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Cinéma : 2019, une fréquentation record des salles

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Deux tiers des Français vont au moins une fois par an au cinéma. Une proportion qui passe à 90% chez les jeunes, dans le pays le plus cinéphile d'Europe.
Deux tiers des Français vont au moins une fois par an au cinéma. Une proportion qui passe à 90% chez les jeunes, dans le pays le plus cinéphile d'Europe.
© Maxppp - Jérôme Gorin / AltoPress

Le fil culture. Nouveau pic d'affluence en salles l'année écoulée, avec 213,3 millions d'entrées selon le CNC. Succès largement dû aux superproductions américaines. Du jamais vu depuis 2011 et 1966, malgré la concurrence de la vidéo en ligne, de YouTube et des services de streaming comme Netflix.

Pour la sixième année consécutive, la fréquentation des salles de cinéma a franchi en France le seuil des 200 millions avec 213,3 millions d’entrées. Soit le deuxième plus haut niveau depuis 1966 (234,2 millions), après 2011 avec 217,2 millions grâce notamment au film Intouchables. Un record détaillé par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) dans son bilan annuel publié lundi. Les têtes d'affiches américaines ont porté ce succès, avec plus de la moitié des entrées, face à des films français à la peine. Les salles restant un lieu de sociabilité et de proximité très apprécié.

Un seul film français dans le top 5 

"Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?" est l'unique production française qui a résisté aux blockbusters de 2019, avec 6,7 millions d'entrées. "Le Roi Lion" (10 M) et "Avengers : Endgame" (6,9 M) le devancent, avant "La Reine des Neiges II" (6,5 M) sorti toutefois fin novembre. La part de marché du cinéma américain a bondi à 55,2% en 2019, contre 44,1% en 2018, alors que la part de marché du cinéma tricolore a chuté à 35 %, contre 39,3 % en 2018. Ce cru 2019 restera aussi marqué par un nombre élevé de films au-dessus de cinq millions d’entrées : 5 films au-delà de ce seuil, soit le plus haut niveau observé sur les dix dernières années. Par genre, les films d'animation restent très prisés des spectateurs, en particulier pendant les vacances et les fêtes de fin d'année.

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16 films français ont toutefois réalisé plus d’un million d’entrées, note le CNC, dont Hors normes, La Vie scolaire, Les invisibles ou Au nom de la terre. Interrogé sur franceinfo par Céline Asselot, le président de la fédération nationale des cinémas français, Richard Patry, précise d'ailleurs que le film d'Edouard Bergeon avec Guillaume Canet sur le malaise paysan a obtenu "un coefficient Paris / province de 20 : quand un Parisien allait voir ce film, vingt personnes en province allaient le découvrir. C'est très atypique. Le coefficient est habituellement plutôt de 4 ou 5".

Autre baisse, particulièrement significative, les productions d'autres pays : à près de 10% des entrées, soit presque deux fois moins que l'année précédente. Parasite, du Coréen Bong Joon-ho, qui a bénéficié de l'effet Palme d'Or de Cannes, fait exception.

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"Là où vous pouvez vivre une émotion collective, c'est dans la salle de cinéma"

Comment expliquer de tels chiffres au moment où l'on ne cesse d'évoquer le succès des séries, de leur visionnage boulimique et des plateformes qui les diffusent et les produisent ? "On a envie de se rencontrer et le cinéma est le loisir de proximité par excellence", répond Richard Patry, également exploitant. "Les cinémas investissent énormément. Plus de trente nouveaux cinémas ont ouvert cette année, avec des investissements très importants", explique-t-il à Céline Asselot :

Richard Patry, président de la fédération nationale du cinéma français, analyse ce record 2019 sur franceinfo

5 min

Vous avez des amis virtuels, vous regardez effectivement des images partout, mais là où vous pouvez vivre une émotion collective, c'est dans la salle de cinéma. La France dispose du plus beau parc de salles au monde, c'est incontestable. Il y en a plus de 6 000. Nos collègues exploitants investissent énormément pour maintenir la qualité de l'accueil, la qualité technique. Et les gens ont envie de se retrouver parce qu'il reste encore peu d'endroits où l'on peut toujours se retrouver comme cela de façon conviviale.                                    
Richard Patry, président de la fédération nationale des cinémas français

Ce panorama ne doit pas faire oublier une année 2019 également marquée par des situations délicates, voire dramatiques, comme celle de la salle parisienne emblématique La Clef. Propriété du comité d'entreprise de la Caisse d'épargne, ce dernier cinéma associatif de la capitale est occupé illégalement depuis le 21 septembre par "des cinéphiles squatteurs qui projettent des films et tentent de conserver l'esprit des lieux, fermés il y a un an car considérés comme non rentables" raconte notamment Libération.

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Quant au public, Richard Patry rappelle que deux tiers des Français vont au moins une fois par an au cinéma. Une proportion qui passe à 90% chez les jeunes, dans le pays le plus cinéphile d'Europe.

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