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Documentaire, one woman show, exposition... 5 idées pour votre week-end

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- AND

Chaque vendredi, Arnaud Laporte et les critiques de La Dispute vous proposent une sélection de rendez-vous culturels pour votre week-end.

Toute cette semaine, les critiques de La Dispute ont une fois encore débattu pour vous du meilleur de l'actualité culturelle. Résultat de ces échanges en 5 récréations, un spectacle, un disque, une exposition, un livre, une série. Bonnes découvertes !

Un spectacle : "Avec ma bouche", un seul en scène d'Agnes Hurstel sans artifice.

Si l’on a personnellement repéré Agnès Hurstel il y a plusieurs mois au Sentier des Halles, la jeune humoriste (s’)éclate au grand jour depuis la rentrée, avec une chronique sur France Inter et maintenant un nouveau spectacle au Rond-Point, mis en scène par le roi du stand-up Kader Aoun. Agnès Hurstel est entrée dans la cour des grand·e·s !

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  • Agnes Hurstel " Avec ma bouche" jusqu'au 29 décembre au Théâtre du Rond Point, Paris

Un disque : « Scarlatti : Sonatas », Jean Rondeau fait apparaître les visages très variés de Scarlatti.

Jean Rondeau
Jean Rondeau
- Raul Bateman

Pour son quatrième album de musique de clavecin sur le label Erato, Jean Rondeau a choisi 15 sonates que Domenico Scarlatti composa lors de son séjour au long cours à la cour royale de Madrid. Le jeune musicien a véritablement conçu le programme de cet album pour nous raconter une histoire, avec des joies et des peines, du rire et des larmes.

L'avis des critiques :

C’est un disque très séduisant, ça chante énormément. Il y a beaucoup de couleurs, un grand sens rythmique, avec quelques libertés. C’est un disque qui m’a plût, même si je ne suis pas aussi enthousiaste que pour son précédent disque. Il y a effectivement dans ce livret un défaut d’explication. Je peux toutefois aussi écouter ce disque sans rien lire et me laisser emporter. Sophie Bourdais

J’ai été assez énervé quand j’ai reçu l’album, justement parce que j’aurais aimé que Jean Rondeau me dise pourquoi il a choisi ces 16 sonates parmi 208. J’ai trouvé le début extrêmement agressif, c’est très bien capté, presque trop bien capté. Je trouve qu’on perd la pulsation. Il n’y a pas de note d’intention, il ne donne pas de résonance à ce programme. Charles Arden

C’est un disque qui montre des visages extrêmement variés de Scarlatti. Un visage toutefois n’apparaît pas, c’est son visage galant, ce qui tient à Jean Rondeau qui ne met rien de mièvre dans son disque. On a une dimension théâtrale, il ose et il dose les silences. Pour moi, le maître mot de cet album est l’audace. Il y a toujours un discours qui se renouvelle et creuse les affects de cette musique. Emmanuel Dupuy

Une exposition : "Bernar Venet, retrospective 2019 -1959", une poésie visuelle 

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Alors qu’A bout de souffle s’apprête à sortir sur les écrans, un jeune homme cherche à “retirer toute charge d’expression contenue dans l’œuvre pour la réduire à un fait matériel ». 60 ans plus tard, le Musée d’Art Contemporain de Lyon propose une rétrospective d’une ampleur inédite à Bernar Venet, qui n’a cessé de renouveler sa pratique, beaucoup plus diverse que l’on pense.

L'avis des critiques :

C’est une très grande exposition qui se fait à rebours de sa chronologie. J’avais du mal à cerner son œuvre. Je ne connaissais que ces grandes sculptures rigides en acier plié qui s’inscrivent dans l’espace public et auxquelles je n’étais pas très sensible. Mon désamour vient surtout du système clos dans lequel elles se trouvent. J’ai quand même été étonnée par ses toutes premières œuvres qui sont en partie à rebours des œuvres poids lourds. Mathilde Villeneuve

Je suis entrée par un autre versant de Bernar Venet qui serait plutôt son rapport à l’écriture. Je trouve assez beau qu’il développe une écriture sans écriture, une poésie purement visuelle. Il peint le paysage en le réduisant à des données objectives. Le début et la fin de l’exposition me plaisent moins. Le goudron me paraît participer un peu de la mythologie de l’artiste romantique. Je le trouve le plus beau quand il s’éloigne de la matière et de ce rapport à la terre, à la gravité. Ingrid Luquet-Gad

Le parcours est presque fait pour rassurer le visiteur. On commence avec les œuvres grandioses. Ce qui est étonnant, c’est que ces pièces sont plutôt faites pour l’extérieur et pourtant ça marche. Le fil rouge de cette exposition, c’est d’expliquer que Bernar Venet est un artiste conceptuel. Or, je trouve qu’il est tout sauf un artiste conceptuel, c’est un sculpteur. Fabrice Bousteau

Un livre : "Anatomie de l'amant de ma femme"  Raphaël Rupert, lauréat du prix de Flore 2018

Anatomie de l'amant de ma femme"
Anatomie de l'amant de ma femme"
- Raphaël Rupert (éditions de L'Arbre Vengeur)

Le seul titre de l’ouvrage devrait retenir votre attention. Mais une fois plongé dans les pages de ce livre, on sera partagé entre un rire dévastateur et un effet miroir, pour peu qu’on ait jamais éprouvé de la jalousie. Le narrateur de ce livre, marié à une romancière, n’aurait pas dû chercher l’inspiration dans le journal intime de sa femme...

Un film documentaire : "What you gonna do when the world is on fire", Roberto Minervini temoigne de façon remarquable de la violence et du racisme dans le sud des Etats-Unis.

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Il serait temps que l’on se rende compte que Roberto Minervini est l’un des plus passionnants cinéastes en activité. Après Low tide, au Texas, et The other side, en Louisiane, il explore avec ce nouveau film un autre territoire dévasté des Etats-Unis, le Tremé, ghetto historique des esclaves venus d’Afrique à la Nouvelle Orléans. Une nouvelle fois, le cinéaste italien donne la parole et montre à l’image les laissés pour compte de nos sociétés industrialisées. Le film ayant été tourné durant l’été 2017, le mouvement d’indignation Black Lives Matter est en arrière-plan de toutes ces vies, de tous les propos, de tous les combats. Le traitement visuel est toujours au service du sujet, qui montre ces femmes et ces hommes dans toute leur dignité, alors même que les dérives de la politique sociale ne cessent de les accabler.

  • "What you gonna do when the world is on fire" de Roberto Minervini