Publicité

D'Alien à Prometheus, la saga teratologique débute et se boucle

Par

Il y a 15 ans, sortait dans les salles le dernier volet de la célèbre saga Alien , impulsée en 1979 par le réalisateur Ridley Scott. Dernier… chronologiquement parlant, car Prometheus , visible depuis le 30 mai sur les écrans, n’est autre que la préquelle de l'épopée – son action se déroulant avant l’épisode initial.

Alors que les différents opus ont été respectivement réalisés par Ridley Scott (1979), James Cameron (1986), David Fincher (1992) et Jean-Pierre Jeunet (1997), c’est à nouveau le réalisateur de ** Gladiator ** qui, 33 ans après avoir conçu le premier volet, enrichit la saga en signant ce film qui retrace la genèse des précédents.

Publicité

Bref retour sur chacun de ces épisodes en compagnie de François Angelier, producteur de l'émission ** Mauvais genres ** qui, le 2 juin, est consacrée à la saga Alien .

1979. Alien , le huitième passager (Ridley Scott)**

Alien, affiche
Alien, affiche
  1. Avec son pessimiste 2001, L'Odyssée de l'espace , Stanley Kubrick condamne la porte de l'espace en relatant le dépassement de l'espèce humaine par la machine (HAL, le méchant ordinateur de bord…) et en postulant l'impossibilité de communiquer avec les Autres. C'est seulement en 1977 que George Lucas vient contrecarrer cette allégation avec Star Wars, s'autorisant à explorer à nouveau les espaces infinis ("Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… ")

Devant l'enthousiasme suscité par cette "Guerre des étoiles ", d'autres producteurs décident de faire le pari de la science-fiction, et plus particulièrement, du space opera . Parmi eux, Ridley Scott. S'inspirant d'un vieux film de 1958, It ! The terror from Beyond Space, ce dernier réalise le premier des Alien.

*"Dans l'espace, personne ne vous entend crier.", * peut-on lire sur l'affiche du film. Une phrase inquiétante, devenue depuis la signature de cette saga mythologique.

Quid de l'histoire ?

Nous sommes cette fois en 2122. Un vaisseau de commerce baptisé Nostromo retourne vers la Terre, chargé de minerais. Mais un signal inconnu, émanant d'un planétoïde voisin, vient perturber la quiétude du vol.

Les sept membres de l'équipage, qui ont pour mission d'enquêter, le cas échéant, sur une éventuelle vie extraterrestre, décident de répondre à l'appel de détresse. Ils découvrent un vaisseau abandonné, l'explorent, et dénichent d'étranges oeufs dont une créature émerge avant de s'agripper au visage du second officier, Kane.

La bête meurt d'elle-même quelques heures plus tard et tout semble à nouveau aller pour le mieux, sauf que… A l'heure paisible du repas, la cage thoracique de l'officier se déchire pour laisser passer une sorte de parasite qui, avant que quiconque ait le temps de dire "Autre ! ", se faufile dans les conduits d'aération du vaisseau.

Ce huitième passager, bientôt devenu grand, gros, mandibulaire et saliveux, n'a plus qu'une idée dans son crâne oblong : dévorer les sept premiers à l'aide de sa monstrueuse double-gueule.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Cette créature, on la voit assez peu à l'écran. C'est pourtant elle qui, en grande partie, a contribué au succès phénoménal du film, lui conférant une qualité mythologique. Créé par l'artiste Hans Ruedi Giger - Moebius a également prêté sa patte graphique -, incarné par le danseur masaï Bolaji Badejo et évoluant dans un huis clos dépouillé et peu éclairé, l'extraterrestre inspire une horreur qui touche au sublime.

François Angelier
François Angelier
© Radio France

François Angelier est producteur de l'émission Mauvais genres sur France Culture.

Mise en perspective de ce premier volet de la saga, qui a connu un succès phénoménal lors de sa sortie :

Écouter

2 min

Photo © Rf/ Yaël Mandelbaum
Alien devient très rapidement culte et ses acteurs sont couverts de lauriers. Sigourney Weaver, en particulier, qui prête ses traits à l'héroïne Ellen Ripley. La réalisation des épisodes qui suivent est confiée à des réalisateurs connus, à l'approche visuelle singulière. A commencer par James Cameron.

