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De Rossellini à Nanni Moretti, le cinéma italien à travers 6 Palmes d'Or

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Claudia Cardinale sur le tournage du film "Le Guépard" de Luchino Visconti
Claudia Cardinale sur le tournage du film "Le Guépard" de Luchino Visconti
© Getty - Sunset Boulevard/Corbis

Festival de Cannes. Le festival de Cannes aurait dû commencer aujourd'hui... De Roberto Rossellini à Nanni Moretti, de "Rome ville ouverte" (1946) à "La Chambre du fils" (2001), en passant par "La Dolce vita" et "Le Guépard", revisitez l'histoire du cinéma italien à travers 6 Palmes d'Or.

Avec des cinéastes comme Roberto Rossellini ou Vittorio de Sica, l'Italie été le berceau du mouvement néo-réaliste dans l'immédiat après-guerre. Après ce moment fondateur, qui va constituer une référence esthétique majeure tout au long de la seconde moitié du XXe siècle, le cinéma italien connaît un âge d'or dans les années 1960. Deux Palmes d'or décernées lors du Festival de Cannes viennent couronner cette créativité : La Dolce vita de Federico Fellini en 1960 et Le Guépard de Luchino Visconti en 1963. Mais il faudrait aussi citer L'Éclipse de Michelangelo Antonioni qui remporte le prix spécial du jury en 1962, la comédienne Sophia Loren qui remporte le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans La Ciociara (La Paysanne aux pieds nus) en 1961, et enfin le prix de la meilleure comédie décerné à Pietro Germi en 1962 pour Divorce à l'italienne. Plus près de nous, c'est le cinéaste Nanni Moretti qui remporta la dernière Palme d'or italienne à ce jour avec La Chambre du fils en 2001. 

Cette sélection d'émissions de France Culture propose d'entendre les voix de six réalisateurs italiens qui ont marqué l'histoire du cinéma, au-delà des frontières de leur pays, et de mieux saisir les enjeux tant esthétiques que politiques de leur oeuvre respective.

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Rome, hiver 1944. Giorgio Manfredi, un ingénieur communiste, tente d’échapper aux nazis qui occupent la ville. Il se réfugie chez un ami dont la  fiancée le met en contact avec Don Pietro, le curé de la paroisse... 

Réalisé au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Rome, ville ouverte montre les combats ordinaires de héros du quotidien et, malgré des représentations déchirantes d'un pays dévasté par la guerre, un espoir qui subsiste. Dans cette archive de 1977, Roberto Rossellini, devenu avec sa trilogie Rome, ville ouverte, Païsa et Allemagne année zéro, l’un des cinéastes les plus influents, présentait son essai intitulé Un esprit libre ne doit rien apprendre en esclave dans lequel il dénonçait le diktat du "succès immédiat" dans la culture, et globalement, la fin à ses yeux d'une forme de civilisation.

10 min

"Fellini nous aventure au milieu de sociétés de doute, des sociétés non pas de pierre mais de sable et d’alluvions. La société selon Fellini est une société incertaine" écrivait l'écrivain J.M.G. Le Clézio en 1971 à propos du réalisateur italien. En 1960 sort La Dolce vita du jeune réalisateur encore peu connu Federico Fellini. Palme d'or. Scandale. Corrompue, débauchée, grimaçante, la société que donne à voir le film est décadente. Le Vatican interdit aux catholiques d'aller le voir, sous peine d'excommunication. Dans cette émission de 2016, l'historien et spécialiste du cinéma italien Jean A. Gili répond à la question d'Adèle Van Reeth, productrice des Chemins de la philosophie : pourquoi La Dolce vita a-t-elle tant marqué l'histoire du cinéma ? 

À réécouter : La dolce vita
52 min

De toutes les vies que le réalisateur du Guépard - mais aussi de Mort à Venise, de Ludwig ou de Rocco et ses frères - nous a données à voir, la plus passionnée est sans doute la sienne. Artiste hors norme, Luchino Visconti (1906-1976) ne s'est pas contenté d'être l'héritier d'une des familles les plus anciennes et fortunées d'Italie. Il a inscrit sa destinée à travers ses amours, ses engagements, son travail de création. Dans cette émission de 2017, Laurence Schifano spécialiste du cinéma italien et biographe de Visconti, analyse Le Guépard, œuvre magistrale qui offre le récit des vaincus du Risorgimento à travers le témoignage pénétrant du prince de Salina - magnifiquement interprété par Burt Lancaster - et pour laquelle le cinéaste reçut la Palme d'or au Festival de Cannes 1963.

59 min

Fondateur du néo-réalisme italien, auteur d'une œuvre charnière, et récompensée de multiples fois, la figure de Vittorio De Sica (1901-1974), cinéaste fondamental dans l'histoire du cinéma, demeure comme voilée par ses nombreux paradoxes. Cette émission d'Antoine Guillot propose de dresser le portrait de cette personnalité complexe, souvent déconcertante et contradictoire du cinéma italien, grâce à deux de ses spécialistes, Sylvie Dubois et Mathias Sabourdin.

58 min

Bien avant les Coen, Dardenne et autres Safdie, deux frères ont inventé une façon unique de faire du cinéma, deux têtes pour un seul cinéaste, aux apports aussi indiscernables (ont-ils toujours aimé dire) que "le café et le lait dans un cappuccino". En 60 ans de carrière, jusqu’à la disparition d’un des deux, Vittorio, en avril 2018 à 88 ans, les frères Taviani ont signé une vingtaine de longs-métrages, dont bon nombre sont entrés dans l’histoire du cinéma : Padre Padrone, qui leur valut une Palme d’or en 1977, décernée par Roberto Rossellini, celui qui avec Païsa leur avait donné le virus du cinéma. Cette émission d'Antoine Guillot propose un entretien avec Paolo Taviani, qui revient sur plus de soixante années d'une œuvre à deux têtes.

La Chambre du fils est le film à la fois le plus minimaliste et le plus dense de Nanni Moretti. Il traite d'un deuil qui vient bouleverser une famille unie, quasi idéale, celle que forme Giovanni, psychanalyste, son épouse Paola et leurs deux enfants adolescents, Irene et Andrea, dans la petite ville portuaire d'Ancône. La mort accidentelle d'Andrea va dans un premier temps enfermer chacun de ses membres dans la solitude... "La Chambre du fils n'est pas un film sur le deuil psychologique, mais un récit mythologique sur le sacrifice" écrivaient Les Cahiers du cinéma en 2001. Dans cette émission de 2010, Laure Adler s'entretient avec le réalisateur italien, en plein tournage alors de son film consacré à Silvio Berlusconi, Le Caïman.

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