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Construire de nouveaux imaginaires inclusifs

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Détails de la revue Censored, numéro 00, novembre 2018 © Censored
Détails de la revue Censored, numéro 00, novembre 2018 © Censored

Les débats autour de la démasculination de la langue ont émergé à la fin du XXe siècle et se traduisent par des solutions grammaticales, la féminisation de mots, le double marquage de genre ou encore le point médian. D'où proviennent ces nouvelles pratiques d'écriture inclusive ?

La masculinisation de la langue française, a commencé à la fin du XVIIe siècle. Elle s’est opérée dans le cadre du vaste mouvement de réflexion sur la langue qui a donné naissance à l’Académie française, à qui fut confiée la mission de définir le "bon usage" de la langue, celui des puissants. Le domaine le plus marqué par la masculinisation est celui de la grammaire, depuis la règle formalisée en 1651 par Scipion Dupleix : "Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins".

La démasculinisation de la langue a commencé avec le lexique. Les débats se sont d’abord cristallisés, dans les années quatre-vingt, sur la "féminisation" des noms de métiers, qui est en fait la réhabilitation des féminins éconduits depuis le XVIIe siècle. Ils s’élargissent depuis quelques années à la rédaction non sexiste, puis à l’écriture inclusive, qui visent à donner une égale visibilité aux deux genres comme le font depuis longtemps les adresses "messieurs-dames" ou "mesdames et messieurs".

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La création de caractères typographiques dits "inclusifs" a commencé à être médiatisée lorsque Tristan Bartolini a reçu le Prix Art Humanité de la Croix-Rouge en 2020. C’est une pratique collective qui vient de mouvements «"féministe-queer-trans-pédé-bi-gouine" dans le but de dépasser la crispation qu’il y a eu sur le point médian, en trouvant de nouvelles formes permettant d’inclure des personnes qui ne se définissent ni comme hommes, ni comme femmes. 

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Une rencontre enregistrée en juin 2021.

Iris Schleinitz, membre de læ collectifve Cybersistas    

Enzo Le Garrec, membre de læ collectifve Cybersistas    

Kiyémis, auteure et poétesse, auteure de À nos humanités révoltées

Clémentine Labrosse, journaliste et cofondatrice de Censored, revue féministe et artistique. 

Retrouvez sur notre webmagazine Balises le dossier " Des typographies inclusives pour une écriture dégenrée".

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