1986. Aliens , le retour (James Cameron)**
Sept ans après sa naissance spectaculaire, la bête immonde revient terroriser son public. Avec James Cameron aux manettes, le film s'axe fortement sur la thématique guerrière.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Nous sommes maintenant en l'an 2179. L'héroïne Ellen Ripley a passé cinquante-sept années à séjourner dans l'espace en état de biostase (sorte d'hibernation). Secourue, elle revient à la vie et se voit obligée de rendre des comptes à sa compagnie, qui se montre sceptique quant à son récit. D'autant plus que, depuis ses premiers démêlés avec les Xénomorphes (autre nom donné aux Aliens), la planète sur laquelle Ellen et son équipage avaient atterri, des décennies plus tôt, a été colonisée par plusieurs familles de Terriens.

Mais voilà que les liaisons avec les colons sont mystérieusement interrompues. Un corps de Marines est envoyé sur place et on délègue Ellen Ripley pour les accompagner en tant que consultante.

François Angelier, sur Aliens, le retour :

Écouter

55 sec

Six ans plus tard, c'est au tour du très fameux David Fincher de relever le gant pour réaliser la suite de la saga…

1992. Alien 3 (David Fincher)

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Ellen Ripley, seule survivante du carnage ayant ponctué le deuxième épisode, se trouve à nouveau en état d'hypersommeil à bord d'une capsule de secours, l'EEV. Cette dernière vient s'échouer sur Fiorina 161 , une planète prison oubliée sur laquelle vivent une vingtaine d'hommes reclus affligés du syndrome XXY. Pendant qu'Ellen Ripley affronte l'accueil froid de ces assassins, violeurs, et autres joyeux drilles, un Xénomorphe attend tranquillement de naître dans les entrailles d'un chien présent lors de la découverte de la capsule de secours…

La version de David Fincher, qui remet les hommes au centre de l'action, a été grandement appréciée par le public. François Angelier :

Écouter

2 min

L'accueil n'a pas été aussi enthousiaste pour le dernier volet de la série, réalisé par Jean-Pierre Jeunet…

1997. Alien, la résurrection (Jean-Pierre Jeunet)

A la fin du troisième épisode, l'héroïne, qui portait en elle un embryon d'Alien, s'est sacrifiée en se jetant dans une fournaise afin d'anéantir la créature. Mais Ellen Ripley (qui, définitivement, fait honneur à son nom !), se voit ressusciter, deux-cent ans après, par une équipe de généticiens désireux de récupérer le Xénomorphe vivant en elle, et qui s'avère être une reine Alien. Les scientifiques, qui ont pour ambition d'étudier les petits extraterrestres engendrés par la reine en question afin de s'en servir par la suite à des fins militaires, vont vite déchanter.

Beaucoup ont été quelque peu déçus par ce film, dans lequel l'Alien apparaît quasi-domestiqué. François Angelier :

Écouter

1 min

Après ces quatre épisodes plus riches les uns que les autres en rebondissements, l'antépisode Prometheus apportera-t-il de nouvelles clés de lecture aux mordus d'Alien ? Les premiers spectateurs sont, pour la plupart, sortis de la projection avec un sentiment mitigé. Emaillé de références prométhéennes, le film puise dans la mythologie des Alien et revisite l'univers des quatre films tout en l'augmentant et en l'agrémentant. Mais même s'ils ont jugé la préquelle très inventive et puissamment esthétique, certains aficionados des Xénomorphes ont jugé les réponses apportées trop simples et auraient presque préféré… conserver leurs questionnements.

interview de Ridley Scott sur Prometheus

sur le site du Figaro

"Prometheus" : "Alien" trahi par son propre créateur, Ridley Scott

article d'Isabelle Regnier dans Le Monde

«Prometheus», à perdre «Alien»

critique de Clément Ghys dans Libération

"Prometheus" : un film ni vertigineux, ni vraiment malin

article de Cyrille Falisse pour Le Nouvel Observateur