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Du tragique dans le réel

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«Tori et Lokita» ©Christine Plenus / Cinéart
«Tori et Lokita» ©Christine Plenus / Cinéart

Des deux films en compétition du jour, Tori et Lokita de Jean-Pierre & Luc Dardenne, et Nostalgia de Mario Martone, on salue la plongée dans le réel, tout en regrettant le poids de leur programme.

On connaît l'adage : "Le Festival de Cannes, c'est 20 films en compétition, et à la fin, c'est les Dardenne qui gagnent". Pas certain cependant qu'avec Tori et Lokita, les frères remportent une troisième Palme pour leur neuvième présence en compétition. Ils ont certes encore épuré leur cinéma, avec cette histoire tendue comme un fil de deux mineurs étrangers isolés, dont l'amitié forgée sur le bateau de l'exil s'est muée en véritable lien fraternel, mais que le refus des autorités belges à donner des papiers à l'une d'entre eux va pousser dans les rets du crime organisé, jusqu'au drame. On aime assez la façon dont est filmée cette amitié sur fond d'un goût partagé pour le chant, mais malgré la joliesse des deux interprètes, amateurs comme toujours chez les Dardenne, il y a comme un défaut d'incarnation chez eux, tant ils semblent surtout les porteurs d'un message, certes essentiel, mais que les frères ne nous avaient pas habitués à exposer avec autant de didactisme.

Nostalgie mortelle

Nostalgia de Mario Martone (ARP SÉLECTION)
Nostalgia de Mario Martone (ARP SÉLECTION)

L'autre film en compétition hier soir, Nostalgia, de Mario Martone, souffre des mêmes travers. C'est ici le retour à sa ville natale, Naples, d'un exilé depuis 40 ans. Porté par l'acteur Pierfrancesco Favino, qu'on avait trouvé plus convaincant dans Le Traître de Marco Bellocchio, le film offre certes de belles déambulations organiques dans le quartier défavorisé de la Sanità, mais reste empesé d'un irrépressible fatum. C'est toujours la limite des films à programme.

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