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Cinéma, livre, spectacles... 5 idées pour votre week-end [13-14 avril]

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Chaque vendredi, Arnaud Laporte et les critiques de La Dispute vous proposent une sélection de rendez-vous culturels pour votre week-end.

Toute cette semaine, les critiques de La Dispute ont une fois encore débattu pour vous du meilleur de l'actualité culturelle. Résultat de ces échanges en 5 récréations, un spectacle, un disque, une exposition, un livre, une série. Bonnes découvertes !

Un spectacle : "Purge, Baby, Purge" Sophie Perez et Xavier Boussiron signent une adaptation déjantée d'un classique de Feydeau.

Purge, baby, purge // Sophie Perez et Xavier Boussiron
Purge, baby, purge // Sophie Perez et Xavier Boussiron
- Ph Lebruman

Sophie Pérez et Xavier Boussiron proposent, ensemble ou séparément, depuis une vingtaine d’années, des moments de spectacles, des moments spectaculaires, mais aussi de vrais spectacles, parfois très, ou très peu, spectaculaires. Il y a autour d’eux des fidèles (Stéphane Roger, Gilles Gaston-Dreyfus, Sophie Lenoir, Marlène Saldana), mais aussi une nébuleuse, qui irait d’Arnaud Labelle-Rojoux à Stéphane Bérard, de Claudia Triozzi à Marie France, de Jean-Yves Jouannais à Philippe Katerine. Parfois dynamiteurs de classiques, il ont revisité Lorenzaccio avec Laisse les gondoles à Venise ou Witold Gombrowicz avec Gombrowiczshow. Cette fois, c’est Georges Feydeau, le roi du vaudeville, qu’il passe au tamis de leur compagnie du Zerep. Ils nous promettent rien de moins que “l’écroulement d’un genre sur lui-même”. On en redemande.

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  • "Purge, Baby, Purge" de Sophie Perez et Xavier Boussiron (alias on purge Bébéde Feydeau) // jusqu’au 20 avril aux Amandiers- Nanterre  

Une opérette : "La Chauve-Souris", de Johann Strauss, un travail musical remarquable.

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L’Opéra de Paris a eu la judicieuse idée de confier les jeunes chanteurs et musiciens de son Académie à la metteuse en scène Célie Pauthe. S’emparant d’un classique de l’opérette viennoise, elle joue sur deux tableaux : celui du plaisir immédiat de l’ouvrage, mais aussi le fait que cette Chauve-Souris fut montée par les artistes juifs internés dans le camp nazi de Theresienstadt. 

L'avis des critiques : 

La mise en scène est selon moi inaboutie. Mais le travail musical est remarquable. Je m’attendais à une version un peu souffreteuse, malingre, en lien avec un esprit de camp de concentration mais il y avait de la fougue, de la vitalité, de la jeunesse, de l’élan et cela marchait remarquablement. C’est vraiment une adaptation, pas seulement une réduction. Charles Arden

Il y a un côté théâtre de tréteaux qui pourrait être assez plaisant par son économie. Mais le problème est la dramatisation excessive du propos. On passe à côté de l’esprit de l’oeuvre, de sa veine comique. Il y a une contradiction entre le projet théâtral et le résultat. Emmanuel Dupuy

Le texte introductif ressemble à une auto-justification où Célie Pauthe se tire une balle dans le pied. Cela plombe le spectacle qui est plutôt très enlevé et qui bénéficie d’interprètes qui ont envie de s’amuser et qui ne sont pas dans cette lourdeur-là. Arnaud Laporte 

  • "La Chauve-Souris", de Johann Strauss - Direction musicale : Fayçal Karoui - Mise en scène : Célie Pauthe. En tournée : Théâtre Impérial de Compiègne  : 26 avr. 2019 à 20h // Les 2 Scènes Besançon : 3 avr. 2019 à 19h et 5 avr. 2019 à 20h // Maison de la Culture d'Amiens : 15 mai 2019 à 19h30 et 17 mai 2019 à 19h30 // MC2 - Grenoble : 22 mai 2019 à 19h30 et 24 mai 2019 à 19h30

Une exposition : "Quand faire c'est dire" d'Angelica Mesiti, un travail qui incarne le tournant vidéographique de la performance 

Le Palais de Tokyo nous offre une belle occasion de découvrir les imposantes installations vidéos de l’artiste née en 1976. L’australienne y traque toujours de nouveaux modes de communication, en dehors de la parole ou de l'écriture. Chez elle, le son, la musique, les corps interprètent autrement les changements culturels de nos sociétés.  

