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Charlotte Perriand : "Tout ce que j'ai fait allait de soi"

"Charlotte Perriand Une vie de création" aux éditions Odile Jacob
"Charlotte Perriand Une vie de création" aux éditions Odile Jacob

1999. Cinquième et dernier entretien de la série "A voix nue" avec l'architecte Charlotte Perriand, qui revient sur ce que lui a apporté de travailler avec Le Corbusier et conclue sur ses motivations de création. Diffusée en 1999, cette série reprend en partie des entretiens enregistrés en 1984,

Ce cinquième entretien conclut la série d' "A voix nue" avec l'architecte et designer Charlotte Perriand qui retrace son travail sur la station de sports d'hiver des Arcs. Elle est alors chargée de constituer un bureau d'études avec lequel elle travaillera pendant quatorze ans entre 1968 et 1982. Elle en a apprécié les contraintes de temps et de géographie. L' "implantation au sol avec des pentes et des contre-pentes" a conduit à privilégier une construction sans escalier mais avec des rampes explique-t-elle, "automatiquement, ça suivait pentes et contre-pentes et ça donnait une certaine musicalité aux façades, venant de l'intérieur."

"A voix nue" avec Charlotte Perriand 5/5. Une diffusion du 05/02/1999

25 min

Charlotte Perriand parle de l'harmonie des nombres dans les mesures anciennes. Elle évoque l'étude de Le Corbusier sur le mètre d'or, "si l’harmonie des nombres existe, il faut l'appliquer", estime-t-elle. Elle observe d'ailleurs que les vieilles demeures si agréables sont construites sur ces harmonies ce qui n'est pas le cas des immeubles HLM de maintenant construits "sans tenir compte d'aucune musicalité", explique-t-elle, "c'est très primaire".

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Impliquée dans les mouvements d'architecture moderniste et fonctionnelle des années 1920 et 1930, Charlotte Perriand évoque les Congrès internationaux d'architectures Modernes (CIAM) et la mise en place des grilles de comparaison de chaque grande ville, puis la création du Comité international pour la réalisation des problèmes d'architecture contemporaine (CIRPAC). Elle-même a participé au congrès d'Athènes de 1933 : "Nous relions nos racines en allant à Athènes, on ne les niait pas puisqu'on avait choisi Athènes comme lieu symbolique pour l'architecture de son temps".

Après la guerre, Le Corbusier a enfin pu faire son unité d'habitation à côté de Marseille, on l'a appelée la "Maison du fada", plus connue sous le nom de "Cité radieuse". "C'était un immeuble expérimental", précise-t-elle, lequel ne répondait à aucune norme et demandait de nombreuses dérogations.

L'unité d'habitation était un art d'habiter.

En conclusion de cette série d'entretiens, l'architecte-designer raconte comment elle invente, ce qui la motive. Sa création n'a jamais été faite "gratuitement", mais elle répondait à un "besoin" et c'est ainsi qu'elle en ressentait "l'impulsion".

Je n'ai jamais fait de créations commandées où on me dit brutalement : "Vous allez faire un moulin à café... un carter de voiture... une chaise... un pot à lait, etc". C'est-à-dire que je ne suis pas dans la lignée commerciale et dans le gadget commercial où tout à coup on va créer une chose nouvelle avec une forme aérodynamique, par exemple, parce que c'est à la mode ! Alors là non, ça ne m'intéresse absolument pas !

  • "A voix nue"
  • Première diffusion le 05/02/1999
  • Producteur : Paule Chavasse
  • Réalisation : Christine Berlamont
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France