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Edgar Morin : "Je suis un autodidacte mais j'ai toujours eu besoin des œuvres d'autrui pour me former"

Edgar Morin
Edgar Morin
© Radio France - SL

2008. En 2008, Alain Veinstein reçoit Edgar Morin. Dans ce riche entretien, le philosophe et sociologue livre ses souvenirs de jeunesse, confie son appétit pour toutes les formes de la culture et des savoirs, revient sur ses engagements politiques et donne ses dernières réflexions sur le devenir du monde.

Au micro d'Alain Veinstein, Edgar Morin livre des souvenirs personnels comme les conditions douloureuses de sa naissance, "je suis mort-né " raconte t-il. Il évoque aussi la maladie cardiaque de sa mère décédée quand il avait seulement 10 ans.

La culture populaire était très présente dans sa jeunesse et il ne l'a jamais perdue. Il estime que le roman c'est sa "première nourriture".

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J'ai beaucoup d'estime pour le roman. J'ai toujours pensé que pour être un romancier il faut être génial alors que pour travailler dans le domaine des sciences humaines il suffit d'être intelligent.

Il revient sur son engagement dans la résistance, il loue la fraternité qu'il y trouvait. Puis il rend hommage à la tradition humaniste qui couvrait un ensemble de connaissances variées. C'est ce à quoi il a toujours aspiré : "Je crois que j'ai été dès le début un omnivore intellectuel".

A la fin de l'entretien, Edgar Morin dit travailler à montrer une voie à l'humanité pour sortir de l'impasse actuelle : "Les lendemains ne chantent pas, mais les lendemains ne pleurent pas nécessairement."

Edgar Morin au micro d'Alain Veinstein dans l'émission "Du jour au lendemain" le 15/12/2008.

42 min

J'ai mis Marx parmi une constellation de penseurs qui restent importants et féconds. Le marxisme en tant que marxisme, pour moi, non, c'est fini... Mais Marx en tant que Marx va rester, va durer et beaucoup de ses pensées, de ses diagnostics notamment ceux sur le capitalisme restent valables mais les bases de sa philosophie, de sa conception sont limitées, mutilées donc j'ai dépassé le marxisme. Je dis le mot "dépasser" dans le sens où Hegel nous l'a appris, c'est-à-dire on conserve ce qui a été dépassé, on ne le rejette pas, on ne le vomit pas. J'ai conservé cette expérience.

  • "Du jour au lendemain"
  • Première diffusion le 15/12/2008
  • Producteur : Alain Veinstein
  • Réalisation : Angélique Tibau
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France