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César 2/5 : "Tout ce que j'ai fait, je ne l'ai pas fait exprès!"

Le sculpteur César pose devant deux de ses compressions le 19 mars 1991 à Paris.
Le sculpteur César pose devant deux de ses compressions le 19 mars 1991 à Paris.
© AFP - Mathilde de l'Ecotais

1997. Deuxième partie d'un entretien de Daniel Abadie avec le sculpteur César dans la série "A voix nue" diffusée en 1997. L'artiste raconte ses premières soudures puis ses premières compressions. Il réfléchit à ses méthodes de travail et confie avoir des doutes sur sa façon de faire.

Deuxième volet de la série "A voix nue" avec le sculpteur César qui commence par se questionner sur son positionnement par rapport aux surréalistes : "Tout ça, c'est une grande bouillabaisse !" Puis, il raconte ses débuts artistiques avec le fer à souder.

Le début [du fer à souder] c'est arrivé dans l'atelier de l'Ecole des Beaux-Arts. On fait des armatures, des fils de fer avec des petits papillons pour mettre la terre dessus. A la fin du compte, quand j'arrivais après les vacances, la terre que j'avais laissée sur l'armature se craquelle, après la terre est trop dure, on ne pouvait plus la travailler : c'était plus beau le fil de fer, l'armature que je faisais était plus intéressante que la terre que je mettais dessus. Je faisais des trucs pompiers, stupides et pourtant je suis très pompier, je suis pour les Pompiers, je suis pour l'Académie !

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Le sculpteur César dans "A voix nue" le 10/06/1997 sur France Culture. 2/5

20 min

César poursuit ses explications sur sa méthode de création artistique. 

Mettre de la terre dessus, c'est difficile, je n'y suis jamais arrivé. D'ailleurs si on réfléchit je ne suis jamais arrivé à rien sinon je me serais arrêté. Comme je n'y suis pas arrivé, c'est pour cela que je continue, même à mon âge. Au contraire, encore pire maintenant qu'avant, parce que je sens que le temps se réduit...

Grâce à la soudure à l'arc raconte t-il, il peut "souder une aiguille sur une enclume". Cette technique lui ouvre un univers de possibilités.

L'artiste éloquent parle aussi de ses angoisses, de ses doutes, d'ailleurs "les gens qui n'ont pas de doutes" il dit les "juger" :"Je ne juge les autres que parce que je me juge moi-même".

César revient sur ses premières compressions qui varient selon le "langage du matériau" utilisé. Il s'agissait au départ de métaux précieux. Il regrette avec le recul d'avoir cassé certaines de ses compressions : "Aujourd'hui, je me dis mais c'est pas possible, j'ai cassé des chefs-d’œuvres !" Sur sa première exposition de compressions, il reconnaît n'avoir pas "gambergé" : "En fin de compte, je ne prémédite pas tout ça !" Il conclut l'entretien par ce préalable qu'est l' "intuition" dans ses œuvres, "le raisonnement vient après" admet-il.

  • "A voix nue" avec César 2/5
  • Première diffusion le 10/06/1997
  • Producteur : Daniel Abadie
  • Réalisation : Nicole Salerne
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA-Radio France