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Comment la jeunesse pense le monde d'aujourd'hui ? Les résultats de l'enquête "Et maintenant ?"

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Et maintenant ?  Jeunesses : l’esprit du temps.
Et maintenant ? Jeunesses : l’esprit du temps.
© Radio France

Initié par France Culture et Arte, le questionnaire "Et maintenant ?" 2021 visait à capter l'esprit du temps. Éducation, science, vie démocratique, amour… Des tendances et des clivages générationnels se font jour. Mais également tout un corpus d'idées nouvelles pour changer la société actuelle.

"Je me passe plus facilement de sexe ou de smartphone ?" Vous ne vous êtes peut-être jamais posé la question, mais si vous avez répondu au questionnaire "Et Maintenant ?" mis en ligne le 12 octobre 2021, vous y avez certainement réfléchi. Issu d'une grande enquête menée par Monique Dagnaud, directrice de recherche émérite au CNRS, et Justine Dupuis, démographe et statisticienne, dans le cadre du festival des idées Et Maintenant ? de France Culture et Arte, ce sondage de 130 entrées avait pour ambition de mieux comprendre l'esprit du temps à travers les générations Y (ou "millennials", c'est-à-dire les 25-39 ans) et Z (les 18-24 ans) - même s'il ne leur était pas réservé ! 

Santé et science, psychologie et pandémie, modèle éducatif et vision de la vie démocratique… La palette des thématiques abordées était large. "Ces questions sont une manière d’entrer dans le monde de la jeunesse qui est inhabituelle par rapport à ce que font généralement les sociologues", expliquait Monique Dagnaud dans " les Matins de France Culture", précisant que c'est avant tout une population jeune, diplômée, urbaine et féminine qui s'est prêté au jeu de questions-réponses. "Ça ne représente donc pas toute la jeunesse, mais c'est une jeunesse qui, souvent, est en avance dans les transformations et les mouvements culturels, ajoute la chercheuse. Plutôt innovatrice, elle diffuse sa vision du monde sur le reste de la société et impulse des évolutions culturelles."

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En sept semaines, ce sont ainsi plus de 50 000 personnes qui se sont confiées sur la manière dont elles vivent le monde actuel et la société qu'elles souhaitent construire et léguer. Si l'écologie confirme sa place de choix dans les sujets de préoccupation de la jeunesse, d'autres données vont à l'encontre des idées reçues : les générations Z et Y semblent par exemple plus convaincues que "c’était mieux avant" que les boomers. Avec l'envie que ce soit mieux après ? En cinq grands thèmes - l'éducation, le travail, la démocratie, l'intimité et la science -, voici les principaux résultats et enseignements de cette enquête.

48 min

1. Climat psychologique : le spleen post-Covid a davantage touché les jeunes

Questionnaire "Et maintenant"  : la crise du Covid.
Questionnaire "Et maintenant" : la crise du Covid.
© Radio France

Confinement, télétravail, solitude et réévaluation de ses projets personnels ou professionnels… L'enquête "Et maintenant ?", conduite de mi-octobre à mi-novembre 2021, a fait l'inventaire des bouleversements provoqués par la crise du Covid-19 dans nos vies quotidiennes. 

Il en ressort que les nouvelles générations, en particulier la génération Z, vivent cette épreuve avec plus de difficulté que leurs aînés. A la question "Qu'est-ce que la crise vous a fait changer ?", 45 % des plus de 55 ans répondent "rien du tout", contre 32 % des 25-39 ans et 27 % des 18-24 ans. Ces derniers évoquent davantage une évolution des liens avec l'entourage et, à l'âge des grandes décisions quant à son avenir, à avoir changé de choix d'études. Leurs aînés de la génération Y ont connu des bouleversements similaires : 32 % affirment avoir abandonné leurs projets professionnels, 24 % leur cadre de vie. 

