Charlotte Perriand : "Une idée n'a de valeur que lorsqu'elle est rendue viable"

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Charlotte Perriand : "Une idée n'a de valeur que lorsqu'elle est rendue viable"

Reconstitution par Louis Vuitton de "La maison au bord de l'eau" de Charlotte Perriand en décembre 2013 pendant Art Basel Miami.
Reconstitution par Louis Vuitton de "La maison au bord de l'eau" de Charlotte Perriand en décembre 2013 pendant Art Basel Miami.
© Getty - Rodrigo Varela

1999. Dans ce quatrième entretien d' "A voix nue" avec Charlotte Perriand, diffusé en 1999 et qui reprend en partie une série d'émissions enregistrées en 1984, l’architecte parle de sa passion pour le Japon, de ce qu'elle y a appris en terme d'espace, de vide et d'harmonie dans l'habitat quotidien.

Quatrième partie de l'entretien avec Charlotte Perriand dans la série "A voix nue" qui évoque le "choc" ressenti, au cours de son premier séjour au Japon entre 1940 et 1942, devant la maison traditionnelle japonaise qui correspond tout à fait à sa conception de l'architecture, comme art d'habiter et art de vivre.

[La maison traditionnelle japonaise] c'est une maison sans architecte mais avec des bases immuables. La mesure de base, c'est le tatamis, il y a dans tout le Japon deux dimensions dans le tatamis, c'est tout et c'est toujours les mêmes. [ ....] C'est une maison à façade libre et à plan que l'on pourrait presque dire libre. [... ] Première notion, donc, c'est la flexibilité d'avoir une pièce réduite ou au contraire un peu plus grande ou au contraire un vaste espace pour faire des réunions. La façade est libre [...] ce qui vous donne un contact avec l'extérieur différent. Si vous n'avez pas d'espace, vous le reconstituez, vous reconstituez le monde dans un petit carré en mettant au bon endroit un caillou, qui fait que votre œil se portant dessus, va bondir sur l'infini, autrement dit, vous vous rattachez au cosmos.

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"A voix nue" avec Charlotte Perriand 4/5. Une diffusion du 04/02/1999

24 min

Or, Charlotte Perriand constate justement et malheureusement que dans les constructions actuelles, "l'homme n'est pas en harmonie avec son environnement et c'est peut-être ce qui fait qu'aujourd'hui on est mal à l'aise dans beaucoup de constructions nouvelles".

Le système métrique est un système très pratique mais ce n'est pas un système harmonique.

À son retour en France, Charlotte Perriand travaille entre autres à l'habitat de Méribel entre 1946 et 1948. Elle enchaîne les projets internationaux, comme au Brésil, où elle s'intéresse à la place du paysage et au choix des matériaux.

Le vide est essentiel, parce que dans le vide tout peut contenir, vous pouvez tout mettre et vous pouvez tout penser, tout imaginer.

L'architecte s'explique sur son processus de création, parfois elle "rêve" raconte-elle et parce qu'il lui manque quelque chose alors, "à ce moment-là ça me donne envie de le créer et de ce besoin va naître un croquis".

Je ne peux pas concevoir ma profession et l'art de bâtir en dissociant l'équipement de l'architecture et l'architecture de l'environnement, ça n'est strictement pas possible.

Une vie, une oeuvre
1h 00
  • "A voix nue"
  • Première diffusion le 04/02/1999
  • Producteur : Paule Chavasse
  • Réalisation : Christine Berlamont
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France