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Coronavirus : où vont les milliers de milliards de dollars du plan américain ?

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Lors de la signature du Cares Act, le plus grand plan de relance jamais voté aux USA, le Président Trump a confondu plusieurs fois les "billions" (milliards) et les "trillions" (milliers de milliards), il s'en est amusé, et tout le monde a ri.
Lors de la signature du Cares Act, le plus grand plan de relance jamais voté aux USA, le Président Trump a confondu plusieurs fois les "billions" (milliards) et les "trillions" (milliers de milliards), il s'en est amusé, et tout le monde a ri.
© AFP - JIM WATSON

Bulle économique. Les Etats-Unis mobilisent 2 200 milliards de $ pour lutter contre le coronavirus et ses conséquences économiques. Malgré un chèque inédit de 1 200 dollars à tous les Américains (sous condition de ressources), ce plan favorise les grandes corporations, tel un "Robin des bois inversé". Explications.

Coronavirus : Où vont les 6 200 000 000 000 $ du plan américain ?

8 min

"Maintenant je vais signer cela, c'est un grand honneur, 6,2 trillions. Je n’ai jamais rien signé avec un T" !! s’amuse Donald Trump en signant le plan américain. Le T c’est pour trillion, mille milliards…

Now, I’m going to sign this, and it’s a great honor. $6,2 trillion.  I’ve never signed anything with a “T” on it. (Laughter.)  I don’t know if I can handle this one, Mitch.  (Laughter.)  We can’t chicken out at this point, can we ?.  (Laughter.)  I don’t think so, huh ?                                        

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Donald Trump lors de la séance de signature du Cares Act, le 27 mars 2020. Le verbatim ici. 

Le player vous permet d'écouter la version audio de cet article. Pour ceux et celles qui connaissent La Bulle économique diffusée habituellement dans le journal de 12h30 du samedi, elle est plus longue et les sons qui l'agrémentent sont également plus longs.    

"On ne peut pas sortir de ça après, n’est ce pas Mitch ? "dit le Président américain à Mitch Mac Connell, le sénateur qui a soutenu la loi. Rires, applaudissements de son équipe dans le bureau ovale, signature. 

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Ainsi fut promulgué le Cares act. Care veut dire soin en anglais, mais Cares est un acronyme pour Coronavirus Aid, Relief, and Economic Security, soit "Aide, secours et sécurité économique en temps de coronavirus". 

Cette loi, votée à l’unanimité au Sénat, prévoit 2 200 milliards de dollars de dépenses, 2 000 milliards d’euros, mais vous avez entendu le président américain lui parle d’un plan à 6,2 trillion, il dit même "un billet de 6 200 milliards".  

2 200 milliards ou 6 200 milliards ? Certains journaux américains donnent eux le chiffre de 2 000 milliards de dollars, sans s'émouvoir de ne pas donner le même chiffre que le Président, comme si 200 milliards ne représentaient rien... 

J’y reviens plus tard, mais je vous donne un indice, les 4 000 milliards qui pourraient potentiellement être mobilisés en plus pour ce plan,  c’est "l’argent magique" de la Banque centrale américaine. Ainsi l'explique aussi le New York Times. How the Fed’s Magic Money Machine Will Turn $454 Billion Into $4 Trillion. 

Pour le reste, les 2 200 milliards qui relèvent du budget de l’Etat Fédéral américain, (et donc des contribuables, les #taxpayers), si on s’en tient aux grandes masses,   

  • 30% du plan doit financer des aides à la population (aide directe, chômage, report des prêts étudiants)  
  • 25% finance les grandes entreprises en difficulté et sert de fond d'amorçage pour les prêts de la Fed 
  • 19% pour les PME (sous forme de prêts non remboursables si aucun salarié n'est licencié et les salaires payés) 
  • 17% pour les Etats américains et les communes  
  • 9% pour les services public, dont l’hôpital.   