Quant aux impacts psychologiques de ces transformations (ou renoncements), ils sont également plus importants chez les 18-24 ans. 57 % d’entre eux ont connu des problèmes de déprime et d’anxiété, 45 % de solitude, 42 % de fatigue et de sommeil et 25 % d’alimentation... Les chiffres de la génération Y n’en sont pas tellement éloignés : 45 % d'entre eux disent avoir été déprimés et anxieux, 29 % s'être sentis seuls et 30 % avoir eu des problèmes de sommeil. Le questionnaire confirme ainsi les inquiétudes concernant les effets psychologiques du Covid-19 exprimées par les professionnels de santé lors du confinement et alors que les étudiants devaient, pour la plupart, suivre des cours à distance. En juin 2020, une étude de l’OCDE indiquait d'ailleurs que la santé mentale était devenue la préoccupation principale des 15-25 ans (pour 55% d’entre eux), devant la question de l’emploi et celle de l’éducation. 

En parallèle, les baby-boomers (55 ans et +) offrent presque un visage serein : 54 % disent n'avoir eu aucun problème pendant cette période. Comment l'expliquer ? "Dans une autre enquête, indique Monique Dagnaud sur France Culture, on a remarqué que les personnes âgées étaient énormément sorties de chez elles pendant cette période, alors que les jeunes sont restés chez eux. D'abord parce que, plus adaptés à la communication numérique, ils pensaient pouvoir tout faire de chez eux. Mais aussi, je pense, par un sens de la protection vis-à-vis des plus âgés. Cela explique peut-être que les personnes plus âgées ont été moins éprouvées par la crise du Covid." Dans l'évolution à marche forcée de la sociabilité à distance et l'enseignement en ligne, de nombreux jeunes, même adeptes de culture numérique, n'y ont pas trouvé un rempart contre le sentiment d'isolement et ses conséquences. 

28 min

2. Amour, sexe et vie en solo : l'amour ne fait pas le bonheur, mais y contribue

Questionnaire "Et maintenant ?" : relations amoureuses.
Questionnaire "Et maintenant ?" : relations amoureuses.
© Radio France

L'amour rend heureux, mais pas besoin d'être amoureux pour être épanoui dans sa vie : tel semble être le credo des jeunes enquêtés. Depuis quelques années, se sont immiscées au cœur de nos relations intimes contemporaines certaines problématiques sociétales, comme les relations hommes/femmes et les rapports de domination. Dans leur compte-rendu de l'enquête, Monique Dagnaud et Justine Dupuis citent ce constat de la sociologue Eva Illouz : "l’amour semble aujourd’hui marqué par la liberté de ne pas choisir et de se désengager". Défiance ou prudence, volonté d'autonomie ou goût de la solitude, l'amour (et le couple) est mis balance entre le bonheur qu'il peut apporter et l'engagement qu'il requiert. 

Ainsi, pour 74 % des femmes de 25-39 ans, la relation amoureuse n’est pas indispensable pour être heureuse, contre 63 % des hommes du même âge. Le couple reste cependant synonyme de bonheur pour 37 % des femmes de 25-39 ans et pour 41 % des hommes de la même tranche d'âge. Et c'est encore plus vrai pour les 18-24 ans, jeunes romantiques. Mais avec l'âge, l'enthousiasme décroît ! Pour les plus de 55 ans, c'est plutôt la notion d'engagement qui résonne avec le couple. Lassitude ? Cynisme ? Les enquêtrices proposent de voir le positif : pour aucune classe d’âge le couple n’est un cauchemar - même pour les plus âgés, qui ne sont que 10 % à penser que le couple est une illusion.

56 % des femmes de 25-39 ans estiment qu’enfanter est "un cas de conscience".

