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Cinéma, théâtre, roman... 5 idées pour votre week end

Par
Montage1205
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- AND

Chaque vendredi, Arnaud Laporte et les critiques de La Dispute vous proposent une sélection de rendez-vous culturels pour votre week-end.

Toute cette semaine, les critiques de La Dispute ont une fois encore débattu pour vous du meilleur de l'actualité culturelle. Résultat de ces échanges en 5 récréations, un spectacle, un disque, une exposition, un roman, un film. Bonnes découvertes !

Un spectacle : "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez", Thomas Ostermeier ose rhabiller La Comédie-Française, pour mieux déshabiller ses acteurs.

La nuit des rois ou tout ce que vous voudrez
La nuit des rois ou tout ce que vous voudrez
- Jean-Louis Fernandez

Après Ivo van Hove et Les Damnés, Thomas Ostermeier est le deuxième grand maître du théâtre européen à répondre à l’invitation d’Eric Ruf de travailler pour la Comédie Française. Le metteur en scène allemand a choisi un auteur qu’il connaît bien et qui lui réussit bien, Shakespeare, dont il déjà a monté et démonté avec brio Hamlet, Le songe d’une nuit d’été ou encore Othello. Dans ce marivaudage avant l’heure, le travestissement est roi, ce qui permet de revisiter la question du genre avec des interprètes de haut-vol, de Denis Podalydès à Adeline d’Hermy, en passant par Laurent Stocker ou Christophe Montenez. L’ensemble est d’une folle audace, qui va décoiffer plus d’un habitué du Français !

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Cerise sur le gâteau : c’est l’écrivain Olivier Cadiot, complice de longue date d’Ostermeier, qui signe la nouvelle traduction de la pièce, éditée chez POL.

L'avis des critiques :

Ce spectacle m’a mis en joie. On attendait beaucoup de cette rencontre entre Ostermeier et les comédiens français. Elle a eu lieu des deux côtés. Ce qui me frappe c’est de voir qu’une communauté s’est créée autour de La Comédie-Française et qu’elle est d’accord pour bousculer les classiques. Cette confusion des genres est amenée aujourd’hui à la question du genre. Il y avait quelques petites choses plaquées, mais globalement cela m’a plu. Chevilley

Ostermeier ose rhabiller La Comédie-Française, pour mieux déshabiller ses acteurs. Le public de La Comédie-Française ne s’offusque plus et les acteurs se prêtent au jeu jusqu’à ce qu’on oublie leur nudité. Les personnages fonctionnent par paires avec des moments d’anthologie. L’actualité s’incruste dans Shakespeare et cela coule de source. Ostermeier est un des plus grands metteurs en scène européens avec un savoir-faire étonnant. Marie-José Sirach

L’une des qualités de la pièce c’est l’extraordinaire traduction d’Olivier Cadiot, qui a ranimé le texte, l’a éclairé sans le simplifier. J’ai eu l’impression de le redécouvrir totalement, avec des choses « refoulées » qui apparaissent limpides. La pièce est une sorte de parenthèse de dérèglement des sens autorisé. Les quiproquos amoureux naissent de la lumière aliénante. Lily Bloom

Le plaisir des interprètes est communicatif. Il faut quand même revenir sur Denis Podalydès. On a tellement de chance de voir un acteur pareil assez régulièrement sur les planches des théâtres français. Je ne cesse d’être étourdi par la qualité, la présence de sa performance. Il y a aussi une chose d’une lourdeur, d’une dureté de la vie qui est assez présente. On a quelque chose d’une indécision qui reste. Arnaud Laporte

  • "La nuit des rois ou tout ce que vous voulez" de William Shakespeare - Mise en scène Thomas Ostermeier -  jusqu'au 28 février à Comédie Française (Richelieu)

Un disque : “La Fragilité”, Dominique A, se dévoile...

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Dominique A 2018, Volume 2. Après l’électrique Toute latitude sorti au printemps, voici donc le disque qui va accompagner notre automne. La fragilité porte bien son titre, qui voit l’auteur-compositeur-interprète dérouler une playlist comme apaisée, sensible au chant du monde. Une tournée débute, uniquement dans de petites salles, propices à l’intimité créée sur cet album.

