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De la petite robe noire Albert Hayler à Moondog sans y toucher

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Moondog devant les studio de la chaine CBS en 1972.
Moondog devant les studio de la chaine CBS en 1972.
© Maxppp - Landov

1971 / 1976. A l'occasion des 50 ans du Festival de Montreux, redécouvrez deux archives musicales dont vous ne soupçonnez peut-être pas l'existence. Et voyagez d'Albert Hayler à Moondog.

Dès le début de cet Atelier de Création Radiophonique consacré à Albert Ayler (1936-1970), j'ai aimé cette archive. C'est un grand document. Il y la douce voix d'Albert Ayler qui égrène ses souvenirs dès l'âge de 3 ans et qui développe son histoire en anglais sur la bande son de l'époque et les nombreux témoignages. On entre dans cet itinéraire en paroles et en musiques et on se laisse apprivoiser.

Dans la collection des ACR, il y a les émissions qui ressemblent à une robe de Paco-Rabanne. C'est fou, expérimental, on sait tout de suite qu'on est dans la création. Et puis, il y a un autre genre d'ACR qui ressemble plutôt à la petite robe noire de Chanel, élégant et simple - en apparence, mais dont le sens du détail, la recherche pointue de l'équilibre et de la sobriété créent la perfection et l'harmonie :

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MY name is Albert Ayler 28/11/1971

C'est le cas ici : le grand Daniel Caux avec Jean-François Vallée et le grand metteur en ondes René Farabet, un an après la mort tragique du musicien, mettent toute leur passion et leur art au service de cet hommage au saxophoniste expérimentateur disparu trop tôt. Jean-Louis Comolli rappelle qu'Albert Ayler est "l'une des rares figures, dans le jazz, de l'artiste maudit, l'incompréhension qu'il rencontre presque systématiquement au cours de sa brève carrière apparaissant aujourd'hui à la mesure exacte de sa nouveauté, de sa radicalité et de son importance"... lui dont le "son fit rêver Coltrane - réunit comme jamais la puissance, la dureté (il utilise des anches en plastiques, les plus dures précisément, qui nécessitent une extrême précision de souffle), la plénitude et l'immédiateté" (Dictionnaire du Jazz, Robert Laffont).

Ici il faut louer les choix des archives, des extraits sonores, le montage et le mixage. On entend l'expression en anglais, la traduction arrive avec douceur, les musiques, les sons d'ambiance suivent au plus juste les voix qui racontent et qui ressentent. C'est très touchant et prenant. Spontanément, je ne serais pas allée du côté d'Albert Ayler mais cette archive nous ouvre bien des mondes...

Dans un tout autre registre, je vous propose aussi la captation d'un concert de Moondog, Salle Gaveau en 1976. C'est un autre aspect de nos métiers. Pas d'interview... juste la musique vivante et Moondog qui présente ses morceaux . On apprend quelques petites anecdotes très vite sans y toucher entre deux morceaux quand Moondog s'adresse lui-même au public :

Il était une fois : Louis Thomas Hardin, dit Moondog, le 07/12/1976

1h 01

De Ayler à Moondog, ce sont deux approches de la transmission telle qu'elle me touche et me tient à cœur, personnellement.

MY name is Albert Ayler

  • Atelier de création radiophonique
  • Première diffusion le 28/11/1971 sur France Culture
  • Durée : 02:50:00
  • Producteurs : Daniel Caux, René Farabet et Jean-François Vallée
  • Participant : Roger Bret et Michel Garland

Il était une fois : Louis Thomas Hardin, dit Moondog

  • Première Diffusion le 07/12/1976 dans "France Musique la nuit"
  • Durée : 00:59:50
  • Auteur de l'oeuvre pré-existante : Lillian Hardin Armstrong