Dessiner Edgar Degas et Édouard Manet par Néjib

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Dessiner Edgar Degas et Édouard Manet par Néjib

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Bande dessinée | Dans "Swan", Néjib nous entraîne dans l'aventure des impressionnistes parisiens en bande dessinée. À l'occasion de la sortie de son premier tome, "Le Buveur d'absinthe" il nous propose un cours de dessin à partager.

Dans sa dernière bande dessinée, Swan, Néjib allie fiction et réalité dans un récit sur la naissance de l’impressionnisme. Deux de ses principaux personnages, bien réels ceux-là, ne sont autres qu'Edgar Degas et Édouard Manet. Néjib nous livre son interprétation par le dessin de ces deux grands noms de la peinture.

Néjib : "Ce sont deux modèles de l’artiste de l’époque, l’artiste un peu sombre, introverti, qui se cherche qu’est Edgar Degas et l’autre beaucoup plus bravache, peut-être téméraire comme Manet. Je commence toujours par cette ligne-là, qui me permet d’installer quelque chose d’important, ce sont ces mèches un peu rebelles qui dépassaient de ses cheveux. On a des portraits de l’époque, des portraits d’amis peintres qui l’ont dessiné jeune.

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Edgar Degas : l'étudiant complexé

Là c’est ses yeux et ses paupières un peu lourdes qu’il avait. À l’époque il se baladait avec un chapeau assez rare, un peu mou, il n’avait pas le haut-de-forme caractéristique de l’époque. Il avait une sorte de foulard, c’était vraiment l’étudiant en art tels qu’on peut les connaître aujourd’hui, un peu complexé, un peu renfermé sur lui-même. Et toujours avec ce regard scrutateur, c’est quelqu'un qui regardait le monde avec beaucoup d’attention. On le sent un peu mystérieux.

Et donc par contraste, Manet qui est un personnage qui veut se faire connaître, un personnage très séducteur et très dandy aussi, il prenait grand soin de ses vêtements.

Édouard Manet : le dandy

Et lui par contre il a bien le chapeau haut-de-forme du fier Parisien, sûr de ses moyens, avec un grand soin pour sa toilette, la moustache, la barbe. Donc un personnage très différent d’Edgar Degas. Lui, on va plutôt lui faire un beau nœud papillon, il passe une heure à s’habiller le matin avant d’aller faire des croquis dans les rues à Paris, des petites pochades, c’est-à-dire des petits tableaux au parc, c’était un spectacle pour les gens de l’époque. Ou alors il allait au Louvre faire des copies et ce serait comme ça que ces deux personnages si différents se seraient rencontrés et c’est leur approche artistique qui les a évidemment réunis. Donc le haut-de-forme est tout le temps noir, lustré, brillant.

On voit les moyens que nous donne la bande dessinée, sur les vêtements, sur les accessoires et évidemment sur les expressions du visage pour que tout de suite chez le lecteur s'installent la personnalité, la psychologie du personnage."

En savoir plus : Nejib : "Le Louvre est le centre névralgique de la peinture au XIXe siècle, avec les cafés et l'Ecole des Beaux-Arts"