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Christo : "Mes projets ont presque une dimension de légende où réalité et non-réalité se mélangent"

Photo du Pont-Neuf empaqueté par Christo, le 21 septembre 1985.
Photo du Pont-Neuf empaqueté par Christo, le 21 septembre 1985.
© AFP - Pierre Guillaud

1989. Un entretien avec l'artiste empaqueteur Christo à l'occasion de la rétrospective qui lui était consacrée à Nice en 1989. Il s’explique sur la genèse de ses projets, ce qui le meut et ce qu'il veut montrer, c'est une question avant tout de liberté artistique, de sensualité et de légende.

Dans ce court entretien, Christo parle de la rétrospective qui lui est consacrée et explique en quoi cette exposition sert à "comprendre comment les projets sont faits", à partir de maquettes, de collages, d'études et de dessins qui sont présentés ainsi que des photographies grand format de ses réalisations. 

Christo : "Mes projets ont presque une dimension de légende où réalité et non-réalité se mélangent". Un entretien dans l'émission "Les arts et les gens" du 17/07/1989.

11 min

Depuis les années 1960, l'artiste s'est découvert "intéressé d'apprivoiser l'espace public pour un petit moment" : "Manipuler les ressources de cet espace public devient une partie intégrante de l'expression de l'oeuvre d'art." Il insiste sur le fait qu'il ne répond à aucune commande, ses projets sont initiés par lui-même, ils sont "inspirés par quelque chose de très personnel" : "Ce sont des projets liés profondément à la liberté."

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Les projets sont réalisés pour questionner notre notion de l'art. Ce sont des projets qu'on ne peut pas acheter, qu'on ne peut pas commercialiser, on ne peut pas les contrôler et qui sont éphémères : c'est une partie sincère de mon projet, qui crée un dynamisme, une force d'urgence d'être vu. 

Les matériaux qu'il choisit "traduisent ce côté nomade" de ses œuvres qui se veulent être "sensuelles" grâce à la toile utilisée. Il reconnaît que les gens sont en général "désorientés" par ses œuvres car ses "projets, de plus en plus, vont au-delà de la notion de la sculpture traditionnelle ou classique". Pour lui, chaque témoin de son oeuvre, comme c'est le cas pour l'empaquetage du Pont-Neuf, chaque passant devient comme "le propriétaire" de sa création.

Une fois le projet réalisé, il a un rayonnement immensurable. On ne peut pas le comparer avec un dessin, une description. Il y a un côté d'une autre dimension [...] C'est une chose faite qui est impossible d'oublier.

  • "Les arts et les gens" 
  • Première diffusion le 17/07/1989
  • Producteur : Pierre Descargues, Valère Bertrand
  • Réalisation : Jacques Béraud
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France