Au sujet des relations intimes des nouvelles générations, deux autres données se démarquent. La première : la remise en cause de la procréation dans le contexte du dérèglement climatique. Pour une partie de la jeune génération, décider de faire venir au monde un enfant, c'est aussi une position éthique : 56 % des femmes de 25-39 ans estiment qu’enfanter est "un cas de conscience", tout comme 50 % des hommes de la même tranche d’âge. Le second a trait à la sexualité, domaine désacralisé auquel d'autres activités, elles aussi productrices de dopamine, viennent faire concurrence. Ainsi une majorité des 18-24 ans et des 25-39 ans déclarent se passer plus facilement de sexe que de smartphone. D’autre part, la vie sexuelle est présentée assez souvent comme une contrainte. Plus de femmes que d'hommes déclarent "se forcer parfois ou souvent à faire l’amour" : 40 % des femmes âgées de 18-24 ans et 49 % des femmes de 25-39 ans. Une dissymétrie étayée depuis longtemps par les études sur la sexualité. Par ailleurs, près de 20 % des 18-24 ans disent ne pas avoir de vie sexuelle, "ce qui est assez conforme aux données habituelles sur ce sujet, et qui contredit l’affirmation hâtive d’une précocité sexuelle généralisée", indiquent les autrices de l'enquête. 

À réécouter : Les relations amoureuses
16 min

3. A l'école : des jeunes plutôt fans des profs, moins de l'Education nationale

Questionnaire "Et maintenant ?" : les enseignants.
Questionnaire "Et maintenant ?" : les enseignants.
© Radio France

S'il arrive après l'environnement, le système éducatif est l'une des préoccupations principales de la génération Y. Et contrairement à ce qu'on pourrait être enclin à penser, les enseignants bénéficient d'un regard favorable de la part de leurs élèves ou anciens élèves. 71 % des 18-24 ans affirment que les profs les ont soutenus plutôt que cassés (7 %) ou ignorés (22 %). On observe la même tendance chez les 25-39 ans. Par ailleurs, les baby-boomers associent davantage leur scolarité au plaisir d'apprendre (50 %) que les plus jeunes générations, plutôt marquées par des "professeurs extraordinaires" (64 %). "Peut-être est-ce dû à un problème de mémoire, envisagent les chercheuses à la lecture des résultats. Ou plus globalement au changement d’époque qui dans les années 2000 a intensifié la fascination pour les stars"...

Mais au-delà des professeurs charismatiques, c'est la peur de faillir qui s'exprime chez les jeunes générations au sujet de l'école. L'angoisse de l'échec scolaire est de plus en plus importante chez les jeunes générations : 44 % des étudiants de la génération Z et 33 % de la génération Y la ressentent, contre seulement 16 % des écoliers de la génération des années 1970.

70 % des répondants estiment que l'Éducation nationale ne récompense pas le mérite.

Mais paradoxalement, les enquêtés, majoritairement bons élèves et diplômés (89 % des répondants ont fait des études supérieures), estiment que l'école ne récompense pas assez le mérite. "Ce sont des gens qui ont bénéficié du système scolaire, qui ont été heureux et ont bien réussi. Pourtant, ils portent un regard extrêmement critique sur l'école comme institution", observe Monique Dagnaud dans l'émission "Etre et savoir". Comment expliquer, alors, que des personnes considérées comme "méritantes" au sein du système éducatif actuel jugent que celui-ci ne reconnaît pas assez le mérite ? Là encore, on peut trouver dans l'actualité une explication. Selon Monique Dagnaud, la vision du fondement du mérite a récemment évolué :

"La crise du Covid-19 semble avoir mis en lumière que nos sociétés reposent sur des millions de personnes qui n'ont pas des boulots très gratifiants. Je pense que c'est la raison pour laquelle ces élèves méritants du système scolaire disent que l'école ne reconnaît pas le mérite. Elle reconnaît le mérite scolaire selon les critères d'évaluation que sont les notes, l'acquisition de connaissances... Mais la question du mérite comme quelque chose de beaucoup plus général surgit dans le débat public." Monique Dagnaud

58 min

Jusqu'alors, les débats sur la notion de mérite tournaient principalement autour des déterminismes sociaux qui favorisent la réussite dans le cadre des attentes de l'école, les inégalités des dispositions personnelles et familiales des élèves pour les satisfaire, ainsi que la concentration des pouvoirs aux "gagnants" du système éducatif, les hauts diplômés. Dans le sillage des travaux du philosophe John Rawls sur les fondements moraux du principe de justice, Michael Sandel posait dans La Tyrannie du mérite (Albin Michel, 2021) la question suivante : le mérite peut-il être le fondement de la justice sociale ? 

