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Circuits courts : la lente évolution des producteurs

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En 2014, une famille vient faire ses courses directement à la ferme
En 2014, une famille vient faire ses courses directement à la ferme
© AFP - Humbert / BSIP

A voir. Les Etats généraux de l'alimentation débutent ce 20 juillet. Ouvrant des perspectives économiques, sociales, de plaisir alimentaire, la question du circuit court entre le producteur et le consommateur se pose ardemment. Découvrez l'évolution de cette pratique en graphiques et en reportage.

Les Etats généraux de l'alimentation débutent ce 20 juillet à Bercy : plusieurs mois d'échanges pour recréer de la valeur autour des produits agricoles. Mais aussi, pourquoi pas, repenser les circuits traditionnels de distribution et répondre aux attentes de consommateurs en termes de qualité, de traçabilité, et de santé, par exemple par le développement des circuits courts. Ce mode de commercialisation comprend au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur, dans un rayon moyen de 70 km. Cette alimentation de proximité ouvre des perspectives économiques, sociales, environnementales, mais aussi de pur plaisir gustatif pour le consommateur. Décelant en eux "un réel potentiel en matière de consommation durable" l 'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'ADEME, promulguait fin juin un avis positif concernant le développement des circuits courts. Découvrez l'évolution de cette pratique en graphiques, depuis la fin des années 1970, puis en reportage, auprès d'un producteur membre d'une Amap.

Les exploitations en vente directe ou circuit court depuis 1979
Les exploitations en vente directe ou circuit court depuis 1979
© Radio France - Camille Renard

L’effectif des exploitations en vente directe ou en circuits courts de proximité n’a cessé de décroître, passant de 400 000 en 1979 à 107 000 en 2010. Cela s’explique par la diminution générale des exploitations. Néanmoins la tendance est globalement en hausse concernant la part d'exploitations de proximité parmi l'ensemble des exploitations agricoles, qui passe de 19 à 21 % entre 1979 et 2010.

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1h 00

De fortes disparités régionales

Parmi les 21% d'exploitations qui produisent en circuit court, dénombrées lors du dernier recensement agricole de 2010, les disparités régionales sont importantes. Comme le soulignait un rapport parlementaire concernant la relocalisation des filières agricoles et alimentaires présenté par la députée Brigitte Allain (EELV) :

  • Deux tiers des exploitants de proximité sont situés en Corse.
  • Un tiers est situé en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
  • Les circuits courts sont globalement plus développés dans le Sud-Est, dans le Nord et en Alsace.
  • En Ile-de-France, profitant d’un bassin de consommation important, près de deux tiers des exploitations produisant des légumes – et quasiment autant pour ceux produisant des fruits – vendent en circuits courts.
  • En Bretagne, plus souvent organisés en filières, les agriculteurs empruntent davantage les circuits longs : les producteurs de légumes ne sont que 18 % à distribuer leur production en circuits courts

Les légumes et le miel représentent la moitié des produits issus des exploitations en circuits courts

La répartition des produits concernés par le circuit court
La répartition des produits concernés par le circuit court
© Radio France - Camille Renard

La commercialisation en circuits courts concerne davantage certains types de production :

  • Environ la moitié des producteurs de miel et de légumes vend en partie en circuits courts.
  • Un quart des producteurs de fruits et de vin.
  • La part en viande est minime car les produits animaux sont plus contraignants en termes de transformation et de conservation.

Qui sont les "locavores"

Entre 6 et 7% des achats alimentaires est effectué via des circuits courts, selon le Conseil économique Social environnemental Pays de la Loire. Une étude sondagière d'Ipsos réalisée en 2013 au sujet des "pratiques collaboratives", recensait quant à elle 6% de Français consommateurs auprès d'AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), et 38% de "locavores", ces personnes intéressées par les circuits courts. Les points de vente augmentent ; une étude du ministère de l'agriculture citée par l'Ademe dénombrait pour 2014 :

  • 600 à 1 200 marchés de producteurs,
  • 1 600 AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne),
  • 650 ruches,
  • 250 magasins de producteurs.

Sans compter les ventes à la ferme, qui constituent le plus court circuit de commercialisation, les plateformes de vente numériques, ou les grandes surfaces, qui développent elles aussi, à la demande des consommateurs, certains produits locaux, en partenariat avec les producteurs. Tous ces chiffres illustrent la grande diversité des pratiques de consommation de produits d'alimentation de proximité.

Les AMAP, en plein essor

Le principe de ces "associations pour le maintien d'une agriculture paysanne" (Amap) est simple : on paye toutes les semaines un prix fixe pour un panier de légumes et fruits de saison, produits dans une exploitation locale, en bio. L’association permet d’assurer un revenu régulier à l'agriculteur. Anne-Laure Chouin est allée rencontrer un maraîcher de l'Essonne, qui travaille dans une petite commune, Pussay, pour quatre Amap locales. Florent Sebban, qui est aussi co-président du réseau des AMAP d'Ile-de-France, exprime tout l'enjeu que représente pour lui cette forme de consommation alternative (2 minutes) :

En Amap, on ne vient pas acheter un panier, on fait partie de l'expérience d'une ferme. On est partie prenante d'un système agricole.

Reportage : l'alimentation de proximité

2 min

58 min

Si le bilan environnemental de l'alimentaire de proximité est relativisé par l'ADEME : plus de proximité ne signifie pas nécessairement moins d'émissions de gaz à effets de serre quand les transports, la logistique ou la consommation sont inadaptés, la note de l'agence démontre cependant les bénéfices en termes de "valeur" accordée aux produits en circuits courts, soit des avantages économiques et sociaux à la fois pour les producteurs et pour les consommateurs.