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Comment gouverner autrement grâce au numérique ?

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Capture d'écran du logo du Partenariat pour un gouvernement ouvert, ou "OGP", Open Government Partnership
Capture d'écran du logo du Partenariat pour un gouvernement ouvert, ou "OGP", Open Government Partnership

Une autre gouvernance grâce aux nouvelles technologies ? La question est au coeur du 4e sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, à partir de ce mercredi à Paris. Des représentants de 70 États vont échanger avec une société civile toujours plus connectée et en attente de démocratie.

Tout a commencé fin 2010 par un discours de Barack Obama à la tribune des Nations unies. Le président américain encourage le monde à la transparence, à l’ouverture des données publiques et à la lutte contre la corruption grâce au numérique. Écoutez le récit passionnant d'un des co fondateurs de l'OGP, Martin Tisné, aujourd'hui conseiller en investissements de Omidyar Network (fondation philanthropique créée par le fondateur de E Bay) :

Comment est né le Partenariat pour un gouvernement ouvert

7 min

Très vite, huit pays, dont les États-Unis, le Brésil, l'Afrique du sud, la Norvège et le Royaume Uni, lancent un partenariat international porté par Hillary Clinton, qui encourage aussi le développement durable et l’écologie. Vidéo de 2014 :

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La société civile est pleinement impliquée car ce que l’on surnomme en anglais OGP bénéficie d'une gouvernance collégiale entre représentants des États ET de la société civile.

Ces citoyens devenus si imprévisibles dans les urnes veillent ainsi aux plans d'actions nationaux (PAN) censés faire avancer très concrètement chaque pays dans ces questions démocratiques clés. Depuis 2011, 2 500 engagements ont été pris dans plus de 110 plans d’action, selon l'OGP, dont le siège officiel est à Washington. Dans un contexte global d'urgence démocratique, de dérives autoritaires ou de terrorisme, la participation citoyenne est déterminante. Et des groupes de travail sont consacrés à l'ouverture des données, juridiques par exemple, à l'accès à l'information mais aussi à la transparence fiscale.

Le financement de ce Partenariat international repose sur des contributions des pays membres, mais aussi sur les apports de fondations privées : Ford Foundation, Hewlett Foundation, et Omidyar Network.

A écouter : Les démocraties après Snowden : l’exigence de la transparence 4/4 - Open data, participation: vers une administration ouverte

Aujourd'hui, 70 pays sont engagés dans cette dynamique, dont la France, qui depuis la rentrée en assure la présidence. Écoutez Jean-Vincent Placé, interrogé par Bénédicte Robin :

Les explications de Jean-Vincent Placé, co-président pour la France du Partenariat pour un Gouvernement ouvert

4 min

Au Palais d'Iéna, l'un des principaux lieux de ce sommet de Paris
Au Palais d'Iéna, l'un des principaux lieux de ce sommet de Paris
© Radio France - Eric Chaverou

Mais certains observateurs critiquent la participation de pays peu démocrates... Et attention aussi au "côté obscur" du gouvernement ouvert, avertit Lancelot Pecquet, consultant et fondateur de République citoyenne. Et cet expert en ouverture des données d'évoquer le déplacement d'enjeux démocratiques dans l’espace numérique, où certaines influences d’extrémistes ou de lobbyistes économiques peuvent prendre le pouvoir et manipuler des masses. Des maîtres du # et du buzz, extrêmement bien formés à la désinformation et à la propagande, et qui savent parler davantage aux émotions plus qu’à l’esprit. Sans oublier des enjeux de cyberdéfense et de cyber souveraineté, là où un petit État fragile dans sa structure numérique pourrait être tenté d'ouvrir ses données via une ou des sociétés privées étrangères pas forcément bien intentionnées ou sujettes à un grave piratage informatique.

Les Etats membres du Partenariat pour un gouvernement ouvert
Les Etats membres du Partenariat pour un gouvernement ouvert
- OGP

La dynamique de l'OGP a été bousculée par les révélations d'Edward Snowden en 2013 sur la surveillance de l'Internet par les services d'espionnage américains et de quelques pays alliés. Les commissaires à l'information de 35 pays avaient alors déclaré que "en principe, même les services de renseignement ne peuvent pas refuser au public le droit à la transparence". On peut aussi douter de la pérennité d'un élan souvent lié à un gouvernant, quand il n'y voit pas que de la communication politique. Pour Martin Tisné, la meilleure des garanties est donc de fixer ces évolutions dans des textes de loi. Plein d’espoirs, il précise qu’en 1994 il existait 14 lois dans le monde sur les droits d’accès à l’information publique, contre 113 aujourd'hui.

A lire : Un monde sous surveillance : Edward Snowden en 7 émissions

Offensive française

Paris souhaite profiter de ce sommet pour prendre la main face aux anglo saxons, alors que Donald Trump vient d’être élu, et pour convaincre une dizaine d’États supplémentaires de rejoindre le mouvement, en particulier des pays francophones et d'Afrique. Alors que l’Allemagne devrait annoncer son adhésion. Eclairage dans cette vidéo de Laure Lucchesi, la directrice d'Etalab, et de Pauline Carmona, secrétaire générale pour le sommet :

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A lire et écouter : Données publiques : si ouvertes que ça ?

Paris souhaite aussi passer à des plans d'actions plus rapides (deux ans actuellement) et proposer directement à des outils. Une boîte à outils numériques ouverte à tous devrait ainsi être disponible ce vendredi, alors que quinze grandes villes considérées comme pionnières rejoindront officiellement l'OGP. La plateforme collaborative de la mairie de Paris devrait faire partie de cette "toolbox".

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Enfin, selon l'hôtel de Ville de la capitale, tous les financements sont ici publics et pas question de laisser des géants du web subventionner le sommet.

Espace d'échanges pour la boîte à outils numériques du sommet de l'#OGP16, palais d'Iéna
Espace d'échanges pour la boîte à outils numériques du sommet de l'#OGP16, palais d'Iéna
© Radio France - Eric Chaverou

Au programme d'ici vendredi soir, avant une déclaration politique conjointe États / société civile : des débats, des ateliers, une nuit de la démocratie ou encore un hackathon à l’Élysée. Malheureusement, presque tous ces événements affichent complets. Et onze associations et collectifs français ont d’ores et déjà fustigé la conception française du gouvernement ouvert, évoquant notamment le mégafichier T.E.S. Certains comme La Quadrature du net ou SavoirsCom1 boycottent même l'événement. Précisions de Catherine Petillon :

Les contradictions du gouvernement français pointées par 11 associations et collectifs

1 min

Lire : Onze collectifs et associations critiquent le gouvernement ouvert à la française