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Chevalier, Montand, Cotillard, et autres artistes au si sexy french accent !

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Yves Montand invité en 1959 aux Etats-Unis du "Dinah Shore show". La star de la télévision américaine l'interroge notamment sur sa maîtrise de l'anglais.
Yves Montand invité en 1959 aux Etats-Unis du "Dinah Shore show". La star de la télévision américaine l'interroge notamment sur sa maîtrise de l'anglais.
- INA

L'accent français vient d'être à nouveau élu le plus "sexy" du monde ! Depuis des décennies, des chanteurs ou acteurs l'ont parfaitement compris et savent en jouer pour leur plus grand succès. Enjoy ce petit "pot-pourri", de Maurice Chevalier à Isabelle Huppert, en passant par Gérard "Depardiou".

Il est numéro 1, devant l'italien et l'espagnol. L'accent français a été élu accent le plus "sexy" du monde pour la deuxième fois consécutive, par 15 000 utilisateurs de l'application Babbel, consacrée à l'apprentissage des langues étrangères. Les Australiens ont été les plus nombreux à le plébisciter, à 63 %, suivis par les Italiens et les Américains, qui ont respectivement accordé au "french accent" 47% et 43% de leurs suffrages. Le pouvoir d'évocation de la France interviendrait (Paris, la gastronomie, le luxe, le romantisme, etc.) et des raisons plus sonores, comme une langue syllabique et des consonnes fricatives : 'zh' dans je ou 'r' dans rouge.

Dans le "showbizz", certains artistes français sont réputés pour avoir su en jouer. Remember, en voici quelques-uns qui se sont fait une réputation outre-Atlantique grâce à leur accent à couper au couteau (et à leurs jolis sourires) !

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Le pionnier Maurice Chevalier

Le chanteur et acteur qui avait commencé dans un caf'conc' de Ménilmontant est allé jusqu'à recevoir un Oscar d'honneur en 1959 pour l'ensemble de son oeuvre. Une consécration pour son célèbre accent forcé de "titi" parisien. Le roi du music-hall a appris à parler anglais auprès d'un sergent britannique, alors qu'il était prisonnier des Allemands pendant la Grande guerre, avait-il raconté à Radio-Nice (à partir de 1'30'') :

Dans le camp de prisonniers où j'étais, juste pour passer le temps, j'ai appris l'anglais. Mais pas avec l'idée de travailler un jour en Angleterre ou en Amérique. Je n'avais pas de ces prétentions-là. Je ne pensais pas une seconde que j'avais suffisamment de talent pour chanter dans ces pays-là. J'ai appris l'anglais - mon Dieu, si je vous disais la vérité - c'était pour épater les copains du Boulevard de Strasbourg ! (rires) C'était pour en revenant leur dire : "How do you do ? All right, fine. That's fine." J'étais content, je me disais que j'allais faire un effet colossal.

Et j'avais aussi appris l'anglais, il faut le dire, pour pouvoir bavarder avec les artistes anglais qui venaient soit aux Folies Bergères soit au Casino de Paris. Et en somme aussi flirter de temps en temps avec les petites "girls" anglaises ! (rires) Je leur disais : "I love you, you darling". J'avais appris tout ces trucs-là.

Après-guerre, la jeune artiste américaine Elsie Janis, séduite par sa facilité à parler anglais et son charme, pousse Maurice Chevalier à se produire à Londres. Elle l'aidera à se perfectionner et il se lancera dans la revue "Hullo America". Plébiscité pour l'opérette "Dédé", il part une première fois à New York en 1922, où il découvre Broadway, prend des leçons de danse et rencontre Joséphine Baker. Mais le french artist en smoking et canotier débutera sa carrière américaine six ans plus tard, d'abord sollicité par le directeur de la Metro Goldwyn Mayer, puis par celui de Paramount Pictures, qui lui ouvre les portes de Hollywood. La Paramount qui lui demande même dans une clause de son contrat de conserver son accent français ! Ses "the" et "this" sont prononcés "zee" et "zis". Avec de l'emphase sur des fins de mot : "Zis is viry importààààààànt !" et des mots français gratuits comme "mais oui", "sacrebleu", "mon ami" ou "mon chéri".