L'avis des critiques : 

C’est une exposition chorale et chorégraphique. Il y a un vrai parcours qui déplace le spectateur littéralement physiquement mais aussi dans ses codes et qui fait preuve dans l’ensemble d’une singulière attention au monde. Sally Bonn

Une proposition claire, simple, sensible mais qui n’empêche pas des questions complexes. Son travail incarne le tournant vidéographique de la performance que l’on voit de plus en plus dans les expositions. Florian Gaité 

Il y a dans ce parcours une progression assez bien pensée (...) Je me suis trouvée en sortant de l’exposition en me disant que tout était chorégraphique. Cette manière dont elle affûte notre regard sur le monde à travers ses oeuvres est tout à fait réussi. Une des vertus de ce travail est de donner les choses à sentir plus que de les expliciter. Anaël Pigeat

Cette exposition a une dimension juste. Il y a peu d’oeuvres présentées. Cela marche dans la durée mais cela ne m’a pas semblé réducteur. Arnaud Laporte

  • "Quand faire c'est dire"- Angelica Mesiti Jusqu’au au 12/05/2019 au Palais de Tokyo “Saison sensible”

Un livre : "Un appartement sur Uranus", de Paul B. Preciado. Le parcours physique, psychique et intellectuel d’une transformation.

Un appartement sur Uranus, de Paul B. Preciado
Un appartement sur Uranus, de Paul B. Preciado
- Grasset

Déjà vanté dans les colonnes de Grazia, ce livre retrace le parcours physique, psychique et intellectuel d’une transformation. Un essai indispensable pour penser autrement, penser mieux l’un des phénomènes majeurs de notre temps, puisqu’on y comprendra comment la culture queer et trans peut être l’avant-garde du combat contre toute forme de système de domination.

L'avis des critiques : 

Ces chroniques forment un tout assez homogène qui constitue finalement le récit de la transition de Beatriz P. Préciado et d’un monde en transition. Il peut y avoir des répétitions mais il y aussi une transition formelle qui permet d’éviter la monotonie. Là où Préciado se distingue de la pensée queer est que sa volonté est de sortir totalement de la logique d’identité. C’est vraiment la force de son propos.  Elisabeth Philippe 

On est face à un propos fort, qui nous bouscule. Le style de Paul B. Preciado est très brillant parfois même poétique. Mais ce sont des chroniques qui restent journalistiques et inégales. Je perdais un peu de l’attention. Même si c’est très cohérent, il y a aussi une forme de redondance dans le côté militant radical. (…) Le discours politique me déçoit. Philippe Chevilley

L’éternel problème des chroniques est qu’il y a un effet choc qui a tendance à s’émousser et à sombrer dans la redondance à partir du moment où on les lit sans attente. C’est un peu le cas pour les textes théoriques. Je n’ai pas senti cet effet de redondance dans le témoignage intime et les récits de vie. François Angelier 

  • "Un appartement sur Uranus", de Paul B. Preciado (Grasset)

Un film : "Ray & Liz", une photographie du monde prolétaire sous l'air Thatcher de Richard Billingham

Si l’on vous dit que c’est un film de photographe, c’est vrai, mais c’est faux, car en signant ce premier film, Richard Billingham s’affirme d’emblée comme un cinéaste qui compte.
Si l’on vous dit que c’est comme du Ken Loach, c’est vrai, mais c’est faux, car Billingham signe ici une film autobiographique, nourri par son histoire familiale.

  • Un film : "Ray & Liz", de Richard Billingham

En partenariat avec le magazine Grazia