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Comment préparer une émission « de rêve » au lycée

Par
cdi jacques decour
cdi jacques decour
- richeux

Coulisses. Les 21 et 22 mars prochains, Les Nouvelles Vagues s'installent dans le CDI du collège-lycée Jacques Decour à Paris, pour cinq émissions, dont deux en direct. Le choix des sujets et des invités se fait avec les élèves au cours d'ateliers préparatoires. Récit et images.

Premier atelier. Nous rencontrons un des groupes "classe médias" composé de lycéens, auxquels se joignent des collégiens qui fabriquent leur propre journal. A la question "qui écoute la radio et quoi ? ", les moues sont d'abord dubitatives, et s'égrènent ensuite quelques récits de trajets en voiture, des transistors chez des grand-mères, des rires et chansons, des flash infos du matin, mais de France Culture pas une nouvelle.

Nous expliquons notre installation future au CDI pour émettre depuis ici. Les yeux s’écarquillent lorsque l'on précise que ce qui sera dit dans un micro à cette table, pourra s'entendre quasi instantanément en France, sur la bande FM et dans le monde via le web. Ah quand même. La radio. Nous passons rapidement à l'élaboration de notre semaine et leur demandons d'associer au thème choisi - LE RÊVE - tout ce qui leur passe par la tête.

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Les collégiens, dont le plus jeune âge est criant, sont regroupés à notre droite. Ils lèvent très volontiers la main pour prendre la parole et échangent autour d'une première émission, où le rêve serait défini, ses répétitions comprises, la différence faite d'avec le cauchemar. Ce petit groupe raconte ses propres bons ou mauvais rêves devant les plus grands, incrédules et beaucoup plus pudiques. L'un d'entre eux finissant par raconter la "dégradation" d'un beau rêve vers un cauchemar sans que le dormeur y puisse quelque chose. Nous voilà déjà avec de quoi nourrir une épaisse première émission dont l'invité pressenti serait psychologue ou médecin. Les voir emprunter si spontanément les mêmes façons de faire, de réfléchir, que celles que nous déployons au bureau quotidiennement produit toujours un effet miroir réjouissant.

Lorsque l'on s'étonne que le rêve d'un autre monde ne soit pas formulé, l'un des élèves rétorque que pour son monde "c'est bon". Que ceux à qui il manque tant peuvent bien rêver s'ils le veulent, mais que pour lui, il n'y a pas sens à rêver d'autre chose.

"Non mais la question c'est surtout : à quoi bon rêver d'un monde meilleur ?" renchérissent deux voix de jeunes filles. "C'est vrai ! Ou bien on rêve ou bien on agit ! Mais si on veut un monde meilleur il faut pas rester à rêver" précise l'une d'entre elles. Ce à quoi répond un jeune homme qui avait jusque là passé beaucoup de temps dans les manches de son survêtement : "le rêve c'est parfois les prémices de l'action". Et de citer Luther King " I have a dream".
Nous en concluons, en refaisant du doigt le trajet du vif échange qui vient d'avoir lieu, qu'il y a là une émission bien riche et qu'il y serait nettement question de politique.

Pour finir, nous faisons se regrouper, par affinités, les uns les autres autour des sujets qui sont apparus, tandis qu'au tableau Velleda la série d'émissions a déjà bonne allure. Circulant de table en table, se fait jour pour nous la possibilité de transmettre une pratique. Nous nous surprenons à pouvoir mettre en mots, à la demande  des lycéens, un travail collectif qui a rarement l'occasion de se définir.

Rendez-vous est pris pour le deuxième atelier du 11 mars. Nous y préciserons ensemble le sujet de la cinquième émission, les invités de la série, et l'éventualité d'une rubrique consacrée aux propres récits des élèves.