Il sera cité dès 1933 dans un dessin animé de Mickey (à 1'27'') et son phrasé, sa gouaille et son rire "hon hon hon" entreront dans la légende. :

Aznavour, "For me, formidable"

Autre star internationale de la scène et de l'écran, Aznavour a confié en 2015 à L'Express avoir "tout appris de Charles Trenet, Maurice Chevalier et Edith Piaf" (Piaf qui savait interpréter ses succès en anglais, avec Maurice Chevalier dans le public !). Et Aznavour de préciser : "Maurice Chevalier, pour sa carrière et le courage qu'il a eu d'apporter sa fantaisie aux États-Unis, un pays qui avait la sienne propre." Fin 2009, le grand Charles avait aussi expliqué au Journal du Dimanche : "Dans l’album, vous interprétez deux chansons en anglais avec un accent parigot prononcé. C’est volontaire ? - Non, je chante en italien, en espagnol, en russe sans accent. Avec l’anglais, je n’ai pas réussi. En vérité, c’est un mélange d’accent français et du passé de mes parents, il y a quand même un côté oriental dedans.”

Comme son mentor, Aznavour a su s'imposer en solo en VO, avec des titres comme "She" :

Mais aussi en mêlant la langue de Shakespeare et la langue de Molière dans le célébrissime "For me, formidable" :

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Ou dans quantité de duos avec d'autres stars anglaises ou américaines : Dean Martin, Paul Anka, Sting, Elton John et bien sûr Liza Minnelli :

Montand, Marilyn et la phonétique

Lui aussi révélé par Piaf, Montand a conquis les Etats-Unis à partir de 1959. Il triomphe à Broadway et rencontre Marilyn Monroe avec qui il tourne "Le Milliardaire" ("Let's make love"), de George Cukor. Invité par la chaîne NBC, dans le "Dinah Shore Show", il chante en français et pour la première fois en anglais. Cinq minutes décisives pour la carrière de l'artiste, explique Pierre Dumayet dans "5 colonnes à la Une". Dans cette archive, Montand évoque aussi les difficultés de la langue anglaise et comme il a "travaillé très dur". Démonstration à l'appui pour les "H", les plus difficiles à dire en anglais, pour un Français :

A Dinah Shore, il avoue : "Je parle un peu l'anglais... mais je ne le comprends pas." Pour présenter ses chansons, ses amis lui ont préparé des notes en écriture phonétique, avec les syllabes soulignées en différentes couleurs pour savoir où poser l'accent tonique. Et des années plus tard, invité par David Letterman pour la sortie de "Jean de Florette", Yves Montand expliquera que pour son premier film outre-Atlantique, il ne savait dire que : "telephone, thank you, orange juice...".

Je pense qu'ils voulaient un Français pour le rôle [...] mais je ne parlais pas. Donc, j'ai appris mes répliques comme pour les paroles d'une chanson. Je ne comprenais rien (rires), mais je savais ce que je faisais car on m'avait donné la traduction. Cela a été ma plus terrifiante expérience d'acteur ! (à partir de 7')

L'autodérision de "la môme" Cotillard

Où l'on retrouve Piaf : Marion Cotillard a gagné la gloire grâce à un Oscar pour son interprétation de la mythique chanteuse dans "La Môme", le film d'Olivier Dahan. Près d'un demi-siècle après Simone Signoret pour "Les Chemins de la haute ville". Sur scène, bouleversée, Marion Cotillard multiplie les "thank you" : à son réalisateur, à l'Académie, à la vie, à l'amour. "Il est bien vrai qu'il existe des anges dans cette ville (Los Angeles)", conclut-elle. Soutenue par de grands studios et le tout puissant producteur Harvey Weinstein, l'actrice a multiplié les castings blockbusters. Mais celle qui fut à nouveau nominée pour les Oscars en 2015 sait aussi se moquer d'elle-même, de son image utilisée par les marques de cosmétique et de la pudibonderie made in USA. Elle le prouve dans cette fausse publicité tournée en 2010 pour le site "Funnyordie". Clip vu depuis plus de 30 millions de fois !

