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Cerisy - Pascal Quignard. Translations et métamorphoses (du 9 au 16 juillet 2014)

Par
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- CCIC

"La science ne dévoile jamais. Elle révèle un dévoilement. En le décrivant. Ce n’est jamais la nudité première et ultime de la réalité qui apparaît. C’est un récit. "

Feuilles qui tombent

Cette rencontre-entretien a été donnée dans le cadre du colloque intitulé Pascal Quignard. Translations et métamorphoses qui s'est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 9 au 16 juillet 2014, sous la direction de Mireille CALLE-GRUBER, Jonathan DEGENÈVE et Irène FENOGLIO.

Dix ans après le premier colloque de Cerisy consacré à Pascal Quignard (2004), qui s’attachait à déchiffrer dans ses livres les figures du "lettré" et sur la ligne des perspectives surgies lors du colloque de la Sorbonne Nouvelle (2010), "Pascal Quignard ou la littérature démembrée par les muses", cette nouvelle rencontre a voulu donner à la lecture le temps de rouvrir largement, à la mesure de son empan, la question du devenir-œuvre de Pascal Quignard. C’est-à-dire donner le temps d’examiner la façon singulière - aux limites des représentations, du verbe, de la pensée - qu’ont les textes de toucher au cœur du monde.

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Feuilles qui tombent, par Jean-Claude Ameisen et Pascal Quignard

1h 07

"Alors que la nécrose donne l’image d’un phénomène d’explosion, l’apoptose ressemble à un phénomène d’implosion. La cellule qui déclenche son suicide commence tout d’abord par couper tout contact avec son environnement [...]. Cette mort rapide, solitaire, sans fracas, n’entraîne ni lésion, ni inflammation, ni cicatrisation".
"‘Apoptose’ est un nom qui signifiait "chute" en grec ancien et qui était utilisé pour décrire la chute des feuilles des arbres en automne, la chutes des pétales des fleurs qui se fanent, une métaphore pour une mort à la fois naturelle, inéluctable et programmée".

Jean-Claude Ameisen est biologiste, chercheur, médecin, écrivain, homme de radio, président du Comité Consultatif National d’Ethique. Dans son très beau livre intitulé, Dans la lumière et les ombres. Darwin et le bouleversement du monde (Fayard/Seuil (coll. Points), 2011, p. 139), livre quignardien tant il entrecroise informations scientifiques, émotion, empathie envers Darwin, bribes autobiographiques et littérature − et ou, par ailleurs, Pascal Quignard est souvent cité − Jean-Claude Ameisen écrit:

"La science est le récit d’un dévoilement.
De l’origine des espèces sera ce récit.
Qui dit la chute des habits anciens qui tombent un à un.
Qui décrit la nature dans une splendide et terrifiante nudité.
Et le lecteur y découvrira sa propre nudité.Pascal Quignard est écrivain. Il déclare en 1989: "Notre espèce semble être scrupuleusement tenue en laisse par le besoin d’une régurgitation linguistique de l’expérience". Il émet l’hypothèse d’une "fonction romanesque" universelle. Il donne l’exemple des abeilles qui "récitent en rentrant à la ruche le trajet qu’elles ont accompli jusqu’à la fleur". Il y revient dans Albucius. Les humains comme les animaux récitent leur vécu, les livres participent de la nature à l’œuvre, n’étant pas "plus cultivés ou civilisés que le miel ne l’est au regard de ces insectes jaunes et noirs".

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