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Donald Trump : un jour, un décret, une polémique

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Donald Trump signe un décret pour suspendre le financement d'ONG soutenant l'IVG
Donald Trump signe un décret pour suspendre le financement d'ONG soutenant l'IVG
© AFP - SAUL LOEB

Lancé dans un exercice de communication visant à montrer qu'il agit, le nouveau président américain a pris une série de mesures jugées choquantes dans divers domaines.

Les décisions prises par Donald Trump durant ses huit premiers jours au pouvoir sont présentées sur le site de la Maison-Blanche comme "la première semaine du président en action". Quasiment tous les décrets présidentiels signés ont suscité une vague d'indignation, voire de manifestations dans plusieurs villes des Etats-Unis (lire plus bas).

Vendredi 27 janvier : Les ressortissants de sept pays interdits d'entrer aux Etats-Unis

L'une des dernières décisions prises par l'administration Trump est la plus spectaculaire. Pour "protéger la Nation contre l'entrée aux Etats-Unis de terroristes étrangers", le président a décidé de diminuer le nombre de réfugiés accueillis et surtout d'interdire l'entrée dans le pays à tous les ressortissants de sept pays musulmans : Syrie, Irak, Iran, Somalie, Soudan du sud, Yémen, et Libye. Décision qualifiée de "Muslim Ban".

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La décision, à effet immédiat, semble s'appliquer à tous les voyageurs qui détiennent la nationalité de l'un des pays cités, même s'ils disposent par ailleurs de la nationalité américaine ou d'un visa de résident.

Donald Trump a réfuté toute improvisation dans la mise en place de cette interdiction d'entrée au Etats-Unis. Son explication est simple : "si l'interdiction était entrée en vigueur dans une semaine, les 'méchants' se seraient précipités aux Etats-Unis. Il y a beaucoup de mauvais gars dehors".

La décision a fait descendre dans les rues et les aéroports des milliers de manifestants autour du slogan "Let them in" ("laissez-les entrer"). Des procureurs, parlementaires, chefs d'entreprises et médias ont vivement condamné cette mesure.

A ECOUTER Donald Trump n'est pas bienvenu (Revue de presse internationale)

Malgré la décision, samedi, d'une juge fédérale de suspendre le décret, le sort des passagers stoppés dans les aéroports restait flou. Parmi les conséquences d'un tel décret, il y a notamment l'impossibilité pour de nombreux artistes de voyager aux Etats-Unis en cette saison de récompenses cinématographiques.

A ECOUTER "Muslim Ban", réactions vives et conséquences lourdes dans le monde de la culture (Le Journal de la Culture)

Mercredi 25 janvier : Le mur de la discorde

Donald Trump signe un décret pour planifier la construction d'un mur de séparation entre les Etats-Unis et le Mexique. Un décret présidentiel ne pouvant aboutir à engager des dépenses supplémentaires, la construction du mur devra être décidée par les parlementaires américains.

Comme promis lors de sa campagne, le président américain a répété que le Mexique devrait payer pour la construction, ce qui a provoqué une crise diplomatique entre les deux pays et l'annulation d'une visite du président mexicain aux Etats-Unis.

EN CARTE Le mur de Trump, une vieille histoire

5e étape de la militarisation de la frontière
5e étape de la militarisation de la frontière
© Radio France - Camille Renard

A ECOUTER "Des murs et des Hommes. Entre Tijuana et San Diego, comment sauter le mur ? (Cultures Monde, 2012)

Au-delà du mur, Donald Trump a également annoncé qu'il voulait renégocier l'Accord de Libre Echange Nord Américain (ALENA) qui a provoqué l'an passé un déficit commercial des Etats-Unis de 61 milliards de dollars en faveur du Mexique.

A ECOUTER Etats-Unis et Mexique, les liens du sang. (Affaires Etrangères, janvier 2016)

Mardi 24 janvier : la fin des considérations environnementales

Donald Trump ne croit pas au réchauffement climatique et à ses effets désastreux. Il a donc signé un décret permettant de relancer deux projets d'oléoducs, Keystone XL et Dakota Access Pipeline, qui avaient été bloqués par Barack Obama au nom, justement, de la lutte contre le réchauffement climatique.

Si l'administration accorde un statut prioritaire à ces infrastructures, les travaux pourraient démarrer rapidement. Le nouveau président à néanmoins posé une condition, qui n'a rien d'environnementale : ces projets devront utiliser au maximum des matériaux américains. La nouvelle administration espère la création de milliers d'emplois et des gains de compétitivité.

A ECOUTER American West, les métamorphoses de la légende. (Tout un Monde, 2017).
Retour sur le combat des tribus sioux contre l'oléoduc Dakota Access Pipeline.

A LIRE le programme climato-sceptique de Donald Trump.

Autre décision contestable : la censure et le contrôle politique imposés à plusieurs agences fédérales scientifiques qui ne peuvent plus communiquer directement leurs travaux au public.

A LIRE Etats-Unis : des scientifiques se mobilisent face à Trump

Dans un avenir proche, les Etats-Unis pourraient également retirer leur signature du Traité de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Lundi 23 janvier : lutte contre l'avortement et protectionnisme

L'image est terrible : Donald Trump, assis à son bureau, entouré de sept conseillers exclusivement masculins, signant un décret pour suspendre les fonds fédéraux destinés aux ONG américaines soutenant l'IVG. Cette décision a provoqué des manifestations de centaines de milliers de femmes à travers tout le pays.

EN CARTE Aux Etats-Unis, l'avortement est une question éminemment politique.

L'application de l'avortement Etat par Etat, corrélée à la couleur politique dominante
L'application de l'avortement Etat par Etat, corrélée à la couleur politique dominante
© Radio France - Camille Renard

Donald Trump retire également les Etats-Unis du Traité Trans-Pacifique (TPP), un accord de libre-échange signé fin 2015 entre les Etats-Unis et onze pays du Pacifique, notamment asiatiques. Là encore, cette mesure protectionniste figurait dans son programme de campagne.

A ECOUTER Le commerce, c'est la guerre ? (Du grain à Moudre, janvier 2017), A qui profitent les accords de libre-échange ? (Du grain à Moudre, octobre 2015), et Économie. Les incertitudes sur le libre-échange États-Unis-Asie et États-Unis-Europe. (Les enjeux internationaux, juin 2016)

Vendredi 20 janvier : L'Obamacare en ligne de mire

Dans la foulée de son investiture, le président américain décide de s'attaquer à une réforme emblématique de son prédécesseur : l'Obamacare, loi d'assurance santé bénéficiant aux foyers les plus modestes. Une loi détestée par les Républicains pour son coût. Ce programme avait eu les plus grandes difficultés à être adopté suite à l'opposition des élus républicains.

EN CARTE L'Obamacare, ligne de fracture entre républicains et démocrates