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Delon : "en français, on parle beaucoup plus avec les mains"

Les acteurs français ont été pendant des années des "french lovers" outre-Atlantique. Avant de devenir des méchants, comme Mathieu Amalric dans James Bond, Lambert Wilson dans Matrix ou Vincent Cassel, french crapule préférée de Hollywood. Reconnu, Alain Delon a su mêler les deux mais n'y a pas percé. Ce qui ne l'a pas empêché en 1970 de bluffer son hôte avec beaucoup d'humour, en direct pour la première à la télévision américaine, pour la sortie de Borsalino. "Je suis surtout nerveux là, à cause de mon anglais... C'est différent parce qu'en français on parle beaucoup plus avec les mains, comme les Italiens !" :

L'informatique au service de Gérard Depardiou

D'après Unifrance, l'organisme chargé de la promotion et de l'exportation du cinéma français dans le monde, le "Héros aux mille visages" selon la formule de l'hebdomadaire Newsweek en 1987 est l'acteur français le plus connu par les Américains avec Jean Reno. Même si Gérard Depardiou a dû affronter en 1991, à moins de 48h des Oscars, une polémique au sujet d'un viol dont il aurait été l'auteur, ce qu'il a catégoriquement démenti.

Pour son accent, l'enfant de Châteauroux a eu droit en 2000 aux bons soins de l'IRCAM, qui a corrigé ses accents toniques dans le film "Vatel", de Roland Joffé ! Le son de sa voix a ainsi été conservé mais retravaillé grâce à un logiciel. En 1990, là aussi chez David Letterman, il partageait totalement hilare sa relative maîtrise of the language : "I'm sorry, my english is not perfect !" :

La revanche d'Isabelle Huppert

Polyglotte, celle qui a débuté avec une licence de russe n'a pas eu de souci à apprendre l'anglais. Michael Cimino la révèle à Hollywood grâce au singulier western "La Porte du paradis". Mais le succès n'est pas au rendez-vous et la reconnaissance spectaculaire de la profession outre-Atlantique ne viendra qu'avec son Golden Globe au début de l'année, et une sélection pour les derniers Oscars. Une reconnaissance confirmée par le créateur de la série Mad Men, qui vient de la recruter pour sa prochaine série produite par Amazon. De quoi faire taire les critiques américains, qui s'étaient déchaînés à propos de son accent au théâtre il y a trois ans à New York, dans "Les Bonnes" de Jean Genet :

Jean Dujardin et son anglais caféiné

Au générique des acteurs qui ont réussi aux États-Unis, Jean Dujardin s'est distingué dans "The Artist" et dans la campagne qui a mené le film à ses 5 Oscars. Six mois de médiatisation menés tambour battant par le producteur Harvey Weinstein, faiseur de roi à Hollywood. Quitte à imiter Robert de Niro ou un chameau, ou les deux mêlés, dans les "late shows".

L'ancien comique dit n'avoir jamais voulu faire carrière aux États-Unis avec son anglais de 4ème, et a déclaré à la RTS :

Je ne fais aucun effort. Autant je suis curieux… mais il n’y a rien à faire, il faudrait vraiment que je me fasse lobotomiser ou que j’aille voir quelqu’un, mais je n’arrive pas à me lancer ! [...] En fait, j'aime bien me foutre d'eux. Je n'y crois pas. Déjà à l'école je me foutais d'eux. Je ne peux pas être sérieux avec cette langue. Parce que cela n’a rien à voir avec mon métier cette langue. J’aime tellement le français, j’aime tellement cette langue, que je n’imagine pas jouer autrement !

Malgré cela, Jean Dujardin a exploité à merveille sa french touch aux côtés de George Clooney. Sur grand écran, mais sûrement mieux encore pour quelques gouttes de café :

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