Publicité

De Nagisa Ōshima à Bong Joon-Ho : le cinéma asiatique à travers 9 réalisateurs en lice pour la Palme d'Or

Par
"Contes cruels de la jeunesse" de Nagisa Ōshima, 1960
"Contes cruels de la jeunesse" de Nagisa Ōshima, 1960
- Shochiku Co., Ltd.

Festival de Cannes. Akira Kurosawa, Wong Kar-Wai, Naomi Kawase, Bong Joon-Ho... ces réalisateurs émérites ont tous concouru pour obtenir la Palme cannoise. Éloignés d'une approche occidentale du 7e art, ils ont su mettre en avant de nouveaux regards sur l'art cinématographique.

Hirokazu Kore-Eda en 2018, Bong Joon-Ho en 2019 : les deux dernières éditions du Festival de Cannes ont fait triompher deux réalisateurs asiatiques, consécutivement. Ils viennent à la suite d'Akira Kurosawa, Apichatpong Weerasethakul, Shōhei Imamura (double palmé), Chen Kaige ou Teinosuke Kinugasa, autres réalisateurs asiatiques lauréats de la Palme d'Or. Si leurs thèmes, leurs styles, leurs arts sont propres à chacun, s'ils n'ont qu'un continent en commun, le couronnement de ces cinéastes marque néanmoins une attention croissante de la critique, mais également du public, pour un cinéma moins centré sur les vécus exclusivement occidentaux. En dehors de ces sept lauréats, d'autres maîtres venant du Japon, de Taïwan ou encore de Hong-Kong se sont illustrés sur la Croisette.

Cette sélection d'émissions de France Culture propose de revenir sur les œuvres de neuf réalisateurs asiatiques qui ont marqué l'histoire du cinéma au-delà des frontières de leurs pays, et de mieux saisir les enjeux tant esthétiques que politiques de leur oeuvre respective.

Publicité

Sélectionné à quatre reprises pour concourir à la Palme d'Or, le réalisateur, scénariste et acteur fut un chef de file de l'avant-garde du cinéma japonais. Après une longue carrière indépendante, son chef-d'oeuvre le plus célèbre, L'Empire des sens (1976), provoqua un scandale au Japon et marqua la cinéphilie internationale. Suite à cette véritable onde de choc, de L'Empire de la passion (1978), qui lui valut le Prix de la mise en scène à Cannes, à Tabou (1999), en passant par Furyo (1983) et Max mon amour (1986), le cinéaste n'a cessé de s'illustrer à travers des propositions particulièrement novatrices et engagées, dans lesquelles il n'hésite pas à braver les interdits en évoquant des sujets proscrits. En 1998, pour le "Ciné-club", Pascale Lismonde proposait de mieux connaître la personnalité et l'œuvre sulfureuse de Nagisa Ōshima, mort en 2013. Un entretien illustré par des lectures de son journal intime.

À réécouter : "L'originalité de Nagisa Ōshima est d'avoir toujours mêlé le crime, le sexe et la politique"
1h 30

Réalisateur, producteur, scénariste et monteur japonais, le grand Akira Kurosawa, mort en 1998,  fut palmé en 1980 pour son film Kagemusha, l'ombre du guerrier. Surnommé "l'Empereur" du cinéma japonais, il fut à l'origine de nombreux chefs-d'oeuvre tels que Les Sept Samouraïs (1954), Barberousse (1978) ou encore Ran (1985). Le nombre des prix internationaux qu'il a reçus tout au long de sa vie a même dépassé le nombre de ses films ! Des récompenses qui montrent en fait, avant tout, qu'à travers ses films, Akira Kurosawa a su parler aux cinéphiles du monde entier. C'est cette portée universelle que l'émission "Une vie, une oeuvre" a cherché à mettre en avant en 2016.

