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En attendant le retour des visiteurs, Venise veut imaginer un tourisme plus serein

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À Venise, les 450 gondoliers, armés pour le tourisme de masse, attendent désespérément le retour des visiteurs.
À Venise, les 450 gondoliers, armés pour le tourisme de masse, attendent désespérément le retour des visiteurs.
© Radio France - Gilles Gallinaro

Road trip en Adriatique. En Italie, pays le plus touché par la pandémie de Covid-19 en Europe, les frontières sont largement ouvertes à tous depuis le début du mois. Mais les touristes ne sont pas encore de retour. Venise, l'une des villes les plus visitées au monde, est encore vide.

Large canotier sur la tête, polo rayé et pantalon noir, Emmanuele Taghliapetra, dit "Lele", est l'un des gondoliers de Venise. Avec ses 450 collègues, il figure l'une des "images" les plus connues de la ville-archipel, qui se transmet de génération en génération : "On est gondoliers de père en fils, pratiquement tous", assure-t-il.

Le problème, pour "Lele", c'est que la ville la plus visitée du monde est aujourd'hui vide ! 

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Nous, à Venise, on est tous prêts, tout le monde est là. Les touristes n'ont plus qu'à revenir. Le problème du virus est derrière nous, comme dans beaucoup d'autres villes et pays. Nous attendons que les touristes puissent revenir, on les attend à bras ouverts.

Avec près de 30 millions de visiteurs en 2019, Venise avait enregistré un record. Aujourd'hui, comme ici place Saint-Marc, la ville est vide.
Avec près de 30 millions de visiteurs en 2019, Venise avait enregistré un record. Aujourd'hui, comme ici place Saint-Marc, la ville est vide.
© Radio France - Gilles Gallinaro

Le fait est qu'il n'y a absolument aucune restriction – pas de quarantaine obligatoire, pas de "liste noire" des pays d'origine... Venise est ouverte mais quasiment désertée, alors que l'année dernière, c'était le contraire : le flux continu de touristes qui arpentent ses ruelles et glissent en gondole sur ses canaux tous les ans avait alors atteint son maximum, avec 30 millions de visiteurs.

L'occasion, peut-être, de proposer une nouvelle façon de découvrir la ville, estime Paola Mar, maire-adjointe de la ville en charge du tourisme :

On voudrait limiter le nombre de personnes qui viennent seulement pour 4 ou 5 heures. On a l'occasion de tout recommencer de façon différente : on veut faire comprendre aux gens que visiter Venise lentement, c'est mieux.

Les autorités voudraient imaginer une façon plus posée de visiter la ville.
Les autorités voudraient imaginer une façon plus posée de visiter la ville.
© Radio France - Eric Biegala

Reste encore à trouver la manière d'organiser ce tourisme vénitien nouveau, mais Paola Mar a bon espoir :

On s'est relevés de la peste au XVIe siècle et à nouveau au XVIIe. On se relèvera de la Covid, je suis confiante. Comme l'opéra de la Fenice – le phénix – qui a brûlé et qui a été reconstruit. On est résilients.

Et la reprise est peut-être en vue : pour la réouverture du Palais des Doges, sur la place Saint-Marc, ce samedi, plus de 1 000 réservations ont été enregistrées. L'avant-veille, on ne comptait pas plus d'une dizaine de touristes faisant la queue au même endroit, pour la basilique, mitoyenne du palais.

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