L'avis des critiques :

C’est un disque très 2018. Passé les premiers mots du premier morceau, qui je trouve pose un monolithe, c’est très beau, très fragile. Il y a des moments où j’ai l’impression d’entendre des confessions intimes, à d’autres des micro-nouvelles. C’est extrêmement précis, très joliment dit et souvent très touchant. Quand il est dans la narration c’est vraiment très réussi. Joseph Ghosn

Je trouvais qu’il avait atteint dans le premier volet du diptyque une splendeur poétique. Ici, la recette ne fonctionne pas. Je ne me suis pas sentie tant servie que ça par le texte. J’ai quand même aimé qu’il laisse le texte presque complètement nu, en allant chercher quelque chose de plus complexe dans le rapport entre les mots et la musique. Mathilde Serrell

C’est le versant plus solaire, un petit peu éthéré, qui n’est pas sans exclure la mélancolie. L’acoustique est pas mal bousculée. Pour moi ce n’est pas un disque très bien nommé. Il cultive cette « Fragilité », mais n’a jamais été aussi assuré que sur cet album. La conscience, l’aisance est patente sur certains titres. Sophie Rosemont

Il y a un son plus sec, plus resserré, plus épuré que j'aime beaucoup. J’ai aimé  « Toute Latitude » et j’aime aussi cette « Fragilité », qui aurait aussi pu être « La Simplicité ». La simplicité lui va bien à Dominique A, malgré ses morceaux avec de grands arrangements. C’est quelqu’un qui quand on le voit sur scène dégage à la fois de la puissance et de la douceur. Arnaud Laporte

  • "La Fragilité__”, Dominique A  - (Wagram 05/10)
56 min

Une exposition : "Les Palais des monstres désirables". Guibert, le monstre parmis les monstres

Musée Grévin, Paris 1978
Musée Grévin, Paris 1978
- Hervé Guibert

On aurait tort d’oublier qu’Hervé Guibert, en plus de ses livres, nous a laissé un corpus photographique de même intensité, nourri de la même sensibilité. Christine Guibert et Agathe Gaillard proposent une exposition de 60 tirages d'époque, pour la plupart jamais exposés, faisant partie d’un ensemble réalisé en 1978 autour de différents musées, de Florence à Paris.  

L'avis des critiques :

J’ai trouvé qu’il y avait une forme d’intimité entre les écrits et les photos. On a un inventaire d’objets et on est accueilli directement par une photo que j’ai prise pour un autoportrait. Guibert est le monstre parmi les monstres, les autres étant ses alter-egos. Florian Gaité

Je trouve qu’il manque quelque chose à cette exposition : les textes. Cette exposition est pour moi un cimetière, elle est d’une tristesse absolue. Cela commence par les images que l’on voit et ça les quitte. Il suffirait de lire "L'image de fantôme" de Guibert où il décrit la photographie comme une machine à arrêter le temps. Corinne Rondeau

Chez Hervé Guibert, les textes et les images sont effectivement liés. Cet ensemble d’images est assez frappant puisque ce sont des œuvres de jeunesse, avec beaucoup de choses de son univers. Dans ces éléments qui caractérisent son univers, il y a quelque chose de très surprenant quand on sait avec quel précision il décrit la déchéance de son propre corps.  Anaël Pigeat

  • "__Les Palais des monstres désirables" d'Hervé Guibert  - jusqu'au 20 Octobre 2018 - Les douches la galerie, Paris
55 min

Un roman : "La Femme à part" de Vivian Gornick 

La Femme à Part - Vivian Gornick
La Femme à Part - Vivian Gornick
- Rivages

Après Attachement féroce, La femme à part est le second volet d’un récit autobiographique qui avance par notations, courtes scènes, réflexions, et offre à son lecteur la possibilité de s’interroger comme rarement sur l’essence même de nos existences. Avec la ville de New York comme miroir de sa propre vie, Gornick parle pourtant à chacun de nous. Prodige et mystère d’une très grande !

  • "La Femme à part" - Vivian Gornick (Rivages)
55 min

Un film : “Girl” le 1er long métrage de  Lukas Dhont qui a fait sensation au Festival de Cannes

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Lukas Dhont s’est inspiré d’une histoire vraie, celle d’une fille de 15 ans, née garçon, et qui rêvait de devenir danseuse étoile. Documenté et pudique, Girl suit le parcours de réassignation sexuelle de Lara, et interroge avec finesse la question du genre. Pour son premier long-métrage, le cinéaste flamand de 27 ans n’a pas volé sa Caméra d’Or

  • Girl”, de  Lukas Dhont  Sortie 10/10 Caméra d'or
55 min