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Du cinéma artisanal, Paris la nuit, des chasseurs en colère et Sarkozy : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à écouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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Rien de neuf, histoire et politique sont profondément liées. Qu'il s'agisse de prendre une décision éclairée, informée, stratégique à grande échelle, ou bien de lutter très directement, sur le terrain face à la pauvreté qui sévit dans une commune, nombreux sont ceux qui se tournent vers l'histoire pour y puiser réponses et prophéties. A raison, les causes des crises qui influencent nos sociétés au long cours laissent des traces, ce qui explique qu'on veuille se pencher sur de grands sujets historiques et politiques, tels l'esclavage et les paramètres qui ont mené à sa pérennisation. Des traces qui forment, les unes à la suite des autres, un récit ponctué de décisions, d’événements, que beaucoup s'entendent à organiser et à classer sous le nom  d'histoire. Un perpétuel mouvement que le cinéaste Jean-Luc Godard met en scène dans sa rapidité avec la visite du Louvre en 9 minutes et 43 secondes du film "Bande à part" (1964), alors que les personnages traversent le temps au milieu de grandes scènes et portraits. La photographe Sabine Weiss fait quant à elle le choix d'écrire l'histoire par l'image, en s'appliquant à figer des instants proches de l'anecdote, pour mieux en conserver la part d'humanité. Autant de manières d'aborder la transition d'une époque à une autre, de penser une vie commune en fonction de ce qui s'est passé et de ce qui risque d'arriver. Mais en attendant, faut-il aussi prendre le temps de tendre l'oreille... Bonnes écoutes ! Rémi Guezodje

COMPRENDRE

Une famille interraciale: Lydia et William Long avec leur fille adoptive Kim, Olyffe Avenur, Welling, Kent, Juillet 1960
Une famille interraciale: Lydia et William Long avec leur fille adoptive Kim, Olyffe Avenur, Welling, Kent, Juillet 1960
© Getty - Frank Martin/BIPS/Hulton Archive

Quête d'identité. Revenant sur sa propre naissance sous X et l'histoire de son adoption, Amandine Gay explore, dans son essai autobiographique Une poupée en chocolat (La Découverte, 2021) les méandres de l'adoption internationale et en retrace à la fois l'histoire et les enjeux. ( La Grande table idées, 32 min)

Chasseurs : derniers représentants du monde rural ? Lors de manifestations organisées ce samedi dans différentes villes de France, de nombreux chasseurs ont défilé pour défendre la ruralité et mettre en avant leur rôle dans la préservation de la biodiversité. L’arrêt du Conseil d’Etat condamnant les chasses d’oiseaux, rendu au mois d'août, a en effet déclenché la colère de celles et ceux qui désormais dénoncent la politique de Barbara Pompili, secrétaire d’État à la biodiversité et ministre de la Transition écologique. ( Le Temps du débat, 38 min)

Nouvelles radicalités. Le vocabulaire de la radicalité semble infuser le débat public. On le trouve par exemple à la une du journal L’Opinion, au sujet de la primaire écologiste, et il a été abondamment convoqué par Yannick Jadot et Sandrine Rousseau pendant leur débat télévisé. Mais où se situe la radicalité aujourd'hui ? ( L'Humeur du matin, 2 min)

Toutes les vies de Sarkozy. L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy revient sur les chemins qui l'ont mené vers la politique, mais se confie également sur son rapport à la littérature et aux arts. ( A voix nue, 5 épisodes de 28 min)

APPRENDRE 

Tableau "Le Triomphe de la Liberté" de Colinart, 1790, huile sur toile, conservé au Musée de la Révolution française à Vizille
Tableau "Le Triomphe de la Liberté" de Colinart, 1790, huile sur toile, conservé au Musée de la Révolution française à Vizille
© Getty - Dea/G. Dagli Orti/De Agostini

Lumière sur les lumières. Au lendemain de 1789, les révolutionnaires français ne badinent pas avec la nature. Ils veulent inventer un ordre harmonieux, où l’humain, le végétal et l’animal coexisteraient, réalisant ainsi l’idéal universel de la Révolution. Une écologie républicaine inspirée de la philosophie des Lumières. ( Le Cours de l'histoire, 51 min)

