Edward Jenner, le médecin et scientifique anglais qui a découvert le vaccin
Edward Jenner, le médecin et scientifique anglais qui a découvert le vaccin

Edward Jenner, à l'origine du vaccin

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Edward Jenner, le médecin de campagne qui a inventé le vaccin

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Depuis la pandémie de Covid-19 on parle de lui comme du possible sauveur de notre époque : le vaccin. Si Louis Pasteur l'a généralisé, c'est un médecin de campagne anglais, Edward Jenner, qui en est à l'origine. Une découverte qui n'aurait pas été possible sans nos amies les vaches.

Il a inventé le vaccin en observant la traite des vaches, il est allé contre les recommandations médicales de son époque et il est surnommé le père de l’immunologie. Voici comment, Edward Jenner, un médecin de campagne, a sauvé des millions de vies.

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Un médecin de campagne visionnaire

L’avantage que Jenner a sur les autres, c’est que c’est un modeste médecin de campagne, ce n’est pas du tout un ponte de la médecine et il fait ses observations un peu dans l’empirisme des Lumières. Laurent-Henri Vignaud, historien des sciences

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Edward Jenner naît en 1749 en Angleterre, à 14 ans il est apprenti chez un chirurgien local puis il rejoint Londres pour étudier auprès d’un chirurgien adepte de la méthode expérimentale dont la devise est "ne croyez pas, essayez”.  

De retour dans sa campagne, une des maladies les plus graves qu’il ait à soigner est la variole. Elle est mortelle dans 1 cas sur 5 et des centaines de milliers de personnes en meurent chaque année dans le monde. Un quart de ceux qui survivent sont défigurés.

Pour la combattre il existe un procédé importé de l’Empire ottoman en 1720 : l'inoculation variolique. Mais cette technique est dangereuse car les inoculés sont contagieux et le risque de contracter vraiment la variole est important.

"A Maid Milking a Cow in a Barn" peinture de 1652-1654
"A Maid Milking a Cow in a Barn" peinture de 1652-1654
© Getty - G.Ter Borch

Edward Jenner remarque chez certains de ses patients une forme différente, moins sévère de la maladie, ils ont un point commun : ils sont vachers.

Ceux-là ne tombent jamais malades de formes sévères de la variole. Ils ont notamment des pustules sur les mains, ce qui laisse entendre à Jenner que le contact avec le virus se fait par les mains. Il fait le lien avec le fait que ces gens-là traient des vaches. Or, il existe chez la vache une maladie qui ressemble très fortement à la variole notamment au point de vue de la forme des pustules.     Laurent-Henri Vignaud, historien des sciences

Le médecin imagine alors un nouveau procédé : inoculer à un patient sain une forme bénigne de la maladie de la vache pour ne pas contracter plus tard une forme sévère de variole, comme les vachers qui semblent immunisés.  

En 1796, il prélève du pus sur les mains de Sarah Nelmes, une vachère atteinte de la variole de la vache, et l’introduit dans les bras d’un petit garçon de 8 ans, James Phillipps, qui n’a jamais eu la variole. L’enfant est légèrement malade pendant quelques jours, puis plus rien. Malgré le risque, il l’expose à la variole quelques semaines plus tard et l’enfant ne développe pas la maladie

Deux ans plus tard, Edward Jenner publie ses résultats et nomme son procédé la vaccine d’après le mot latin vacca, vache. Mais il est vivement critiqué. Pour l’Église, inoculer la maladie d’un animal à l’homme est un péché, comme le montre cette caricature où des cornes de vaches poussent sur la tête des patients de Jenner.

Une caricature de 1802 représentant Jenner incoculant sa vaccine à ses patients
Une caricature de 1802 représentant Jenner incoculant sa vaccine à ses patients
© Getty

Quant aux scientifiques, ils estiment que Jenner n’a pas le profil du médecin idéal.

C’est un personnage assez timide, il n’aime pas s’exprimer en public, il est un peu rustaud Jenner et donc ça ne l’amène pas à se faire très bien voir des grands médecins de la ville de Londres. Mais malgré tout, c’est un homme des Lumières et donc il va appliquer une recette, qui est une recette éprouvée en Europe depuis un bon siècle, qui est celle de la méthode expérimentale. Laurent-Henri Vignaud, historien des sciences

Edward Jenner persiste. Persuadé que sa vaccine fonctionne, il trouve des volontaires et la teste sur une vingtaine de personnes. Devant les succès répétés de sa méthode, la Royal Society finit par publier ses résultats et il obtint le soutien de l’État anglais :
- il reçoit des subventions publiques
- on l’aide à fonder un hôpital pour faire ses expérimentations
- le roi autorise la vaccination de tout un régiment militaire
- le prince héritier est lui-même vacciné

C’est le début d’une grande campagne de vaccination contre la variole. En près de quarante ans, la mort par variole est divisée par dix. Et quatre-vingt ans plus tard, Louis Pasteur permet d’étendre ce processus à d’autres maladies, c’est la naissance des vaccins.  

Quant à la variole, une des maladies les plus mortifères qu’ait connue l’homme, elle est finalement éradiquée en 1980, presque deux siècles après la découverte de la vaccine.

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