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Confiance et inégalités sociales : comment faire société ?

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© Jacek Dylag / Unsplash
© Jacek Dylag / Unsplash

Depuis Adam Smith et Emile Durkheim, l’économie et la sociologie s’intéressent à la notion de confiance. L’idée de confiance institutionnelle tend à disparaître au profit d’une confiance interpersonnelle individualiste. Restaurer la confiance implique de renouer avec la notion de conscience sociale.

Les recherches en économie, en sociologie et en science politique montrent que la confiance est un principe fondateur des démocraties humaines. D’après le sociologue Harold Garfinkel, les attitudes de méfiance ont des impacts sur l’organisation des sociétés. La confiance doit permettre de rétablir la stabilité des liens entre les individus. C’est par la confiance dans les institutions politiques, économiques et sociales, qui constituent une forme de médiation, que peut s’établir la coopération sociale. Adam Smith le démontre dans Recherches sur la nature et la cause des richesses des nations (1776), les individus ont besoin d’interactions basées sur la confiance pour satisfaire leurs besoins individuels. 

Le sociologue Russell Hardin explique que l’être humain est entré naturellement dans un “âge de la défiance”. Les interactions se produisent avec des personnes dans lesquelles aucune confiance n’est posée. La société moderne a érigé des institutions qui n’engagent pas les individus dans des rapports de confiance interpersonnels. Avec la mondialisation et l’arrivée du progrès technique, la complexité sociale s’est renforcée, au même titre que la défiance. L’arrivée de l’économie de l’immatériel et des nouvelles technologies de l’information et de la communication ont renforcé l’incertitude sociale. Les contacts directs sont moins fréquents et les échanges ne s’établissent plus dans la continuité. 

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Il a été observé que parmi les facteurs caractérisant les sociétés en retard de développement économique figure le manque de confiance. Kenneth Arrow

La confiance est selon Kenneth Arrow une “institution invisible”, elle a une portée économique et politique importante. Ses finalités économique et politique en font un instrument d’agrégation des volontés individuelles. L’absence de cette conscience sociale peut entraîner des défaillances économiques et politiques. Au-delà de son impact sur les systèmes économique et politique, la confiance peut aussi faire l’objet d’une instrumentalisation par les réseaux de confiance et les collectivités qui peuvent s’en servir comme levier pour leurs actions. Les trusts économiques et les réseaux mafieux sont les premiers exemples de groupes qui peuvent s’affranchir de ces règles communes.

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Retrouvez sur notre webmagazine Balises le dossier : "L'économie, une science sociale"

Rencontre enregistrée en février 2022

Avec :  Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) et enseignant à Sciences Po Paris,   

Nadine Levratto, directrice de recherche au CNRS, directrice d’EconomiX, CNRS / Université Paris Nanterre,   

André Grimaldi, professeur émérite de diabétologie à l’Hôpital Universitaire Pitié-Salpêtrière,   

Catherine André, Journaliste, rédactrice en chef adjointe d’Alternatives Economiques et cofondatrice du site d’actualité en ligne Voxeuro