Caroline Guiela Nguyen : l'urgence de la diversité au théâtre

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De l'urgence d'une plus grande diversité au théâtre

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Au festival d'Avignon, la metteuse en scène Caroline Guiela Nguyen exprime à quel point elle souhaite porter haut les questions de la représentation de toutes les diversités sur les planches de théâtre.

"_Multiplier les visages sur les plateaux, avoir très précisément ce souci-là, avec beaucoup d'exigenc_e", c'est le leitmotiv de Caroline Guiela Nguyen, qui présente au Festival d'Avignon sa dernière pièce, Fraternité. Conte fantastique. Voici un entretien sous forme de tribune avec la metteuse en scène.

58 min

Réconcilier la rue et le théâtre

Autrice, metteuse en scène, réalisatrice, Caroline Guiela Nguyen construit son engagement artistique autour de la question de la diversité. Ses pièces sont un échange permanent entre plusieurs langues et plusieurs cultures.

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C'est mon geste de metteur en scène, mais c'est aussi un sacerdoce. L'idée de réconcilier deux espaces, celui du plateau et celui de nos rues, est très importante pour nous dans la compagnie. On se trouve en ce moment à La Fabrica [salle de spectacle à Avignon], vous traversez, en face dans cette tour-là,  il y a énormément de gens qui parlent plusieurs langues, pour des raisons évidemment diverses, géopolitiques par exemple. Pourquoi on ne pourrait pas faire entrer ça dans nos fictions et sur nos plateaux de théâtre ?            
Caroline Guiela Nguyen, metteuse en scène

Photo prise durant une représentation de la pièce "Saïgon" de Caroline Guiela Nguyen - 2017
Photo prise durant une représentation de la pièce "Saïgon" de Caroline Guiela Nguyen - 2017
© AFP

Avec des attaches vietnamiennes et algériennes, la metteuse en scène tient à une diversité sociale, de cultures et de langues, dans une recherche constante de la représentation du monde tel qu'il est.

La diversité gage de réalisme

Pour sa dernière pièce, Fraternité. Conte fantastique, Caroline Guiela Nguyen a mis deux ans pour réunir une équipe de comédiens professionnels et amateurs, âgés de 21 à 82 ans et qui parlent français, arabe, tamoul, anglais, vietnamien...

Parce que tout d'un coup on reconnaît un rythme de parole, une façon de marcher, un accent qui nous dirige directement vers des choses du réel. Cette impression vient du choix des comédiens : par exemple, l'idée de ramener d'un coup des gens de la société civile sur nos plateaux.                
Caroline Guiela Nguyen, metteuse en scène

Salle de spectacle de La Fabrica à Avignon
Salle de spectacle de La Fabrica à Avignon
© AFP

Sa compagnie, "Les Hommes Approximatifs", travaille notamment avec des prisonniers qui purgent de longues peines. C'est à partir de l'absence des proches vécue par ces détenus que l'idée d'une trilogie autour de l'absence et de la fraternité est née.

Notre responsabilité, notre urgence aujourd'hui, c'est bien que tout enfant — et je parle d'enfants par ce que la pièce pose aussi la question de l'avenir, qui est là-bas dans cette tour puisse venir à La Fabrica en ayant l'impression que quelque chose de lui est en train de se raconter. Qu'il y ait des ponts qui soient faits. Et cela passe par la question de la représentation.                
Caroline Guiela Nguyen, metteuse en scène