Avec la crise du Covid, notent les enquêtrices dans leur rapport sociologique du questionnaire "Et maintenant ?", cette question a pris un tour nouveau : "Les avantages sociaux conférés aux dirigeants et cadres, la plupart hauts diplômés, comparés à ceux des travailleurs qui ont fait fonctionner l’économie pendant la pandémie, parfois au péril de leur vie, sont plus que jamais aujourd’hui sur la sellette. L’invite à plus de modestie de la part des élites est devenue un discours récurrent." Bercées par la fable méritocratique, les jeunes générations semblent prêtes à réévaluer politiquement la hiérarchie de l'estime, appelant à la reconnaissance du travail de tous, et notamment celui des travailleurs non diplômés.

33 min

4. Science et technique : des avis divergents selon les genres

Questionnaire "Et maintenant ?" : rapport à la science.
Questionnaire "Et maintenant ?" : rapport à la science.
© Radio France

C'était l'un des sujets sur lequel on attendait peut-être le plus d'évolution. Dans une période où la plupart d'entre nous ont été davantage exposés à des informations scientifiques, notre rapport à la science a-t-il changé ? Il ressort de ce questionnaire que les progrès de la science passionnent moyennement les femmes (32 %), contrairement aux hommes (57 %). Elles ont cependant majoritairement confiance en la recherche scientifique ; pour 46 % des enquêtées, celle-ci est même "essentielle au progrès humain". 

Cette bonne image qu'ont les femmes de la science, indiquent les chercheuses, ne les empêche de s'intéresser à des domaines réputés moins rationnels, comme la croyance dans l'influence psychologique des cycles lunaires (30 %). Elles sont par ailleurs plus nombreuses, et ce, quel que soit leur âge, à questionner l'avis de leur médecin. Une attitude qui, là encore, ne relève pas d'un discrédit de la science, mais d'expériences plus mauvaises que celles des hommes en matière de soin : 32 % d’entre elles affirment avoir subi une maltraitance médicale, contre 11 % des hommes.

D'après Monique Dagnaud, ces données révèlent une certaine réserve des femmes par rapport au "modèle californien" de la société_,_ soit "un monde remodelé par la science et la technologie, où l'individu est transformé grâce aux innovations technologiques." Cette position, estime la sociologue, pourrait aussi expliquer leur "fort engagement écologique".

5. Politique : le temps de la révolte ? 

Questionnaire "Et maintenant ?" : la politique.
Questionnaire "Et maintenant ?" : la politique.
© Radio France

En matière d'intérêt pour la vie politique et démocratique, deux tendances, bien étudiées par les sciences sociales, s'expriment depuis quelques années. D'une part l'abstentionnisme des classes populaires aux élections électorales, qu'accompagne le sentiment d'être mal ou de n'être pas du tout représenté par les dirigeants politiques. Ce désintérêt touche davantage les jeunes, en particulier ceux qu'on appelle les primo-votants. Les sensibilités politiques, d'autre part, ont changé. Alors que dans les années 1950-1960 le vote à gauche était plutôt l'apanage d'électeurs ayant de faibles revenus et peu diplômés, il s'exprime désormais davantage chez les cadres diplômés - les personnes aux revenus très élevés continuant, quant à elle, de voter à droite.