59 min

C'est à ce réalisateur, scénariste et acteur taïwanais que l'on doit la canonique scène d'ouverture de Millennium Mambo, film pour lequel il fut d'ailleurs sélectionné pour la compétition officielle de Cannes. Le chef de file de la Nouvelle Vague taïwanaise a vu son portrait dressé en chevalier dans "Ping-Pong" à l'occasion de la sortie de son de son film The Assassin (2015). Cette fresque grandiose de la Chine médiévale lui valut le Cannes Soundtrack award ainsi que le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2015. 

49 min
45 min

Réalisateur, scénariste et producteur hongkongais, Wong Kar-Wai a marqué l'histoire du cinéma au travers de ses films un peu nostalgiques aux couleurs saturées, notamment Happy Together (1997), qui lui valut le Prix de la mise en scène, mais aussi l'intemporel In The Mood For Love (2000), 2046 (2004) ou encore My Blueberry Nights (2007). Son oeuvre prolifique le place dans la lignée prestigieuse des grands réalisateurs hongkongais, et sa patte singulière le rendit célèbre à l'international. Ecoutez-le se raconter dans "Hors-champs" en 2013.

43 min

L'univers intime et solitaire du réalisateur, scénariste et producteur a marqué la Nouvelle Vague taïwanaise, et a permis de lui offrir une reconnaissance dans le monde entier. La Rivière (1997), Et là-bas, quelle heure est-il ? (2001) ou encore Visage (2009)... L'oeuvre à forte sensibilité esthétique et plastique de Tsai Ming-Liang lui a valu de nombreuses sélections pour prétendre à la Palme d'Or cannoise, sensibilité qu'il nous a donné à entendre dans "Hors-Champs" en 2014.

À réécouter : Tsai Ming-Liang
30 min

Pour son cinéma à la fois social et intime, aventureux et contemplatif, la réalisatrice, productrice et scénariste japonaise fut conviée à plusieurs reprises au Festival de Cannes. En 1997, elle y reçut d'ailleurs la Caméra d'Or pour Suzaku, et, en 2007, le Grand Prix pour La Forêt de Mogari. Naomi Kawase est l'une des très rares réalisatrices de renommée internationale du continent asiatique, et connut son plus grand succès avec Les Délices de Tokyo (2015). En 2014, alors que sortait en France son long métrage Still the Water, Laure Adler la recevait dans "Hors-Champs".

44 min

Palmé à Cannes en 2010 pour son film Oncle Boonme, celui qui se souvient de ses vies antérieures, le réalisateur, scénariste et producteur thaïlandais explore, entre autres, le thème de la mémoire dans des films presque expérimentaux. En 2016, il se produisait au Théâtre des Amandiers, à Nanterre, pour une "performance-projection" nommée Fever Room et inspirée de son film Cemetery of Splendour (2015). Pour évoquer sa première immersion dans l'univers du théâtre, il se confiait dans l'émission "Ping-Pong", au micro de Mathilde Serrell et Martin Quenehen.

56 min

Connu pour son style innovant à la croisée du documentaire et de la fiction, le réalisateur, scénariste et monteur japonais reçut la Palme d'Or en 2018 pour son long-métrage Une affaire de famille. Deux ans avant son sacre cannois, Hirokazu Kore-Eda, s'entretenait avec Laure Adler dans "Hors-Champs". Le cinéaste de l'intime évoquait son enfance mais aussi la manière dont il réalise ses films, sa façon singulière d’orienter son regard.

À réécouter : Hirokazu Kore-Eda
44 min

Avec sa satire sociale Parasite (2019), le réalisateur, producteur et scénariste Bong Joon-Ho rafla non seulement la Palme d'Or mais également d'autres prix internationaux très prestigieux, dont l'Oscar du meilleur réalisateur en 2020, une première pour un réalisateur sud-coréen. A travers des films salués tout autant par la critique que par le public, Bong Joon-Ho contribue à ancrer le cinéma sud-coréen sur la scène internationale. Quelques jours avant de recevoir sa Palme, le cinéaste avait été convié dans "La Grande Table" pour défendre son film Parasite. Une symbiose impossible entre deux familles de milieux différents et une "tragicomédie" sur les parasites ordinaires.

27 min
1h 59

Pour aller plus loin...

40 min
42 min
8 min