L'empreinte carbone du clic. Le réseau internet et numérique est semblable à une immense toile qui ne cesse de s'agrandir à une ampleur démesurée. Ses conséquences sont nombreuses, notamment pour l'environnement. Le numérique et l'écologie sont-ils ennemis ou alliés ? Comment les géants du numérique invisibilisent-ils la pollution qu'ils génèrent ? ( La Méthode scientifique, 58 min)

Âme will survive ? Pour Socrate, philosopher ne consiste en rien d'autre qu'apprendre à mourir. C'est à dire à délier son âme de son corps. Toutefois persistent plusieurs questions parmi lesquelles : que reste-t-il de l'âme après la fin ? ( Les Chemins de la philosophie, 58 min)

(RE)DÉCOUVRIR

Yves Afonso et Jean-François Stevenin dans "Doubles messieurs" (1986)
Yves Afonso et Jean-François Stevenin dans "Doubles messieurs" (1986)
- Sagamore cinéma

Le cinéma en artisan. "L’homme qui bouge le mieux du cinéma français" écrivit Serge Daney à propos du jeu de Jean-François Stévenin dans Pont du Nord de Jacques Rivette. Une carrière d'acteur qui ne l'a pas empêché de poursuivre, lentement mais sûrement, son œuvre de cinéaste. En 1986 sortait Double Messieurs. Dans ce quatrième volet d'A voix nue, Jean-François Stévenin revient plus particulièrement sur le tournage de ce deuxième film, et sur ses rôles d'acteur au cinéma et au théâtre. ( A Voix nue, 28 min)

Le Louvre, enfant de la Révolution. Demeure des rois avant de devenir le temple des arts, le Louvre a pris très tôt ses distances avec la royauté. Il est un exemple de ces monuments historiques réutilisés pour des usages très différents de ceux pour lesquels ils avaient été créés. Le Louvre commence à recevoir des œuvres d’art sous Charles V, Henri IV y ouvre son cabinet de peinture et Henri de Navarre en fait une cité d’artistes. Mais c'est la Révolution qui en fera un musée, assez semblable au palais que l'on connaît aujourd'hui. ( Sans oser le demander, 58 min)

Affinités non humaines. Inclassables et pourtant immédiatement identifiables, les œuvres de Dominique Gonzalez-Foerster métabolisent les formes et transforment notre regard. Au micro d’Arnaud Laporte le temps d'un entretien, la plasticienne qui considère l'art comme un point de rencontre nous fait pénétrer dans son laboratoire. ( Affaires culturelles, 55 min)

LA CITATION

Saintes-Maries-de-la-Mer, 1960
Saintes-Maries-de-la-Mer, 1960
- © Sabine Weiss

La citation de cette semaine nous vient de la photographe Sabine Weiss, qui traverse le XXe siècle un appareil photo à la main. La photographe raconte que pendant près de soixante-dix ans, elle a consacré ses journées à photographier des vitrines de magasin, des publicités, des défilés de mode ou des personnalités pour la presse magazine. Mais une autre face de son travail s'éveille la nuit, alors qu'elle se promène dans Paris ou ailleurs, se plongeant dans une recherche photographique personnelle, au plus proche de ceux qui peuplent les rues des villes, habituellement invisibles.  

Je photographie pour conserver l'éphémère, fixer le hasard et garder en images ce qui va disparaître (...) J’ai toujours vu la photo comme une manière de faire exister les gens, surtout les désœuvrés. Sabine Weiss

La Session de rattrapage se termine ici pour cette semaine, mais avant de nous quitter, on vous propose de dégager un peu de votre temps pour divaguer, vous envoler vers des mondes parallèles, comme lorsque, plus jeune, vous vous retiriez dans votre imaginaire des heures durant, enfermé dans votre chambre. Une forme de rêve lucide que l'on peut pousser jusqu'à l'auto-hypnose, c'est le "shifting", une technique expliquée dans "les Pieds sur terre_"_ du 22 septembre

Très bon week-end, à samedi prochain !