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Mais attention, quand on parle d’argent qui coule à flot, il n’y a pas que la largeur du tuyau qui compte, il y a aussi la vitesse du débit et d'ouverture du robinet. Or cette vitesse n’est pas la même selon les agents économiques… et plus ils sont dans le besoin, plus elle promet d'être faible.   

De 250 000 chômeurs à 3,3 millions puis 6,6 millions... 

Aussi étourdissant que le montant du plan américain, le chiffre des nouveaux inscrits au chômage. En deux semaines, 10 millions d’Américains et Américaines ont perdu leur emploi, comparé à un flux habituel de 250 000 par semaine. C’est 26 fois plus. En 2008, il avait fallu un an avant d’arriver à une telle hausse.   

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Or, pour toucher les 600 dollars hebdomadaires versés par l’Etat fédéral en plus de l’assurance chômage (qui est versée par les Etats), il faut être inscrit…et si on ne l’est pas, il faut faire la queue, dans la rue devant les centres d’emploi, au téléphone ou derrière son ordinateur.

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16 000 % d’appels en plus à New York, relate la vidéo ci-dessus, 900 % d'augmentation pour les demandes d’inscription sur le web. Les témoignages d’Américains désespérés de ne pouvoir s’enregistrer pour toucher une aide sont légion.   

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Les 1 200 dollars ? D'ici 15 jours... ou plusieurs mois

Les difficultés vont être semblables pour recevoir les 1 200 dollars par citoyen, (3 400 dollars pour une famille de 4) promis dans le plan, sous condition de ressources. Le Trésor Américain estime que 150 millions de personnes sont éligibles à cet Economic Impact Payment, paiement d’impact économique. Mais seulement 70 millions ont un numéro fiscal. Celles qui ne sont pas imposables et ne sont donc pas enregistrées auprès du fisc américain devront mettre leurs informations bancaires à jour, sur une plateforme… qui doit être en ligne d’ici fin avril, début mai selon l’administration fiscale américaine.

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Interpellé à ce sujet, le secrétaire d’état au Trésor Steve Mnuchin a annoncé (tweet ci-dessus) que pour ceux qui touchent des aides de la Sécurité sociale, il n’y aurait pas de délais, mais cela laisse encore plus de 60 millions d’Américains dans l’attente pour plusieurs mois. Sans parler des clandestins, non éligibles, des enfants de plus de 16 ans, non éligibles, des marginaux, et des 500 000 sans-abri.  

Le reportage d'une heure ci-dessous (et en lien ici) raconte notamment comment la crise des subprimes s'est transformée en dix ans en une crise grave du logement, (notamment grâce à l'appui de la Fed à Wall Street).   

Des millions d’Américains et Américaines vont devoir attendre plusieurs semaines voire plusieurs mois avant de bénéficier du plan américain à 2 200 milliards… Or les factures, les loyers, une grande partie des crédits sont toujours dûs. Tout comme les dépenses de santé, 28 millions d’Américains n’ayant pas de couverture santé. 

A lire : Pourquoi le système de santé américain n'est pas solidaire

"Des gens vont être expulsés en attendant cet argent. Des gens vont mourir en attendant cet argent", lit-on sur Twitter.   

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Pour Donald Trump, le temps du déni (on l’entend dans les extraits du podcast que j'ai mis dans la version audio de cet article) est révolu. Il ne minimise plus le danger que représente le coronavirus, et, qu’il réserve un tiers des dépenses publiques de crise aux citoyens est assez inattendu, et même inédit.  

OK, il y a de l’argent pour les gens ordinaires, mais pour l’essentiel, ce plan, c'est Robin des bois à l'envers : il vole l'argent des pauvres, et des travailleurs, et il le donne aux plus riches entreprises de ce pays.                                

Jeremy Scahill de The Intercept. 

Cette analyse d’un journaliste de The Intercept, (le site américain d’information connu pour son rôle dans l’affaire Snowden) est loin d'être isolée (voir ici, ici ou encore ici). Son podcast, écoutable ici.   

