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Covid-19 : quand et comment la France a réagi (ou pas)

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Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, et le Premier ministre Edouard Philippe présentant des mesures d'urgence pour l'hôpital le 20 novembre 2019.
Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, et le Premier ministre Edouard Philippe présentant des mesures d'urgence pour l'hôpital le 20 novembre 2019.
© Maxppp - Luc Nobout / IP3

Repères. Alors qu'Agnès Buzyn affirme avoir pressenti dès décembre dernier les effets du nouveau coronavirus en France, des médecins et soignants portent plainte contre l'ex ministre de la Santé et le Premier ministre pour "mensonge d'Etat". Retour chronologique sur l'irruption de la pandémie en France.

L'exécutif a-t-il sous-estimé la menace représentée par le Covid-19 ? Dans un portrait entretien publié mardi dans le journal Le Monde, l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn date les différentes fois où elle a prévenu son entourage, dont le Premier ministre et le président de la République : des alertes arrivées des mois avant les actes. Une bombe politique lâchée après l'échec au premier tour de celle qui briguait la mairie de Paris (arrivée 3e pour LREM). 

Pour comprendre les reproches faits aujourd'hui à l'encontre de l'exécutif, et la plainte d'un collectif de plus de 600 médecins et soignants avec saisie de la Cour de justice de la République, retour sur quelques dates marquantes du développement du Covid-19 en France.

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20 décembre 2019

D'après les déclarations de l'ex-ministre de la Santé au quotidien Le Monde, c'est à cette date qu'elle aurait commencé à s'inquiéter. Agnès Buzyn, médecin de profession, confie : "Je pense que j'ai vu la première ce qui se passait en Chine : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J'ai alerté le directeur général de la santé." (Jérôme Salomon, NDLR)

En effet, ce jour-là, 60 personnes étaient déjà hospitalisées pour pneumopathie à Wuhan, ville d'origine de la pandémie. L'agent pathogène responsable de leur maladie n'était pas identifié. Le tout premier cas remontant en réalité au 17 novembre, a estimé récemment le South Morning China Post : un patient chinois de 55 ans de la région de Hubei.

11 janvier 2020

Toujours selon ses déclarations faites au quotidien Le Monde, Agnès Buzyn aurait alors envoyé un message au sujet du virus au président de la République.

A ce stade, aucun cas n'a été déclaré hors de Chine. Il faut attendre le 13 janvier, pour qu'un homme venant de Wuhan soit déclaré malade en Thaïlande, un autre au Japon le 15, et le 20 janvier un premier cas en Corée du Sud. Le 3 janvier 2020, un article de la BBC est le premier au monde à faire état d'infections en Chine. Il est alors question d'un "virus mystère", relève Sciences et Avenir.

21 janvier 2020

"Le risque d'introduction en France est faible mais ne peut pas être exclu", déclare Agnès Buzyn à la presse. La ministre de la Santé précise que "la situation est très évolutive" et que "aucune mesure de contrôle aux frontières n'a été prise, conformément aux recommandations de l'OMS".

24 janvier 2020  

Trois cas sont recensés en France, deux à Paris et un à Bordeaux : les patients, tous ressortissants chinois, étaient passés par Wuhan. Ils sont présentés comme "les premiers cas européens" de ce qui est d'abord baptisé "2019-nCoV" puis définitivement Covid-19 ou SARS-CoV-2.

Agnès Buzyn déclare alors, notamment, à la presse que "les risques de propagation du virus dans la population sont très faibles".

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30 janvier 2020

D'après Le Monde, Agnès Buzyn, encore ministre de la Santé, avertit Édouard Philippe : selon elle, les élections municipales du mois de mars ne pourront pas se tenir. Le lendemain, le premier vol de rapatriement de Français de Chine atterrit.  

14 février 2020

Le nouveau coronavirus fait son premier mort en France, un octogénaire chinois : il faisait partie des trois cas recensés le 24 janvier. 11 cas sont recensés au total en France.

