55 min

Le paysage artistique et littéraire semble d’abord moins originaire, plus pauvre et plus fictif qu’un possible paysage naturel, issu d’une natura naturans à l’inventivité prodigieuse. Pourtant ce qui paraissait le moins originaire, le plus pauvre et le plus fictif peut aussi devenir le plus fondamental, le plus riche et le plus réel. Ainsi en va-t-il du paysage d’images et de mots, dans la mesure où non seulement il quintessencie l’expérience paysagère et la relance, mais où il devient sa matrice et sa condition de possibilité. De lui-même, alors, sans schèmes ni concepts, mais à travers toutes sortes de perceptions, d’images et de symboles, le paysage engendre le paysage. Pour bien comprendre cette génération, il faut nous attacher à l’expérience esthétique qui témoigne de l’activité incessante d’un "paysageur". Nous essaierons d’en dégager trois temps bien distincts : l’élection de signifiants privilégiés, leur ségrégation, décontextualisation ou réduction (leur epokhè au sens husserlien du terme) et, enfin, leur mise en résonance qui devient patente dans la constitution de "chambres d’échos".

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