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Deux mois après la polémique sur le "blackface", la pièce "Les Suppliantes" se déroule dans le calme

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Les Suppliantes, d'Eschyle
Les Suppliantes, d'Eschyle
- Pierre Kitmacher - Sorbonne Université

Le 25 mars dernier, des étudiants de l'UNEF et des membres du CRAN et de la LDNA ont empêché la tenue de la pièce d'Eschyle mise en scène par Philippe Brunet en pointant du doigt le "blackface" des comédiens.

Plusieurs policiers et quelques vigiles étaient présents devant le grand amphithéâtre de la Sorbonne ce 21 mai 2019. La scène intrigue et pourtant, l'université a pris ses dispositions pour que l'entrée des spectateurs ne soit pas perturbée et ne pas revivre les scènes du 25 mars dernier. 

Les Suppliantes d'Eschyle n'avaient alors pas pu se jouer comme prévu sous la pression de plusieurs associations, comme le comité représentatif des associations noires de France (CRAN). Leurs membres expliquaient que le maquillage noir des comédiens s'apparentait à du "blackface" raciste de la part du metteur en scène. Les maquillages ont été remplacés par des masques, ce qui n'avait pas convaincu les associations. Une cinquantaine de personnes avaient alors empêché la représentation de se tenir.

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"Victoire de l'art contre la bêtise"

Reprogrammée deux mois plus tard, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, en présence des ministres de la Culture, Franck Riester, et de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, la pièce mise en scène par Philippe Brunet a pu se tenir sans problème. "C'est la victoire de l'art, de la liberté d'expression sur la bêtise au front bas, se félicite l'écrivain Pierre Jourde. Ils utilisent une cause juste, l'antiracisme, à des fins stupides. La preuve, c'est que de grands metteurs en scène ont pris la défense de Philippe Brunet."

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Le metteur en scène, qui a lu un texte avec la comédienne Dido Lykoudis en préambule de la pièce, s'est félicité de la bonne tenue des Suppliantes : "Une erreur a été faite il y a deux mois et cela a créé un clivage alors qu'on souhaite rassembler. De plus, cette pièce parle justement de cela, de qu'est ce qu'un étranger, elle permet de sortir des clichés." 

Dido Lykoudis et Philippe Brunet
Dido Lykoudis et Philippe Brunet
© Radio France - Maxime Fayolle

La ligue de défense noire africaine (LDNA) et le comité représentatif des associations noires de France (CRAN) n'étaient pas présents à la représentation - "le dialogue était impossible" a regretté Philippe Brunet, "il était difficile" estime le CRAN dans une tribune au Monde - ils n'en ont pas moins publié des messages sur les réseaux sociaux pour dénoncer une nouvelle fois la tenue de la pièce. 

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