Publicité

Ecopack Solutions lance Boomerang, un colis réutilisable et écoresponsable pour le e-commerce

Par
Clément Filère, fondateur de la start-up Ecopack solutions, dans les ateliers d'Etape Auvergne, à Vergongheon, en Haute-Loire.
Clément Filère, fondateur de la start-up Ecopack solutions, dans les ateliers d'Etape Auvergne, à Vergongheon, en Haute-Loire.
© Radio France - Annabelle Grelier

Demain l'éco. Sur le principe de l’upcycling, le surcyclage, ces emballages sont créés dans des bâches publicitaires usagées. Récupérées, nettoyées et façonnées en Haute-Loire dans des ateliers d’insertion, elles ont un faible bilan carbone et un fort impact social.

Avec l’explosion du e-commerce et la constante augmentation des volumes de livraisons depuis le confinement, des millions de colis atterrissent dans nos poubelles et dans les déchetteries. "Mais en France, 1 colis sur 5 seulement est recyclé" déplore Clément Filère. A 27 ans, le fondateur d’Ecopack Solutions s’est lancé dans l’ambitieux projet de changer nos habitudes de consommation en imaginant un colis réutilisable ne gaspillant pas de nouvelles ressources. "En fait, je pars d’un déchet pour éviter des déchets" résume-t-il. Une idée qui lui a déjà fait gagner plusieurs concours et la mise de départ de 50 000 euros pour démarrer sa start-up en juin 2020. 

Reportage sur ces colis nouvelle génération commercialisés depuis le début de l'année. Par Annabelle Grelier.

3 min

Rien ne se perd, tout se transforme

Clément Filère ne le cache pas, il s’est inspiré d’une initiative d’emballage réutilisable finlandaise, tout en n’en améliorant le concept grâce à l’upcycling ou le surcyclage, qui consiste à utiliser des matériaux destinés à être jetés pour les réintroduire dans la chaîne de consommation. Pour Ecopack Solutions, l’idée est de réutiliser les bâches publicitaires. Constituées de textile et de plastique, elles nécessitent trop de main d’œuvre pour être recyclées et finissent la plupart du temps à l’incinérateur. Mais solides, souples et étanches, ces toiles plastiques font d’excellentes enveloppes de livraisons.

Publicité
Parce que les emballages Boomerang sont résistants et étanches, ils évitent le suremballage.
Parce que les emballages Boomerang sont résistants et étanches, ils évitent le suremballage.
© Radio France - Annabelle Grelier

Clément Filère a donc commencé par organiser sa propre filière de recyclage en récupérant ces bâches auprès de ceux qui les utilisent, comme les entreprises événementielles, les clubs sportifs ou encore la SNCF. A ce jour, plus de deux tonnes de bâches ont été récupérées, puis découpées et transformées en grandes enveloppes. 2 000 emballages ont été produits et la jeune société les commercialise depuis décembre dernier. Les premières à avoir testé les emballages Boomerang ont été les entreprises de textile qui prônent le Made in France et l’utilisation de matériaux bio sourcés. Maison Alpha, les Récupérables, Youkan, Alory Shop proposent aujourd’hui la formule à leurs clients comme un acte d’achat écoresponsable. 

La réussite de notre projet tient beaucoup à l’implication du consommateur. Alors on s’adresse aujourd’hui essentiellement aux marques qui ont une clientèle déjà sensible aux problèmes environnementaux. Nous devons passer par cette étape d’évangélisation avant de pouvoir élargir la pratique aux géants de l’e-commerce assure Clément Filère.

Le jeune entrepreneur a foi en son produit car Boomerang coche toutes les cases de l’économie verte : éthique, durable, circulaire et social. Il est la parfaite alternative écologique au colis en carton à usage unique.  

Made in Haute-Loire

Comme son nom l’indique, le colis Boomerang doit revenir à son point de départ. Le principe d’utilisation reste assez simple. Une fois que le client a reçu sa commande, il réexpédie gratuitement l'emballage vide en le déposant dans la boîte aux lettres la plus proche. 

Cet emballage est réutilisable jusqu’à 100 fois, fabriqué à partir de bâches publicitaires revalorisées et assemblées en Haute-Loire par du personnel en insertion sociale.
Cet emballage est réutilisable jusqu’à 100 fois, fabriqué à partir de bâches publicitaires revalorisées et assemblées en Haute-Loire par du personnel en insertion sociale.
© Radio France - Annabelle Grelier

Réceptionnée par la jeune pousse, l'enveloppe est nettoyée puis relouée à une nouvelle marque. C’est l’entreprise d’insertion les Ateliers de la bruyère, à Saugues, qui gère les retours et le nettoyage des emballages, quand la quinzaine de couturières d’Etape Auvergne, à Vergongheon, ont en charge la confection.

Il était important que mon projet ait un développement national mais avec un ancrage très local. J’ai commencé avec la machine à coudre de ma sœur dans le salon chez mon père et je voulais que l’aventure continue dans mon village.

Contraint dans sa phase de pré-industrialisation d’externaliser sa production, il n’était cependant pas question pour ce jeune Auvergnat de délocaliser ou de produire à l’étranger. Soucieux d’inclure à son projet une portée sociale, il lui tenait à cœur de soutenir l’insertion professionnelle mais surtout l’emploi féminin en zone rurale. Sa jeune pousse ne fait travailler aujourd’hui que des entreprises installées dans des villages de moins de 3 000 habitants. 

Clément Filère, enfant du pays souhaite soutenir l'emploi féminin dans les zones rurales.
Clément Filère, enfant du pays souhaite soutenir l'emploi féminin dans les zones rurales.
© Radio France - Annabelle Grelier

A Etape Auvergne, la directrice Catherine Jarry avoue être toujours très heureuse de voir arriver de nouveaux porteurs de projets dans leurs ateliers surtout quand ils sont du pays ! plaisante-t-elle .

On ne pouvait pas le laisser partir ailleurs ! Son projet est totalement dans la nouvelle direction que nous essayons de prendre depuis quelques années : le local et produit en France, les circuits courts.

Son adjoint, Jean-Marie Grégoire, confirme la tendance. 

Jean Marie Grégoire responsable du pôle textile à Etape Auvergne accompagne Clément Filère et son projet Boomerang
Jean Marie Grégoire responsable du pôle textile à Etape Auvergne accompagne Clément Filère et son projet Boomerang
© Radio France - Annabelle Grelier

Depuis la fin du confinement, nous recevons pas moins d’une demande pas semaine d’entrepreneur qui souhaite ramener leur production en France. La pandémie a eu un effet de déclencheur.

La jeune entreprise compte aujourd'hui trois salariés, mais elle rêve de pouvoir industrialiser sa production dans les prochaines années. En attendant, Ecopack Solutions planche sur un projet pour revaloriser ses emballages usagés : une fois déchiquetés, ils pourraient trouver une troisième vie comme matériau de rembourrage dans l’ameublement.