Ces phénomènes décrits par la sociologie électorale se lisent aussi dans les résultats de l'enquête, avec néanmoins quelques nuances. L'intérêt pour la politique croît effectivement selon les tranches d’âge : 48 % pour les 18-24 ans, 47 % pour les 25-39 ans, 56 % pour les 40-54 ans, et 64 % pour les plus de 55 ans - et il est plus important chez les hommes que les femmes de seulement 3 points (mais s'ils sont plus nombreux à se dire passionnés par la politique, 12 % des hommes affirment ne pas aller voter, contre seulement 8 % des femmes). 

Plus que du désintérêt, c'est un véritable dégoût de la politique qui s'exprime chez les jeunes générations. Il culmine chez les 25-39 ans, bien plus "dégoûtés" que leurs petites sœurs et petits frères qui, pour la moitié d'entre eux, se disent intéressés par la politique. Ce rejet de la politique est d'ailleurs le motif principal des abstentionnistes de la génération Y, devant la "flemme" ou l'absence de candidat satisfaisant.

Quant à la sensibilité politique des plus jeunes qui ont répondu à cette enquête France Culture/Arte, on remarque un tropisme vers la gauche ou l'écologie, en particulier chez les femmes. Ce sont les bac +5 qui se marquent le plus à gauche (25 %), le plus au centre (23 %), du côté des écologistes (10 %). En contrepoint, les personnes ayant le niveau bac ou moins, présentent une distribution politique différente : 16 % se disent à gauche, 15 % au centre et 19 % à droite. 

Questionnaire "Et maintenant ?" : mouvement de révolte.
Questionnaire "Et maintenant ?" : mouvement de révolte.
© Radio France

En dehors des partis et au-delà des sensibilités, l'engagement politique reste une valeur importante. Les enjeux qui préoccupent le plus les répondants sont l'environnement et le système éducatif, dans cet ordre. Les 25-39 ans apparaissent comme les plus soucieux de l'environnement (76 %). Ce sont aussi eux qui, majoritairement, considèrent que "le capitalisme est incompatible avec l’écologie" (81%). Et à quelques nuances près, les enquêtés sont nombreux à se dire prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur (63 % des femmes et 61 % des hommes). Pour autant, une majorité estime que la violence est contre-productive (47 %) ou inacceptable (24 %).

26 min

Prêts à changer le monde, qu'on soit réaliste ou idéaliste

A l'issue de cette enquête dirigée par Monique Dagnaud et Justine Dupuis, certains clivages générationnels se font jour, sur des points d'opinion spécifiques. Concernant la Gestation pour autrui (GPA) par exemple, 56 % des 18-24 ans contre 38 % des 55 ans et plus y sont favorables. Sur la liberté d'expression, encore, contrairement aux répondants plus âgés, les générations Z les Y sont majoritairement en désaccord avec l’idée que "ma liberté, c’est de dire ce que je veux, où je veux". Dans la même optique, 46 % des 18-24 ans, et 43 % des 24-39 estiment que l'on n’est pas égaux quand il s’agit de s’exprimer publiquement.

Mais il ressort également de cette enquête une assez grande unanimité entre classes d’âge au sujet de la valorisation des instruments juridiques de la démocratie (vote, droit de grève et de manifestation…), notamment dans le cadre de la gestion des menaces climatiques ou la défense des droits humains. Si les jeunes s'expriment donc davantage sur ces sujets (crise écologique, lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes...), ils ne sont pas les seuls à en partager les constats. D'ailleurs, si plus de 75% des répondants pensent qu’il faut se préparer "au pire du pire", près de 70% suggèrent la nécessité "de s’arrêter et de réfléchir". Comment faire ? 44% choisissent d'aller "dans la bibliothèque pour trouver des idées" ; 31% "dans l’atelier pour bricoler une solution", mais bien peu, 5% seulement, veulent "continuer comme avant". Qu'ils se disent réalistes (57 %) ou idéalistes (43 %), nombreux sont ceux qui veulent changer le monde…