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Coronavirus : le Louvre fermé, de nombreux événements culturels annulés

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Fait exceptionnel, Le Louvre était de nouveau fermé ce lundi pour raisons sanitaires. Les agents du musée le plus fréquenté au monde ont fait valoir leur droit de retrait en raison du coronavirus.
Fait exceptionnel, Le Louvre était de nouveau fermé ce lundi pour raisons sanitaires. Les agents du musée le plus fréquenté au monde ont fait valoir leur droit de retrait en raison du coronavirus.
© Maxppp - Christophe Petit Tesson / EPA / Newscom

le fil culture. COVID-19 oblige, le plus grand musée du monde est resté fermé ce lundi, le Salon du Livre n'aura pas lieu à la fin du mois et les programmes de dizaines de grandes salles de concerts risquent ou sont déjà bouleversés.

La décision tombe samedi dernier : suite au passage au stade 2 de la stratégie d’endiguement du coronavirus, le gouvernement annonce l'interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu confiné sur l'ensemble du territoire. Conséquence ce lundi : le personnel du Louvre a de nouveau fait valoir son droit de retrait. Le Salon du Livre qui devait se tenir dans trois semaines à Paris est annulé. Et les grandes salles de concerts annulent ou se préparent à annuler plusieurs grosses dates. Trois concerts de Maître Gims sont déjà reportés. Mais pas tous. Le Prodiss, le syndicat national du spectacle, réclame de la clarté.

Le Louvre fermé depuis deux jours

Ils étaient 300 ce matin en assemblée générale. Trois cents salariés du Louvre à se prononcer pour ou contre la réouverture de leur musée. Verdict : à l'unanimité, sauf une voix, ils ont voté contre et fait valoir leur droit de retrait pour la deuxième journée consécutive. C'est ce qu'annonce Christian Galani, veilleur de nuit au Louvre et membre du bureau national de la CGT-Culture. Le plus grand musée du monde "accueille en moyenne 40 000 visiteurs par jour mais c'est 80 000 en période d'hyperfréquentation" rappelle le syndicaliste qui parle d'une "certaine inquiétude" des salariés de l'établissement et d'un manque d'anticipation et d'organisation de la direction. "Actuellement par exemple, des solutions hydroalcooliques sont fournies à certains personnels en lien avec le public, tandis que d'autres personnels qui le sont tout autant ne se voient pas distribuer ces solutions" précise-t-il, "par ailleurs nous avons des personnels qui travaillent dans des zones que l'on appelle aujourd'hui "clusters" (...) par exemple dans l'Oise, à qui il n'a pas été nécessairement demandé de rester confinées". Il ajoute que rien n'a été fait pour cibler les salariés à risque, notamment ceux souffrant de troubles respiratoires. "J'appelle à la responsabilité" conclue Christian Galani, "non pas à entrer dans la panique mais au contraire j'en appelle à avoir le souci de la protection des personnels ainsi que des visiteurs à travers une information cohérente et coordonnée".   

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A 7 kilomètres à l'est du Louvre, Porte de Versailles, le Salon du Livre n'ouvrira pas non plus ses portes comme prévu du 20 au 23 mars. "C'est un crève-coeur" a regretté sur France Info Pierre Dutilleul, le directeur général du Syndicat national de l'édition, organisateur de l’événement, plus gros rendez-vous littéraire de l'année dans le pays, "la communauté des éditeurs qui porte ce salon est meurtrie". Mais il reconnaît que "c'était une décision qu'(ils devaient) prendre", ne voulant pas mettre en danger les 4 000 auteurs et les 160 000 visiteurs qui y étaient attendus.

Quid des programmes des 97 salles pouvant accueillir plus de 5 000 personnes en France ?

Les annulations de gros spectacles tombent les unes après les autres. On apprend aujourd'hui que la nuit de la Bretagne qui devait se tenir samedi à la Défense Arena à Nanterre (capacité maximale de 40 000 personnes) n'aura pas lieu. Changement de programme aussi pour certains poids-lourds de l'industrie du disque, comme Maître Gims. Trois de ses concerts (le 7 mars au Zénith de Nantes, le 8 au Zénith d'Orléans, le 10 à la Halle Tony Garnier de Lyon) sont reportés sine die. En revanche les prestations du chanteur prévues aux Zénith de Rouen et de Lille (les 6, 11 et 12 mars) sont, elles, toujours programmées. Quant au Zénith de Paris, il n'a prévu aucune annulation dans les quinze jours qui viennent - sous réserve d'une évolution des directives gouvernementales.

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Autre exemple : sur le site de Paris Bercy on peut toujours, ce lundi, réserver sa place pour les prochains concerts de la semaine prochaine. Les producteurs pourraient décider d'arrêter la vente des billets une fois la jauge des 5 000 personnes atteinte - personnel de la salle compris. Ce qui a fait réagir Matt Pokora, chanteur pour adolescents, qui doit s'y produire le 14 mars, agacé hier sur Twitter : il décrit comme "surprenante" la décision du gouvernement et poste, ironique "+ de 5 000 personnes c'est risqué mais 4 500 on est bon".

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Des décisions prises au niveau de chaque préfecture

Des initiatives contradictoires selon les villes car "il y a des décisions prises au niveau de chaque préfecture" a expliqué hier le ministre de la Culture Franck Riester sur France Info. Ce que regrette le Prodiss, le syndicat national des producteurs, diffuseurs, exploitants de salles et organisateurs de festivals, reçu hier soir au ministère, qui aurait préféré "un arrêté national et non préfectoral". Le Prodiss aurait aussi souhaité pouvoir anticiper davantage avec une date butoir : "Cela coûte deux à trois fois plus cher d'annuler le concert d'une équipe qui est déjà sur la route". Au ministère, on répond que l'évolution du virus et donc une date limite d'application des instructions du gouvernement sont "malheureusement impossibles à prévoir". Message répété aux professionnels du spectacle reçus à leur tour rue de Valois cette après-midi.