Publicité

Cerisy - Écritures de soi, écritures du corps ( 22 au 29 juillet 2015)

Par
jfchiantarettook.jpg
jfchiantarettook.jpg
- CCIC Cerisy

La question du corps et de la sensorialité, devenue très présente dans la société, envahit les médias et les nouvelles modalités de l’intime rendues possibles par la technologie...

Cette communication a été donnée dans le cadre du colloque intitulé Écritures de soi, écritures du corps qui s'est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 22 au 29 juillet 2015, sous la direction de Jean-François CHIANTARETTO et Catherine MATHA.

La question du corps et de la sensorialité, devenue très présente dans la société, envahit les médias et les nouvelles modalités de l’intime rendues possibles par la technologie (blogs, réseaux sociaux, etc.). La surexposition du corps et l’inflation des préoccupations qui le concernent expriment et dénient tout à la fois la dimension sensorielle de l’intime et sa valeur énigmatique. Dans ce contexte, on peut relever la place de plus en plus importante occupée par le corps et la sensorialité dans les écritures de soi, comme dans la clinique psychanalytique. Ces deux types d’expérience de l’intime dans sa relation intrinsèque à "l’extime", de la relation à soi comme intrinsèquement liée à la relation à l’autre, s’éclairent mutuellement aujourd’hui, sans doute davantage qu’hier. Cet éclairage mutuel renvoie indéniablement à l’évolution tant des modalités de l’écriture de soi que de la psychopathologie contemporaine. Et il offre à penser autrement les liaisons et les déliaisons du corps somatique et du corps érotique, du corps à aimer et du corps à détruire, c’est-à-dire du corps et de ce qui l’anime...

Publicité

Jean-François Chiantaretto est psychologue clinicien, psychanalyste et professeur de psychopathologie à l'Université Paris 13 SPC. Il a fondé et anime le groupe de recherches "Littérature personnelle et psychanalyse". Il a publié ou dirigé de nombreux ouvrages ayant pour thèmes l'écriture de soi, le témoignage, la psychopathologie des limites et l'écriture du psychanalyste.

Présence et absence du corps dans l'écriture de soi, par Jean-François Chiantaretto

42 min

Le 25 novembre 2010, Martin Miller signe une postface à L’essentiel d’Alice Miller, recueil qui réunit les quatre livres principaux d’Alice Miller. Il y affiche une position deux fois unique: définitivement le seul à pouvoir témoigner du développement de la pensée d’Alice Miller, à la fois comme fils et comme thérapeute ayant appliqué ses théories. Que va devenir cette revendication lorsqu’il s’agira, quelques années plus tard, de témoigner de l’expérience traumatique d’avoir été l’enfant maltraité de la théoricienne de la maltraitance de l’enfant? La question du corps comme lieu de la "rencontre du petit garçon ou de la petite fille maltraité(e)", selon les termes de Martin Miller, va s’avérer centrale dans ce changement de perspectives.