Robin des Bois à l'envers, n'est-ce pas exagéré quand 30% des 2 200 milliards vont tout de même aux gens ? Le parallèle a du sens, car souvenez vous, le plan américain contre le coronavirus, ce n’est pas 2 200 milliards, mais potentiellement 6 200 milliards. 6,2 trillions. 

Quand 425 milliards deviennent 4 000 milliards

Et les 4 000 milliards de différence, d'où viennent-ils ? C’est l’argent magique de la banque centrale américaine, la Fed, comme l'a titré le New York Times. 

Contrairement à la France et la zone euro, où les Etats comptent sur les banques commerciales pour faire des prêts aux entreprises mises en difficultés par la crise du coronavirus, aux Etats-Unis, c’est la Fed qui jouera directement ce rôle, avec, comme chez nous, la garantie des contribuables si les emprunteurs font défaut. 

En France, le budget garantit 300 milliards de prêts aux entreprises mais la somme n'a pas été budgétée dans le projet de loi de financement rectificatif post-coronavirus, car le gouvernement français considère que c'est un risque, une potentielle dépense, et qu'il n'y a pas lieu (encore) de la constater.  

A lire pour plus de détail sur le plan Français : Coronavirus : le Quoi qu'il en coûte en 6 questions

Aux Etats Unis, 425 milliards sont déjà prévus dans le plan à 2 200 milliards pour couvrir les prêts de la Fed qui ne seraient jamais remboursées. Outre-Atlantique, c'est même une autre façon de voir les choses : les 425 milliards sont vus comme un fond de départ, qui permet ensuite à la Fed de "faire levier" pour prêter 10 fois plus. Mais cet argent ne sera pas accessible au quidam. 

La Fed a déjà annoncé un certain nombre de programmes de prêts d'urgence au cours des dernières semaines, dont un qui soutient les émetteurs de dette des entreprises et un autre destiné à maintenir le flux d'argent sur le marché des prêts aux entreprises à court terme.  New York Times.

Résumons nous, si on considère, comme le fait Donald Trump, que le plan américain, c'est 6 200 milliards, et non 2 200, il faut revoir les pourcentages du début : les 30% aux citoyens deviennent 10% et les 25% pour les grandes entreprises passent alors à 75%. Ce n'est pas la même photo. Et même si ces 4 000 milliards ne sont que des crédits, de l'argent magique de la Fed destinés à être remboursés par la suite, ils ont un coût initial (425 milliards) qui est bien lui supporté par les "taxpayers" américains.  

This is a robbery in progress. And it’s not a bailout for the coronavirus. It’s a bailout for twelve years of corporate irresponsibility that made these companies so fragile that a few weeks of disruption would destroy them.

Ce n'est pas un renflouement pour le coronavirus. C’est un plan de sauvetage pour des entreprises qui ont été irresponsables pendant 12 années et n’ont fait aucune réserve ce qui les rend si fragiles que quelques semaines de perturbation pourraient les détruire.  David Hayden, rédacteur en chef de The American Prospect, un journal libéral (de gauche). 

Outre la taille du tuyau, bien plus large, le débit et l’ouverture du robinet d’argent promet aussi d'être plus rapide pour les entreprises qui se financent déjà sur les marchés financiers que pour les Américains (particuliers ou entreprises) de Main Street. 

While individuals and small busineses must survive through creaky, inadequate systems not equipped to handle such extreme reliance, corporate America gets the velvet rope service of the Federal Reserve, which can hit a keystroke and fund a company to its heart’s content in seconds. 

Alors que les particuliers et les petites entreprises doivent survivre grâce à des systèmes grinçants et inadéquats qui ne sont pas équipés pour gérer une dépendance aussi extrême, décrit encore David Hayden, l'Amérique des entreprises aura droit à un service de première classe, celui de la Réserve fédérale, qui peut frapper une touche et financer une entreprise à sa guise en quelques secondes.

Black Rock va conseiller la Fed... 

Détail intéressant, la Fed s’est adjoint les services de Black Rock pour sélectionner les entreprises éligibles à ces prêts. 

Certes, elles ne pourront pas utiliser l’argent pour racheter leurs actions, c’est écrit dans la loi, et les entreprises du Président et de ses proches conseillers et famille, ne pourront y accéder. A part ça, aucune condition sur les dividendes, les bonus des PDG sont très faiblement limités et le secrétaire d'Etat au Trésor Steve Mnuchin pourra les modifier sans contrôle. 

Ainsi, non seulement Mnuchin peut-il déroger aux règles de rémunération des exécutifs, mais si je lis bien, les règles semblent autoriser de gros paiements. Par exemple, si un dirigeant a gagné 10 millions de dollars en 2019, cela suggère qu'il est toujours autorisé à être payé 6,5 millions de dollars (3 millions de dollars + la moitié de 7 millions de dollars) tout en étant renfloué.                                

David Sirota, chroniqueur politique proche de Bernie Sanders. 

Les petites entreprises, elles, doivent prouver qu'elles ont gardé leurs salariés pendant la crise pour toucher des aides et les conserver. Difficile de faire mieux dans le deux poids deux mesures.  Même critique dans le tweet ci-dessous, mais pour l'accès aux "Food Stamps", le programme d'aide alimentaire aux plus démunis. 

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Milliards ? Trillions ? Trump s'y perd

Pour le moment, l’Histoire retiendra que lors de la signature, Donald Trump n’a pas serré les mains de son équipe, qu'il l'a regretté fortement mais qu'il leur a tous distribué des stylos, et que dans son discours, il a confondu deux fois les milliards avec les trillions…   

It’s $2.2 billion, but it actually goes up to 6.2 — potentially — billion dollars — trillion dollars__.  So you’re talking about 6.2 trillion-dollar bill

C’est 2,2 milliards de dollars, mais cela potentiellement cela atteint en fait 6,2 milliards de dollars, euh trillions de dollars. Donc on parle bien d'un billet de 6 200 milliards de dollars.                              

Donald Trump au début de la séance de signature

La confusion entre "billions" et "trillions" Donald Trump l'a faite d'entrée, dans les deux premières minutes de son speech. Puis un peu plus loin, il a recommencé. 

It’s the biggest ever — ever approved in Congress: 6.2 bill- — $6.2 trillion__.  

C'est le plus gros plan jamais approuvé par le congrès. 6,2 milliards, euh trillions !

Comme la confusion devenait gênante pour qui manie l'argent du contribuable, il en a fait une blague. 

So, you know, we used to get used to the billion.  It used to be million, then it was billion, now it’s trillion.  And it’s going to go a long way.  It’s going to make a lot of people very happy.

Oh, vous savez, on s'était habitué aux millions, puis c’est devenu des milliards, et maintenant ce sont des trillions... et cela va rendre beaucoup de gens heureux.                              

Donald Trump, le 27 mars, au milieu de la séance de signature

Qui seront ces gens heureux précisément ? 

L'Histoire retiendra aussi qu'au départ, l’administration Trump n’avait prévu aucun contrôle public, ni sur les milliers de milliards de prêts aux entreprises par la Fed, ni sur les fonds qui leur seront directement alloués par l'Etat. Finalement, l’opposition a obtenu la nomination d’un inspecteur général et un panel de cinq députés. 

**Six personnes donc, pour contrôler les 4 500 milliards d’argent public fléchés vers les plus grandes entreprises.  **Infaisable, raillent les détracteurs du Président américain qui ont analysé le Cares ACT en détail et prédisent autant de scandales et d’indécence au sommet qu’après le plan de sauvetage des banques de 2008.   

Seront-ce des scandales par milliers, par millions, par trillions ? Il faut bien avouer que comme Donald Trump, de crises en crises, il devient ardu de tenir les comptes. 

Si vous voulez néanmoins commencer à le faire, je vous suggère cet article qui explique comment un fonds de "Private Equity" (fonds qui achète notamment des participations dans des entreprises) a déjà réussi à toucher une partie de l'argent consacré aux hôpitaux. 

Ci dessous la version longue de la signature du Cares Act, ce moment historique à .....

6 200 000 000 000 $. 

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