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Covid-19 : les voyageurs qui arrivent en Chine toujours soumis à un enfermement total

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Les voyageurs sont transférés en bus entre l'aéroport et le centre de quarantaine
Les voyageurs sont transférés en bus entre l'aéroport et le centre de quarantaine
© Radio France - Sébastien Berriot

Dans le cadre de sa politique zéro Covid, la Chine maintient ses mesures de quarantaine pour tous les voyageurs qui arrivent de l’étranger. Même si la période d’enfermement est moins longue, cela reste une expérience personnelle compliquée à vivre. Reportage dans un centre de quarantaine à Pékin.

Après plus de deux années d’expérience et de pratique de la quarantaine, les autorités chinoises sont désormais parfaitement rodées. Si en 2021, les arrivées dans les aéroports étaient encore longues et compliquées, avec parfois près de cinq heures d’attente dans les couloirs, aujourd’hui, l’organisation s’est nettement améliorée. À l’aéroport international de Pékin-capitale, toutes les formalités, sanitaires et administratives, sont réalisées en moins d’une heure. Il faut ensuite compter une grosse demi-heure pour rejoindre le centre de quarantaine situé dans la grande banlieue sud de Pékin, près d’un autre aéroport, celui de Daxing. Les voyageurs qui font des allers-retours réguliers avec la France ont suivi les évolutions de ces quarantaines chinoises. "La pratique s’est professionnalisée" explique un ingénieur de retour de vacances en France. Jusqu’ici les voyageurs étaient enfermés dans des hôtels classiques réquisitionnés par les autorités. Désormais, ce sont de gigantesques complexes de quarantaine qui ont été mis en place. Ici, dans la banlieue de Pékin, il s'agit une résidence entière, avec des centaines d’appartements, qui a été transformée en centre d’enfermement. Pour un enfermement désormais réduit à dix jours et des tests Covid, y compris la nuit et y compris pour les téléphones portables ou les ordinateurs.

L'enregistrement à l'entrée du centre de quarantaine.
L'enregistrement à l'entrée du centre de quarantaine.
© Radio France - Sébastien Berriot

L'obsession de désinfecter

Le contraste est saisissant pour les voyageurs qui arrivent de France, où la protection contre le Covid-19 ne fait plus partie du quotidien. En Chine, la peur du virus n’a pas diminué. Dans le centre de quarantaine, les opérations de désinfection sont permanentes. "C’est vraiment une obsession" raconte Guillaume, un homme d’affaires français spécialisé dans le vin. "Ils passent leur temps à tout désinfecter. Nos valises ont été arrosées avec un jet de produit désinfectant. Dans les files d’attente, ils nous désinfectent sans arrêt les pieds. Dès qu’on sort de la ligne, il y a quelqu’un qui nous suit pour nettoyer derrière nous. C’est parfois une caricature. Ils ont à cœur de bien faire, quitte à en faire trop." "C’est une vraie paranoïa du virus" ajoute un chef d’entreprise français. "Là, je pense que j’ai les mollets qui sont lavés pour un certain temps."

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44 min

Comme dans une prison

Dans les chambres, le protocole n’a pas varié depuis deux ans. Les journées sont longues, rythmées par les tests Covid, qui peuvent parfois être réalisés en pleine nuit, et les repas qui sont laissés au pied de la porte trois fois par jour. La sortie de la chambre est formellement interdite pendant le séjour. Et ceux qui tenteraient de sortir sont avertis dès le jour d’arrivée, ils seront sanctionnés et se verront imposer des jours de quarantaine supplémentaires.

Un isolement difficile à vivre, même pour le chef d’entreprise français qui en est à sa quatrième quarantaine : "On le vit toujours mal, parce que la privation de liberté est toujours quelque chose compliquée à accepter. On doit se soumettre à des règles qui ressemblent quand même à des règles de prisonniers."

Chacun réagit à sa manière à cet enfermement. Guillaume, l’homme d’affaires français, lui, ne semble pas trop affecté. "De toute façon", dit-il, "c’est une obligation. Donc on n’a pas le choix. Faut le prendre comme une expérience un peu unique et un peu hors du commun."

La chambre de quarantaine de notre correspondant en Chine Sébastien Berriot.
La chambre de quarantaine de notre correspondant en Chine Sébastien Berriot.
© Radio France - Sébastien Berriot

La bonne nouvelle, c’est qu’avant l’été, les autorités chinoises ont consenti à réduire la période de quarantaine qui à l’origine pouvait aller jusqu’à trois semaines. Désormais, les voyageurs doivent restés enfermés pendant dix jours. Et ceux qui ont une résidence dans la même ville peuvent effectuer les trois derniers jours à leur domicile, en restant sous étroite surveillance médicale.

Dans tous les cas, le séjour de quarantaine se termine par une visite assez surprenante. Pour s’assurer que le voyageur n’est pas atteint du Covid, des infirmiers viennent réaliser des tests d’ambiance dans la chambre. Parmi les objets qui subissent un test Covid, la cuvette des toilettes, l’oreiller, les robinets mais aussi la souris de l’ordinateur et le téléphone portable. Commentaire d'un Français qui arrive pour la première fois en Chine : "Ici, c'est vraiment le dernier endroit sur la planète où on peut attraper le Covid".

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