Le même jour, Benjamin Griveaux annonce qu'il retire sa candidature à la mairie de Paris, après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos intimes de lui. La République en marche doit chercher un nouveau candidat pour le remplacer : le nom d'Agnès Buzyn circule. Elle est investie par le parti deux jours plus tard.

23 février 2020  

Olivier Véran, nommé ministre de la Santé en remplacement d'Agnès Buzyn, déclenche un plan de réaction à l'épidémie de coronavirus, en quatre stades. Le stade 1 commence aussitôt. 

"Il n’y a pas ce soir d’épidémie en France, mais une situation préoccupante aux portes de la France", estime alors le nouveau ministre (neurologue et jusqu'ici député) à propos de l’Italie. "La situation est très évolutive", admet Olivier Véran. Et de considérer que "Nous agissons vite, nous agissons fort pour faire face à la menace épidémique", avec l'annonce que "tous les départements de métropole disposeront d'au moins un centre hospitalier capable d'accueillir les malades et de les prendre en charge du début à la fin". 

Peu après, le 25 février, le Covid-19 fait son premier mort français : un professeur de 60 ans, de Crépy-en-Valois, qui n'avait pas voyagé dans une zone à risque.

29 février 2020

100 cas sont dénombrés en France : le stade 2 de la lutte contre l'épidémie est déclaré dans le pays. Dans l'Oise, important foyer de contamination, les écoles sont fermées, les rassemblements interdits et les habitants invités à limiter leurs déplacements. Au niveau national, les manifestations de plus de 5 000 personnes en milieu fermé sont interdites.  

Le seuil des 1 000 cas confirmés en France est dépassé le 8 mars : le ministère de la Santé compte 1 126 malades, et 19 décès.

Entre le jeudi 12 et le lundi 16 mars

L'épidémie se propage en France. Dans une première allocution, le jeudi 12 mars à 20h, Emmanuel Macron s'adresse aux Français. Suivant les avis de son conseil scientifique, et après avoir hésité, il annonce entre autres le maintien du premier tour des élections municipales, le 15 mars, et la fermeture des crèches et des établissements scolaires sur tout le territoire. Il demande également à la population de limiter autant que possible ses déplacements, et les entreprises sont appelées à passer au télétravail.

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Le samedi 14, Édouard Philippe annonce la fermeture des restaurants, bars et commerces non indispensables, tout en maintenant le premier tour de l'élection municipale le dimanche 15. La veille, sur TF1, il a déjà interdit les rassemblements de plus de 100 personnes pour "ralentir la progression, la circulation du virus".

Le lundi suivant, Emmanuel Macron annonce que la France passera en confinement (sans prononcer le mot) le lendemain à midi : seuls les trajets pour faire les courses indispensables, un peu de sport et se rendre au travail (quand vraiment il ne peut être fait depuis son domicile) sont autorisés.  

Le second tour des municipales, prévu le 22 mars, est reporté.  

17 mars 2020  

Ce mardi à midi, le confinement commence. Le même jour, 7 730 cas de Covid-19 sont confirmés en France, dont 699 graves. 175 décès sont liés au nouveau coronavirus.  

Le Monde publie les confessions d'Agnès Buzyn : l'ex-ministre de la Santé y décrit les alertes envoyées dès janvier au reste du gouvernement. Quelques heures plus tard, Edouard Philippe réplique sur France 2. Il assume le rythme des décisions prises par le gouvernement : "Si nous n'avions pas pris au sérieux cet événement sanitaire, je n'aurais pas organisé une réunion dès le mois de janvier".

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19 mars 2020  

Trois représentants d'un collectif de soignants portent plainte contre Edouard Philippe et Agnès Buzyn : ils accusent l'ancienne ministre de la Santé et le Premier ministre d'avoir eu conscience de la menace, disposé des moyens d'actions et choisi toutefois de ne pas prendre les mesures qu'il fallait, contre ce qui est devenu maintenant une pandémie mondiale.