Pourquoi tout le monde aime les Simpson
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Comment expliquer le succès des Simpson

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Alors que la plateforme Disney+ diffuse la 31e saison des Simpson, coup de projecteur sur la famille américaine la plus célèbre au monde.

C’est la famille américaine la plus connue au monde. Ils sont jaunes, vivent à Springfield et ne vieillissent pas… Toujours là après 32 saisons, voici les raisons du succès des Simpson. 

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Univers underground

Ces cinq personnages animés sont nés de la main de Matt Groening, un dessinateur de cartoons. En 1985, la Fox l’approche pour adapter sa BD Life in Hell en sketchs. La BD raconte l’histoire de deux lapins colocataires bisexuels et drogués. Il se doute que la chaîne Fox va édulcorer son histoire alors il dessine autre chose. Il griffonne la famille Simpson quelques minutes à peine avant le rendez-vous. 

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3 min

Il leur donne les noms de sa propre famille excepté Bart qui est l’anagramme de “brat”, une expression signifiant “sale gosse”. 

Matt Groening les dessine jaunes pour attirer le regard et parce qu’il ne voulait pas de démarcation entre la peau et les cheveux. Le jaune devenant alors l’équivalent du blond.      

“Matt Groening fait partie d’un mouvement de la bande dessinée qui à l’époque se qualifiait de BD underground. À la fois par le style et par le mode de publication, ils étaient auto-édités ou chez de tout petits éditeurs, ils n’étaient pas chez des géants de l’édition comme Marvel ou DC Comics. Et dans le style c’était un dessin qu’on pourrait qualifier, à première vue, de 'moche'. La première version des Simpson, les fameuses petites pastilles dans le 'Tracey Ullman Show', c’était presque gribouillé et tout ça allait de pair avec l’état d’esprit de Matt Groening qui définissait son style comme un style punk”, résume Romain Nigita, journaliste spécialisé dans les séries et co-auteur de Serie’s Anatomy publié chez Fantask.   

Antithèse du rêve américain

Au départ, les pastilles dépeignent simplement le quotidien de la famille. En 1989, les producteurs, séduits par les sketchs, en font un show à part entière. Matt Groening décide de donner une autre dimension à sa série. Il développe la personnalité des Simpson pour qu’ils deviennent l’antithèse du rêve américain.    

“Les Simpson ce n’est pas du tout un monde parallèle, c’est notre monde à nous vu avec énormément d’humour. C’est l’American way of life, la vie d’une famille tout à fait ordinaire. Ce n’est absolument pas la famille modèle. Là on a le père qui boit un peu trop, le gamin qui se fait punir à l’école, la femme au foyer qui aimerait bien être autre chose qu’une simple mère au foyer”, poursuit Romain Nigita. 

Un pari osé à une époque où les séries animées sont vues comme enfantines. Comédie satirique, les Simpson se moque des puissants, de notre rapport au travail, à l’argent, à la famille.

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Tout est satirique mais les personnages ne sont ni cyniques ni vulgaires, ce qui les rend attachants.   

Pourtant, les débuts sont compliqués, le public américain peine à comprendre le second degré. Puis, peu à peu, ils apprennent à se moquer d’eux-mêmes. Jusqu’à être 20 millions chaque samedi soir devant la télévision au début des années 1990.

En France, le succès est quasi immédiat, en grande partie grâce aux doubleurs. 

Les saisons se succèdent et des centaines de personnalités y font leur apparition. Si aucun des Simpson ne vieillit, le monde autour, lui, continu de tourner.       

“C’est très difficile de faire des blagues sur des sujets d’actualité parce que les conséquences peuvent être assez graves parfois. Avec les Simpson on essaye de trouver des moyens détournés, un peu en ricochet. Il y a des sujets pas si facile à aborder : l’avortement, le cancer par exemple. Pour ce qui est de la religion on a toujours essayé d’en parler, de critiquer d’une façon détournée sans aucune conséquence jusqu’alors. J’aimerais être politiquement incorrect mais je voudrais éviter une fatwa, je laisse ça aux autres, aux dessins animés South Park, moi je veux rien avoir à faire avec ça”, Matt Groening à France 3 en juin 2010.   

Les Simpson sont aussi célèbres pour prédire l’avenir : l’élection de Donald Trump, le développement d’Apple, la fin de Game of Thrones. Mais ces dernières années, la série se lisse et ose de moins en moins. 

Perte de vitesse 

Un fossé se creuse avec celles davantage politiques et irrévérencieuses comme South Park, American Dad ou BoJack Horseman.   

Elle prend aussi du retard sur les changements de mentalité à Hollywood. Le personnage d’Apu, l’épicier Indien de Springfield a été critiqué. Doublé par un acteur caucasien imitant l’accent indien, les téléspectateurs ont sommé Matt Groening d’y remédier.     

“Je ne pense pas qu’on regarde les Simpson aujourd’hui en se disant : tiens on va voir une satire de la télé américaine, un truc sans concession qui va faire qu’on va réfléchir sur ce qu’il se passe outre-Atlantique comme on peut le faire encore aujourd’hui avec South Park. J’ai l’impression que les Simpson maintenant c’est devenu ce qu’on pourrait appeler une valeur refuge, c’est une série confort. C’est une série dont on sait qu’elle est là, on sait que si on veut la regarder, passer 20 minutes très sympathiques, on l’aura toujours en un clic de télécommande ou sur une plateforme. On sait qu’on ne sera pas déçu, qu’on retrouvera tout ce qu’on aime mais je ne pense pas qu’on sera surpris”, conclut Romain Nigita

Aujourd’hui, aux États-Unis, ils ne sont plus que 2 millions à suivre chaque semaine les nouvelles aventures de la famille Simpson. 

Mais partout sur la planète, des fans commencent un marathon des 32 saisons des Simpson… Ce qui, évidemment, ne donne pas envie aux producteurs de signer la fin d’Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie.