Ces deux femmes qui ont transformé le métier d'infirmier.e - #CulturePrime

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Ces deux femmes qui ont transformé le métier d'infirmier.e

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C'est une profession essentielle, d'autant plus aujourd'hui alors que les hôpitaux font face à un afflux de patients. Voici comment deux femmes ont transformé le métier d'infirmier.e : Florence Nightingale et Valérie Gasparin.

Le métier d’infirmièr.e tel qu’on le connaît, ce sont deux femmes hors du commun qui l’ont développé :  Florence Nightingale et Valérie de Gasparin.

Les catholiques utilisent le mot “infirmier” depuis des siècles. Dans la mythologie théologique les “enfermiers” étaient les gardes de la maladie, cette dernière étant représentée par le démon et l’enfer.  

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La religion et le métier d'infirmier.e

Jusqu’à la moitié du XIXe siècle, les infirmières étaient toutes des religieuses et exerceraient une tâche plus associée à la charité chrétienne qu’à un véritable métier. Mais Valérie de Gasparin et Florence Nightingale vont changer cette vision de l’infirmier.e. Que ce soit auprès de l’Église pour Florence ou avec les laïcs pour Valérie, la profession va se développer en partie grâce à leurs formations. 

En Suisse, Valérie de Gasparin, à l'aide de son mari philanthrope, crée en 1859 la première école destinée aux laïcs : “La Source”. 

Valérie de Gasparin
Valérie de Gasparin
- © La Source

Elle met au point une formation pratique avec une approche scientifique et médicale, dans laquelle l’infirmière ne garde pas seulement le malade, mais le soigne. Pour la première fois des soignants et médecins viennent expliquer la meilleure manière de faire ce métier. 

Valérie de Gasparin est également la première à réclamer un salaire pour ce que font les infirmières. 

Tandis que Florence Nightingale à Londres ouvre aussi une formation pour laïcs, mais sur un modèle intimement lié à la religion, avec l’idée d’une “vocation”.  

"Là aussi on a quelque chose qui a créé une rupture entre une sorte de bénévolat, qu’on fait pour Dieu ou qu’on fait pour un don, et puis l’autre, le métier, avec de Gasparin qui dit : “Non ils doivent toucher un salaire”, rajoute Michel Nadot, ancien infirmier et historien des sciences infirmières. 

L'influence de Florence Nightingale

Si les idées de Valérie de Gasparin sont celles qui se rapprochent le plus du métier d’infirmier.e que l’on connaît aujourd’hui, c’est le nom de Florence Nightingale qui est retenu dans l’histoire. Sa renommée vient de son implication pendant la Guerre de Crimée. Partie en 1854 avec une délégation d’infirmières, elle revient à Londres en héroïne, surnommée “la dame à la lampe”. 

Florence Nightingale
Florence Nightingale
© Getty

Elle réussit à faire passer le taux de mortalité de 40 à 2 %, en imposant une meilleure hygiène dans les camps. La nuit, elle rend aussi visite aux malades, montrant à tous l’importance du côté humain associé au métier. De cette mission, découle également un lien fort avec le chef des armées et le Département de la Santé, car sa parole est écoutée. 

Florence Nightingale crée, elle aussi, sa formation en 1860 au sein des hôpitaux et auprès des religieux. La Britannique est la première à orienter l’apprentissage du métier sur l’hygiène des hôpitaux et des soins. 

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Des formations fondatrices

Ces deux regards sur la profession, malgré leurs différences, donnent la première impulsion au développement du métier d’infirmier.e. De part leur statut de femmes de la haute bourgeoisie, leurs voix ont une résonance et pour la première fois, le métier d’infirmier.e va être reconnu. 

"_Le travail de soin n’était pas assez noble à l’époque et trouver une femme comme Nightingale permet de dire : “_Mais regardez on fait un travail tout à fait honorable, c’est scientifique ce que l’on fait, c’est basé sur des connaissances tout à fait fondées, etc." 

C’est un petit peu un genre d’échelle sociale pour les infirmières de l’époque. Peut-être qu’on s’est raccroché à une image mythique pour sortir le métier de l’ombre dans laquelle il était enfoui. D’ailleurs, même encore aujourd’hui on ne sait pas vraiment ce que fait une infirmière à part quelques clichés qu’on a mais il y a tout le côté humain qui est difficile à saisir en photos ou en images", conclu Michel Nadot.   

Merci à la Fondation et à l'École "La Source" à Lausanne.