Des idées en Hamon

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Des idées en Hamon

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Benoît Hamon, Meeting à l'Instistut du Judo Paris - mercredi 18 janvier 2017
Benoît Hamon, Meeting à l'Instistut du Judo Paris - mercredi 18 janvier 2017
© Radio France - Nathalie Lopes

Influences. Avant de l'emporter, le Brestois est parvenu à installer plusieurs de ses idées au coeur de la primaire de la "Belle Alliance populaire", notamment le revenu universel. Qui entoure et conseille Benoît Hamon ?

Pendant la campagne de la primaire citoyenne qu'il a remporté face à Manuel Valls, Benoît Hamon a su se distinguer par ses idées. Le rocardien devenu frondeur, qui a adhéré au PS en 1987 après les manifestations contre le projet de loi Devaquet, a notamment percé grâce à sa défense du revenu universel. Voici grâce à qui et comment.

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Isabelle Thomas, Guillaume Balas et Pascal Cherki : le projet

Ces trois personnalités politiques sont centrales pour le candidat. Il y a d'abord le pilote du projet, Guillaume Balas, 44 ans. L'eurodéputé coordonne le projet sur un plan politique, et la discussion avec les élus (notamment la trentaine de parlementaires soutiens de Benoît Hamon). Il est aidé en cela par son autre collègue au Parlement européen, Isabelle Thomas, 55 ans, originaire de Saint-Malo.

Pascal Cherki au meeting parisien de Benoît Hamon le 18 janvier 2017
Pascal Cherki au meeting parisien de Benoît Hamon le 18 janvier 2017
© Radio France - Nathalie Lopes

Pascal Cherki, 50 ans, député de Paris, ancien maire du 14ème arrondissement, se concentre lui davantage sur le conseil politique. Son avis et son analyse comptent. "Benoît l'écoute quand il s'agit de prendre une décision", glisse un membre de l'équipe. Pascal Cherki gère aussi les aspects "relations internationales", mais ce n'est pas lui qui a permis la mise en relation en septembre dernier du candidat avec l'américain Bernie Sanders, rival malheureux d'Hillary Clinton.

Nicolas Matyjasik, le coordinateur intellectuel du projet

Nicolas Matyjasik
Nicolas Matyjasik
- Capture d'écran Youtube

C'est lui qui a fait travailler des dizaines d'intellectuels pour Benoît Hamon. Ce chercheur en sciences politiques et professeur à Sciences-Po Lille a fait partie de ceux qui ont contribué à organiser toute une série de rencontres afin de nourrir le candidat pour imaginer son projet de société. Par exemple, Aurore Lalucq, économiste et co-directrice de l'Institut Veblen ou Nicolas Postel, économiste à l'Université Lille 1, tous deux de la mouvance des économistes hétérodoxes, par opposition aux macro-économistes (plus orthodoxes), qui pensent que l'économie doit s’intégrer aux sciences sociales. Nicolas Matyjasik est un de ces anciens membres du cabinet du temps où Benoît Hamon était au ministère de l’Économie sociale et solidaire (2012-2014). D'autres membres de cabinet ont, comme lui, rejoint l'équipe de campagne pour apporter leur expertise, "des jeunes sans que ce soit non plus des technos" précise un proche du candidat. Il y a par exemple Jérôme Saddier, du mouvement mutualiste, un ancien du cabinet qui éclaire le candidat sur les questions de protection sociale. Il y a aussi la figure tutélaire de Claude Alphandéry, économiste de 94 ans, considéré comme le "Pape de l'économie sociale et solidaire", ou à l'inverse sur la pyramide des âges, Stéphane Vernac, jeune maître de conférences à l'Université d'Amiens. Plus largement, sur l'économie de la tempérance, un nouveau modèle avec une croissance modérée, et sur les questions de travail aussi, Benoît Hamon s'est nourri des travaux et de rencontres avec Dominique Méda et Jean Gadrey.

A l'inverse des Gracques (think tank plutôt proche de l'aile centriste du Parti Socialiste), Benoît Hamon a ses "Grecs" qui depuis le mois de janvier 2016 ont aider à faire mûrir le projet présidentiel du candidat. Un réseau informel de jeunes professionnels, intellectuels et étudiants issus de grandes écoles (Sciences-Po, Normal Sup, ENA), ainsi que le réseau de militants socialistes. Un dernier environnement que Benoît Hamon connaît bien, lui qui a présidé le MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes). Depuis que la campagne s'est accélérée, ces jeunes talents affinent les argumentaires.

Des députés comme experts

Michel Pouzol, de la rue à l'Assemblée

Photo de profil Twitter de Michel Pouzol
Photo de profil Twitter de Michel Pouzol

Très présent dans la campagne, le député de l'Essonne est l'un des portes-paroles de Benoît Hamon. Ayant vécu directement la précarité pendant des années à l'orée d'un bois, ses avis sur les questions sociales, la pauvreté ou encore le handicap ont été cruciales dans l'élaboration du projet. SDF avant de devenir élu de la Nation, il est par exemple l'un de ceux qui soutiennent le revenu universel comme élément de lutte contre la pauvreté.

Plus largement, à l'image de Michel Pouzol, la trentaine de députés soutiens de Benoît Hamon (pour beaucoup des "frondeurs"), apportent leur expertise chacun dans leur domaine de compétence : Gérard Sebaoun (Val d'Oise), la santé au travail; Denys Robiliard (Loir-et-Cher) sur le code du travail; Régis Juanico, fidèle "hamoniste", sur le sport, la jeunesse et la vie associative. Juanico, député de la Loire, est également dans cette campagne l'un des portes-paroles avec son collègue des Hauts-de-Seine, Alexis Bachelay.

Régis Juanico au meeting parisien de Benoît Hamon le 18 janvier 2017
Régis Juanico au meeting parisien de Benoît Hamon le 18 janvier 2017
© Radio France - Nathalie Lopes

L'écologie au cœur

Une femme : Barbara Romagnan, députée du Doubs, apporte ses réflexions sur l'écologie et sur l'égalité femme / homme.

Barbara Romagnan, députée du Doubs
Barbara Romagnan, députée du Doubs
© Radio France - Nathalie Lopes

Un homme : le chercheur à Sciences Po Paris et à l'Université de Liège, François Gemenne, oeuvre à la question des réfugiés et du changement climatique et donc des réfugiés climatiques. Les travaux de ce chercheur et sa proposition de "visa humanitaire" ont inspiré Benoît Hamon, qui en a repris l'idée dans son projet.

François Gemenne, chercheur à Sciences Po Paris et à l'Université de Liège
François Gemenne, chercheur à Sciences Po Paris et à l'Université de Liège
© Radio France - Ludovic Piedtenu

Le visa humanitaire serait, selon le chercheur François Gemenne, le moyen le plus immédiat pour éviter les naufrages en mer et rétablir des voies d'accès sûres et légales vers l'Union Européenne.